Je ne sais pas si vous avez vu la couverture du magazine le vif cette semaine. C’est une première page consacrée à Michel Daerden, titre l’après-Daerden a-t-il commencé ? et l’hebdomadaire s’interroge, les dernières interventions du ministre des pensions, les questions autour de son ancien cabinet de réviseur annoncent-elles la fin d’une carrière ? Jetons un petit coup d’Å“il dans le rétroviseur. Â
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Avant de se demander si Michel Daerden est politiquement affaibli il faut bien faire le constat qu’il est médiatiquement en pleine forme. Selon le baromètre de la société Auxipress  Michel Daerden a fait l’objet de plus de 200 articles sur internet pour le  seul mois de janvier. Et encore ne sont pris en compte ici que les grands sites d’informations, comme rtlinfo.be, ou encore les sites des grands journaux, on ne vous parle pas des blogs. En ce début d’année il n’y en a qu’un qui a fait mieux c’est Yves Leterme, 217 articles. C’est normal puisqu’Yves Leterme est premier ministre. Il a du commenter l’actualité sociale, évoquer la sécurité, la réforme de la défense et qu’il s’est accessoirement mélangé les feuilles au sénat.
Michel Daerden lui est resté en tête des consultations pour la qualité de son néerlandais, séquence vidéo très consulté, pour toute une série d’enquête liées à son passé de réviseur et depuis quelques semaine il est aussi pris à partie en tant qu’ancien ministre chargé des routes au sein du gouvernement wallon de la législature précédente. Leterme et Daerden superstars. A titre d’information Stefaan De Clerck ministre de la justice en pleine polémique sur la sécurité ou Pieter De Crem alors qu’on s’interrogeait sur le sort de la caserne de Bastogne ont eu droit à deux fois moins d’articles.
Si l’on prend la télévision, le nom de Michel Daerden a été cité 28 fois depuis le début de l’année dans les journaux de RTL TVI, celui d’ Yves Leterme 43 fois. En gros cela veut dire qu’on parle du premier ministre tous les jours dans les journaux télévisés. Et du ministre des pensions un jour sur deux.
Passer beaucoup à la télévsion, faire la collection des gros titres, être une star des téléchargements, cela est-il toujours positif ? Réponse :  oui et non . Réponse oui : Michel Daerden est en permanence à la une de l’actualité, cela veut dire qu’il jouit d’une notoriété sans égale. Michel Daerden n’est plus un homme politique, c’est devenu une sorte de marque. Son nom est cité par les éditorialistes sur tous les sujets ou presque et son imitation par André Lamy rythme notre perception de l’actualité. Coté non : la « marque Daerden » vit par elle même sans que l’homme Michel Daerden ne maitrise tout.  La mauvaise pratique du néerlandais cela peut encore faire sourire. La polémique sur les autoroutes est déjà nettement moins favorable. A la différence d’Yves Leterme, qui contrôle encore son calendrier, choisi sur quel dossier il veut s’exprimer et se faire entendre, Michel Daerden lui  semble aujourd’hui dépassé par son image.
Cela veut dire que si  la « marque Daerden » devient négative, le ministre aura beaucoup de mal à  s’en défaire.  La question posée par le Vif n’est donc peut pas si impertinente.
Les « pans d’or » sont à la politique belge ce que sont les oscars au cinéma américain mais avec du second degré, beaucoup de second degré en plus. Une sorte d’événement politico-mondain où le monde politique et les journalistes se moquent gentiment d’eux même. C’est, à l’image du journal Pan, souvent juste, parfois féroce, parfois franchement injuste, et parfois très drôle.
 Mercredi  soir, c’est donc Benoît Lutgen qui a eu droit à la récompense suprême pan d’or 2009 pour son ascension politique, “tellement rapide qu’il est parvenu à réserver la présidence du cdH deux ans à l’avance”.
Evidement la présence des nominés dans la salle pour recevoir leur prix ajoute du piment : s’il faut parfois un peu d’autorisation, cela peut donner de bons moments.
Ainsi, au rayon de la perle de l’année, autrement dit la petite pharse qui tue Serge Kubla, qui évoquant certains membres du parti socialiste avait dit “Quand on les surprend la main dans le pot de confiture, ils décident d’interdire la confiture” a précisé sa pensée en recevant son prix : “La confiture de l’époque était moins mauvaise que celle d’aujourd’hui. Avec ses écorces d’orange et ses fruits verts, elle a moins bon goût”. Bref l’olivier a un gout amer pour Kubla c’est confirmé.
Christine Defraigne, ancienne -chef de groupe MR au Sénat, est quant à elle “la flinguée de l’année”. Pan qui est parfois cruel lui a fait remttre son prix par un autre libéral liégeois Philippe Monfils./Un pro reynders qui félicite une opposante déclarée, il y a eu un petite malaise sur scène.. “On n’est pas obligé de s’embrasser. On n’est pas obligé de s’aimer” a-t-elle lancé : preuve que la grande  famille du mouvement réformateur n’est pas complétement réconciliée.
Tout cela est évidemment sans gravité. Juste pour rappeler que si la politique est une affaire sérieuse, raison pourlaquelle nous en parlons ici, parce qu’elle a un impact sur nos vies, que nous avons la chance de vivre dans une démocratie et que nous pouvons marquer nos accords ou nos désaccord et choisir ceux qui nous gouvernent, prendre tout ceci avec un peu d’humour et de distance, c’est aussi finalement, une preuve d’intelligence.
Vous avez été très nombreux à regarder la vidéo où Xavier Bertrand, président de l’UMP s’en prenait avec une réelle agressivité à un journaliste du désormais célèbre “Courrier Picard” (si vous ne connaissez pas cette affaire, je l’évoquais ici)
Pour éclairer un peu les dessous de l’affaire vous pouvez lire cet article du Courrier, le journal en question, et l’édito de son rédacteur en chef. Vous y verrez que le journal dément avoir eu un comportement indélicat envers l’actuel maire de Saint Quentin et ses problèmes de santé comme l’affirmait Xavier Bertrand.
L’affaire a maintenant fait le tour des rédactions, et certains confrères en France se demandent si elle n’est pas exemplaire d’un certain malaise dans les relations entre les “poids lourds politiques de province” et les journaux locaux de leurs fiefs respectifs. Explication : il y a plusieurs quotidien régionaux à Saint Questin, le “courrier picard” étant présenté comme celui qui serait le moins favorable à la majorité municipale, Nicolas Toté aurait donc “payé” pour un positionnement trop “poil à gratter” vis à vis du pouvoir local, c’est l’analyse que vous trouverez dans des articles de l’express et du site lepost.fr.
Sur le site de l’UMP je n’ai pour l’instant pas trouvé de réaction à l’incident. Xavier Bertrand aurait peut être intérêt à le faire : la polémique enfle sur le net. L’occasion de nous poser la question : les rapports entre les politiques et la presse locale sont-ils si différents en Belgique ?
C’est un thème sensible. On dit souvent que la Belgique compte beaucoup de ministres, et que ces ministres emploient beaucoup de collaborateur. A la région Wallonne et à la communauté française les partis de l’olivier s’étaient engagés à revoir à la baisse les dépenses de cabinet. Ils avaient eux même promis une baisse de 15%.  Le journal la Dernière Heure a eu la bonne idée d’aller vérifier dans le budget 2010 ce que seraient les dépenses des cabinets de la région et de la communauté. Au total le coût des cabinets pour cette année sera donc d’un peu plus de 19 millions d’euros cela représente 730 collaborateurs. Est-ce beaucoup ? Oui si l’on compare à la Flandre. Au nord du pays on était à 500 collaborateurs sous la précédente législature, et le nouveau gouvernement avait annoncé vouloir descendre sous la barre des 300. La comparaison est donc en défaveur des francophones, il ya deux fois plus de membres de cabinets ministériels au sud du pays qu’au nord, alors que la population est moins importante. Pour être juste il faut quand même si il faut souligner qu’en Flandre certaines tâches qu’on confie à des collaborateurs de cabinet en Wallonie sont réalisés par l’administration pas par les collaborateurs des ministres. Et puis rappeler qu’en Flandre Région et Communauté sont fusionnés, c’est donc beaucoup plus simple.
730 personnes cela reste donc beaucoup, mais il faut souligner que c’est un chiffre en baisse. En 1999, sous l’arc en ciel, le gouvernement wallon et le gouvernement de la CF employaient 957 personnes. On était passé à 877 sous le gouvernement PS-MR de 2004, on est désormais à 730 (731 pour être précis) c’est donc une tendance à la baisse réelle et qui se confirme.
Qui travaille dans les cabinets ? La plupart du temps ce sont des universitaires, des personnes spécialisées dans les matières couvertes par leur ministre. Il y aussi des profils généralistes, dans chaque cabinet on va retrouver un spécialiste du budget, un chef du personnel, un porte parle des secrétaires par exemple. Certains sont détachés de l’administration, cela veut dire qu’ils redeviennent fonctionnaire une fois que leur mission est terminée ou qu’on change de ministre. D’autres sont engagés, il est donc possible de faire carrière dans les cabinets. Une carrière à risque puisqu’elle prend fin à chaque changement de législature. Au moment des élections les membres de cabinet reçoivent en effet leur C4.
Qui emploie le plus de collaborateurs ? Sans surprise le ministre président. Rudy Demotte qui préside donc à la fois la région wallonne et la communauté est épaulé par 60 équivalent temps p, pour un budget annuel de 3 millions et demi. En deuxième position la ministre de l’enseignement, Maire Dominique Simonet avec 55 collaborateurs. Numéro 3 Jean Marc Nollet . Selon les chiffres de la dernière heure Jean Claude Marcourt et Fadila Laanan sont assez gourmands aussi et  emploient 47 collaborateurs.
La conférence des bourgmestres de Bruxelles a décidé que la sécurité sera le seul dossier à l’ordre du jour de sa prochaine réunion. Celle-ci aura lieue mercredi 10 février, donc dans 7  jours à l’hôtel de ville de Bruxelles. La conférence des bourgmestres est une réunion dont on parle assez peu souvent. Elle permet aux 19 bourgmestres de la région bruxelloise d’aborder les problèmes de collaboration entre communes, histoire d’harmoniser des décisions des uns et des autres. On y parle par exemple des places de parking ou du prix des horodateurs. Cela permet aussi de faire valoir l’intérêt des communes bruxelloises face aux décisions prises par la région. Cette conférence a en théorie lieue tous les 15 jours. La dernière fois qu’elle avait attiré l’attention du grand public c’était en 2007 lorsqu’elle avait invité les 6 bourgmestres des communes à facilité autour de Bruxelles. La conférence des bourgmestres avait alors estimé qu’on ne pourrait pas scinder Bruxelles Hal Vilvorde sans organiser au préalable un référendum dans les communes concernées. Cela avait du bruit, et cela avait donné une belle photo : voir côte à côte en conférence des presse, des personnalités bruxelloises comme Didier Gousin, Bernard Clerfaydt, Martine Payfa, Hervé Doyen, Freddy Thielemans et Philippe Moureaux, tous bourgmestres, qui défendent tous le même texte cela a évidemment un certain poids.
Dans 8 jours les bourgmestres bruxellois vont donc faire connaître leur point de vue sur les questions de sécurité. Ce ne sera pas anodin. On l’a rappelé hier les bourgmestres sont en première ligne en matière de sécurité, notamment parce qu’ils ont en charge l’organisation des zones de police. La police de proximité c’est eux. Dans une semaine ces bourgmestres vont donc probablement demander plus de moyens. Ils diront ce qu’ils pensent d’une potentielle fusion des zones de police, et ils demanderont probablement qu’on renforce les services d’appui, ces réserves de policier qu’on peut appeler en cas de coup dur. Probablement aussi ils diront que le travail des policiers doit pouvoir être suivi d’une justice plus rapide. Même si une partie de ce discours est donc très prévisible, il faudra quand même y prêter attention. C’est que la conférence des bourgmestres qui regroupe 9 libéraux ou FDF, 8 socialistes et 2 CDH n’est pas une assemblée politique comme les autres. Si tous ces bourgmestres réussissent à se mettre d’accord sur un thème sensible comme la sécurité, la position qu’ils dégageront sera sans doute la position qui sera la plus proche de ce que demande les policiers locaux. Normal les bourgmestres dans ce dossier, sont à la fois les patrons des policiers et aussi les responsables qui sont en première ligne face à la critique des citoyens. Comme leur conférence est un outil purement consultatif, cela pourrait, paradoxalement, lui donner un certain poids.
Je sacrifie au buzz du jour (merci Michel Geyer) en reproduisant la video ci-dessous. Vous y verrez un poids lourd (sans mauvais jeu de mot) de la politique française , Xavier Bertrand, moucher en direct un confrère de la presse écrite. Visiblement il existe un contentieux entre ces deux là , et je ne jugerai pas du fond puisque je ne le connais pas. Mais une remarque : le journaliste ne maîtrise abslument pas les codes télé : instable, regard fuyant, énonciation lente et peu rythmée, son malaise est palpable. Xavier Bertrand va en profiter pour l’atomiser. C’est un échange à sens unique, on n’aurait pas aimé être à la place du journaliste. Bonne vidéo pour rappeler qu’un interview télé cela se prépare. C’est vrai pour la technique TV et pour le fond du dossier : à aucun moment le journaliste n’ a paru en mesure de contrer son interlocuteur.
C’est l’une des questions posées après la fusillade qui a blessé un policier ce weekend : faut-il fusionner les zones de police bruxelloises ? Question posée par les partis flamands, les francophones eux sont plus frileux. Ce n’est pas la première fois que les flamands demandent qu’on revoie l’organisation politique de la région bruxelloise et qu’on retirer des compétences aux communes pour les transférer vers la région. Pascal Smet, ancien ministre bruxellois par exemple défendait cette idée. Les partis les plus flamands comme la NVA ou la liste Dedecker la reprennent aujourd’hui : ce serait plus efficace pour la sécurité affirment-ils. A Bruxelles il y a aujourd’hui 6 zones. Depuis la grande réforme des polices chaque zone regroupe 2 ou 3 communes. Faut-il aller plus loin ? Pour certains partis flamands la réponse est oui : cela permettrait d’avoir une seule et même politique pour toute la région bruxelloise, et on concentrerait les forces disponibles sur les quartiers sensibles. Pour la plupart des francophones la réponse est non. Les problèmes de sécurité ne sont pas les mêmes à Uccle, commune plutôt favorisée du sud de Bruxelles, qu’à Anderlecht, commune plus difficile du nord de la région bruxelloise. Le centre de Bruxelles avec, ses touristes, ses ambassades à protéger, sa zone neutre et ses sommets européens ce n’est pas la même chose que Saint Gilles et la gare du midi. Les policiers ne travaillent pas de la même manière à  Saint Josse, où il y a d’importantes communautés d’origine étrangère qu’à Woluwe-Saint-Lambert où les espaces verts sont plus nombreux.
Bien sûr il y a derrière ce débat une question de pouvoir. Historiquement la police dépend du bourgmestre. Ce pouvoir s’est déjà dilué au travers des zones de police, le faire remonter à la région c’est diminuer le rôle des bourgmestres. Pourquoi pas, mais on peut se demander pourquoi ce débat serait valable pour Bruxelles mais pas pour la Flandre et la Wallonie. La réalité c’est que la fusion des zones de police cache deux autres questions : celle du financement et celle du recrutement de la police locale. Aujourd’hui le financement est assuré au ¾ par les communes, et pour un quart par l’état fédéral. Dans des communes bruxelloise pauvres, c’est une proportion qu’il faut peut être revoir. Surtout à Bruxelles il manque, suivant les sources entre 500 et 800 policiers. Ca c’est sans doute plus important que fusionner ou pas les zones de police.
Bruxelles est elle réellement dangereuse ?
Toutes les grandes agglomérations comme Paris ou Londres, mais aussi des villes de taille plus comparable comme Lille, Milan ou Rotterdam sont exposés à des phénomènes de violence. Ce n’est évidemment pas une raison pour ne rien faire. Quand la grande criminalité et la petite délinquance se fixent sur des quartiers précis, leurs habitants ont  l’impression que les pouvoirs publics n’osent plus  intervenir.
L’éventuelle fusion des zones de police n’est qu’une partie de la réponse possible. Pour être efficace il faudrait ajouter la longueur des procédures judiciaire, la relative impunité des mineurs (Charles Picqué propose ce matin qu’on abaisse la majorité pénale à 16 ans), les moyens en hommes et en matériel des forces de police, l’organisation des transports en commun et des logements pour éviter les quartiers ghettos et même la lutte contre le chômage, puisque dans certains quartiers de Bruxelles un jeune sur 2 est sans emploi. La vérité c’est qu’il n’y a pas une réponse simple face à un problème compliqué. Fusionner les zones de police est une mesure en apparence efficace. Mais elle répond plus à une vision de ce que doit être l’organisation politique de Bruxelles qu’à un besoin constaté par le travail de terrain des policiers.  Elle ne répond donc pas vraiment à la question posée.
L’unité c’était l’un des leitmotive de ce congrès. 5OO élus et militants réunis autour de Didier Reynders ont donc lancé les débats sur le nouveau texte de référence de la famille libérale, un appel réformateur intitulé « mieux pour tous », on en a parlé la semaine dernière. Officiellement donc ce congrès était celui de l’unanimité. Unanimité sur les valeurs et els thèmes portés par ce nouveau texte : le travail, la liberté, le pluralisme de l’humanisme. Unanimité autour d’une stratégie électorale : celle d’un recentrage pour paraitre moins à droite que ces dernières années (voir à ce propos le reportage ci-dessous) . Unanimité autour de l’équipe dirigeante enfin : « le temps est à la mobilisation et à l’union sans faille même si nous avons connu des moments difficiles » a indiqué le président du mouvement réformateur. A la tribune Willy Borsus, Olivier Maingain et Gérard Deprez entouraient Didier Reynders et Richard Miller. Et même si le texte peut encore être amendé, le communiqué du parti précise qu’il a été bien applaudi ce weekend, une sorte d’adoption par acclamation.
Donc,  tout irait de nouveau bien dans la famille libérale ? Et bien pas tout à fait. On ne peut pas évidemment pas résumer les débats à la seule journée de dimanche. La veille Louis Michel , l’autre poids lourd libéral, a en effet accordé des interviews dont il a le secret. Mine de rein, l’ancien chef bleu indiquait qu’on n’avait pas besoin du FDF en Wallonie, reconnaissait sans difficulté que oui, son parti avait bien perdu les élections, et que non bien sûr son ami Didier Reynders ne pourrait pas rester président après 2011 puisque pour ça il faudrait changer les statuts. Une véritable piqure de rappel pour indiquer à Didier Reynders que malgré les ovations des militants, il n’est plus totalement libre de ses mouvements. Le tout dit sans agressivité apparente Louis Michel, vieux routier parmi les vieux routiers, est un maitre de l’art de dire les choses sans les dire vraiment, tout en s’offusquant qu’on l’accuse de les dire, mais en le disant quand même, genre « je n’ai jamais dit ça, mais si vous le dites je ne vous contredis pas ».  Louis Michel qui n’était pas au congrès de dimanche a aussi  reconnu qu’il participait bien aux réunions de ce que la presse appelle le groupe renaissance, et qui rassemble ceux qui à l’automne dernier avait lancé une grande campagne de contestation interne. Mine de rien l’information du weekend est peut être là . Les libéraux préparent désormais l’après 2011 séparément. Les fidèles de Didier Reynders d’un coté, le groupe renaissance avec Charles et Louis Michel de l’autre. Le mouvement réformateur est à la base une fédération : on y retrouve les libéraux, le FDF et le MCC de Gérard Deprez. Il faut désormais intégrer que la famille libérale elle même s’organise en « famille » ou en « écurie », chaque tendance se regroupant autour de leaders qui ont leur vision leur stratégie et leurs ambition. Ce que vit le mouvement réformateur aujourd’hui est à ce qu’a vécu le parti socialiste français : l’apparition de courants, réels, affichés, structurés. Avec une conséquence directe : le président du MR n’est plus comme le sont habituellement les présidents de parti du royaume, le seul maître à bord. S’il veut éviter les avis de tempête, il est désormais condamné, en permanence à tâter le pouls des courants et  à faire la synthèse.
C’est une manifestation qui pourrait être importante, les syndicats attendent, malgré le froid, malgré la neige entre 20 et 30 000 personnes ce vendredi à Bruxelles. Mot d’ordre général : une manifestation pour l’emploi et le respect. Qu’on en vienne à manifester sur des valeurs indique bien l’éxaspération d’une partie du monde du travail. Les trois syndicats qui agissent en front commun, dénoncent bien sûr la fermeture d’Opel Anvers, on s’attend à ce que la délégation d’Opel soit très importante, mais ils soulignent la dégradation de ‘l’emploi d’une manière générale depuis le début de l’année.
Quelles sont les revendications précises des manifestants ? Il y en a 6. Il y a certaines qui sont très floues « relancer ou créer l’emploi » ou encore « mettre un terme au dupming à l’égard des travailleurs ». On est là plutôt dans le registre du slogan. Il y a qui sont un peu plus précises. Les trois syndicats vont par exemple demander un moratoire du système actuel de contrôle de disponibilité des chômeurs. Ce qu’on a parfois appelé la chasse aux chômeurs. Ca les hommes politiques n’y sont pas tout à fait insensibles. Quand l’Onem procède à l’éxclusion d’un chômeur la plupart du temps le chômeur en question se retrouve au CPAS. On estime que ce glissement de l’aide coût environ 20 millions au CPAS et donc aux communes.
Autre revendication précise, la liaison des aides publiques au maintien et à la création d’emploi. En clair cela veut dire qu’une entreprise qui touche des aides comme par exemple des exonérations de cotisation dans le cadre de l’aide à l’embauche des jeunes non qualifié, le « plan Milquet », cette entreprise devrait rembourser si elle annonce quelques mois plus tard des licenciements. Les syndicats mettent en avant Inbev qui a pu économiser 70 millions grâce au système des intérêts notionnels, ou Arcelor-Mittal, qui a touché plus d’un milliard d’aide avant de licencier 1500 personnes.
Sur ces dossiers les syndicats ne sont pas seuls. Parmi les manifestants ce midi on retrouvera probablement des parlementaires. Ecolo a annoncé qu’il participerait à la manif et le groupe socialiste à la chambre a déposé en une semaine deux propositions de loi qui supprimeraient les avantages fiscaux des entreprises qui licencient. Une première proposition générale il y a une semaine, avec la députée Camille Dieu. Une autre proposition plus précise déposée hier par Marie Arena et Alain Mathot rapporte le journal l’Echo. Celle-ci prévoit de retirer les déductions pour l’investissement à risque, c’est ce qu’on appelle les intérêts notionnels, si une entreprise licencie sans être en difficulté. Le texte envisage cependant que si l’entreprise revient sur sa décision de licencier, elle retrouve alors son avantage fiscal.
Le fait que les syndicats mobilisent aujourd’hui, et le fait que certains partis relayent donc  leur préoccupation au parlement, indique d’abord qu’il y a une inquiétude, vis à vis de la situation sociale. L’an dernier il ya eu 29 000 chômeurs de plus. Ce n’est peut être pas fini. Le journal la Libre Belgique par exemple a fait le décompte : dans les grandes entreprises 6600 emplois supprimés rien qu’au mois de janvier. Le fait que les syndicats et une partie de la majorité avancent au même moment sur les mêmes thèmes indique aussi que le grand débat droite-gauche va probablement reprendre dans les prochains jours soit au parlement, soit au sein du gouvernement. Elio di Rupo avait d’ailleurs donné le ton lors de ses voeux à la presse ces derniers jours : insister sur l’impact social de la crise et souligner les différences entre libéraux et socialistes sur cette thématique. Le grand clivage est donc de retour.
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Update à 18 heures : 30 000 personnes étaient dans les rues de Bruxelles (27 000 selon la police, 35 000 d’après les syndicats). Quand à la proposition de demander le remboursement des aides en cas de licenciement Catherine Fonck a indiqué que le CDH”serait ravi qu’on puisse enfin en discuter”. Le MR, par la voix de Daniel Bacquelaine, indique qu’il ne signera pas la proposition socialiste. ” C’est une proposition de loi de circonstances et il est toujours mauvais d’adopter de tels textes” a-t-il indiqué à l’agence Belga.
Les responsables locaux sont en première ligne dans ce genre de catastrophe, on a eu l’occasion de le voir. D”abord parce que le conseil communal était en pleine séance au moment où l’explosion s’est produite. Les vitres de l’hôtel de ville ont été soufflées. Les conseillers communaux ont été parmi les premiers témoins de la gravité des faits. Ensuite parce que le bourgmestre est appelé à intervenir rapidement. Il a d’abord des compétences de police. Il a fallu rapidement établir un périmètre de sécurité et installer un centre de crise. Le bourgmestre a également un rôle bien précis dans la mise en route d’un plan catastrophe, qu’on appelle officiellement l le plan d’urgence et d’intervention. Ce plan se décline en plusieurs phases.
La phase communale déclenchée par le bourgmestre lorsque les conséquences du sinistre restent au niveau  d’une commune et que les moyens communaux semblent suffisants.. L’autorité compétente est le bourgmestre qui informe le gouverneur de province et les communes voisines. C’est cette phase qui a donc été activée hier parle bourgmestre de liège.
Ensuite, il y a une  phase provinciale est déclenchée par le gouverneur de province lorsque les implications du sinistre dépassent les limites d’une commune ou  lorsque son ampleur nécessite une coordination au niveau provincial ou encore lorsque le bourgmestre est défaillant. L’autorité compétente est le gouverneur de province.Â
 Enfin il ya une phase fédérale déclenchée par le Ministre de l’Intérieur, ou le Ministre de la Santé Publique. Elle est mise en Å“uvre si les conséquences dépassent le territoire d’une province, si l’entièreté du territoire national est concerné, s’il y a une menace grave sur l’environnement, la chaîne alimentaire.
Chacune de ces phases est organisée autour de « disciplines ». La disciplines 1 ce sont les services d’incendie et la protection civile, la discipline 2, les services médiaux, la discipline 3 le maintien de l’ordre,  la discipline 4 la logistique. Les autorités politiques sont directement responsables de la discipline 5  qui concerne l’information à la population et aux médias, tant durant la crise qu’après. Suivant les cas c’est donc soit le bourgmestre,  le gouverneur ou le  ministre qui en est l’artisan. L’information est mise en commun et diffusé après validation par chaque discipline et par le Parquet.  C’est donc bien l’ensemble des secours qui s’expriment par la voix du bourgmestre, ou du gouverneur histoire d’assurer une certaine cohérence dans les informations qui sont communiquées. Toutes ces règles sont bien codifiées, elles ont d’ailleurs été revues après la catastrophe de Ghislengien. C’est le gouverneur de province, en l’occurrence ici Michel Fore,t qui est chargé de veiller à leur application. C’est le gouverneur aussi qui vérifie que chaque commune a bien un plan catastrophe prêt à fonctionner au cas où. Vous vous êtes peut être étonné de voir beaucoup le bourgmestre et le gouverneur hier. C’est donc tout simplement parce qu’ils ont bien un rôle central dans l’organisation des secours.