C’est la ministre de l’intĂ©rieur Annemie Turtelboom qui l’a annoncĂ© hier en commission Ă la chambre. Pour les prochaines Ă©lections, les communes qui sont dĂ©jĂ passĂ©es au vote Ă©lectronique vont avoir le choix : soit elles gardent le système des machines Ă voter et de l’urne Ă©lectronique, mais alors elles doivent payer elles-mĂŞmes la remise Ă niveau des machines , soit elles font machine arrière et en reviennent au vote papier.
Pour comprendre ce qui se passe petit rappel. Le vote Ă©lectronique a Ă©tĂ© introduit en 1991. Il s’est peu Ă peu Ă©tendu. Aujourd’hui cette procĂ©dure concerne 4 Ă©lecteurs sur 10 et un peu plus de 3 millions de citoyens. Tous les bruxellois votent Ă©lectroniquement, et le système est Ă©galement gĂ©nĂ©ralisĂ© dans l’ensemble des provinces flamandes oĂą il concerne plus d’un Ă©lecteur sur 2. Les wallons ont en revanche Ă©tĂ© beaucoup plus frileux : le vote Ă©lectronique est d’ application en province de Liège, mais seulement dans une commune du Luxembourg (Durbuy) et dans 3 communes du Hainaut, (Frasne-les-Anvaing, Lens et Jurbize).
Dans toutes ces communes on vote donc avec des ordinateurs qui ont plus de dix ans. Les machines ont bien Ă©tĂ© mises Ă jour en 2006 et en 2007, mais le contrat de maintenance s’est achevĂ© en 2008.
Depuis plus rien, le gouvernement fĂ©dĂ©ral a fait rĂ©aliser des Ă©tudes et lancĂ© un appel d’offre. L’entreprise qui reprendra ce contrat n’a pas encore Ă©tĂ© choisie, pire on n’est mĂŞme pas sur que le dĂ©partement de l’intĂ©rieur ait un budget suffisant pour cela. Si on vote demain les communes qui optent pour le vote Ă©lectronique devront donc procĂ©der elles-mĂŞme au contrĂ´le des ordinateurs et Ă leur Ă©ventuel remise Ă niveau. Du coup (du coĂ»t ?)  il n’est pas impossible que certaines localitĂ©s prĂ©fèrent revenir au vote papier . C’est vrai pour les prochaines Ă©lections lĂ©gislatives, cela pourrait ĂŞtre vrai aussi pour les communales de 2012. Pourquoi ces investissements ont-ils tardĂ©s ? Parce que le vote Ă©lectronique est rĂ©gulièrement remis en cause. Grace Ă lui le dĂ©pouillement est beaucoup plus rapide c’est vrai. On peut connaĂ®tre les rĂ©sultats d’un scrutin  en quelques dizaines de minutes, alors qu’avec le dĂ©pouillement du vote papier il faut compter plusieurs heures. En revanche le vote Ă©lectronique n’est pas transparent : personne ne sait ce qui se passer Ă l’intĂ©rieur de la machine. Le citoyen doit faire confiance Ă l’informaticien et je vous renvoie vers l’association Pour EVA pour vous convaincre que cela pose question. L’une des pistes rĂ©gulièrement mise en avant serait de coupler le vote Ă©lectronique et le vote papier avec un système de double vote : après son passage par la machine Ă vote l’Ă©lecteur recevrait un ticket oĂą il pourrait visualiser et donc contrĂ´ler son vote. Si le rĂ©sultat est contestĂ©, on pourrait alors recompter les votes « ticket » pour vĂ©rifier que la machine a transmis un rĂ©sultat correct. Derrière ces questions il y a aussi une question d’argent. DĂ©pouiller un vote papier coute un euro 50. GĂ©rer un vote Ă©lectronique coute plus de  4 euros. Si l’on veut opter pour un système mixte avec Ă la fois le vote Ă©lectronique et un système de ticket de contrĂ´le l’addition monte Ă 13 euros. Ajoutons que l’organisation des scrutins tantĂ´t par le fĂ©dĂ©ral, tantĂ´t par les rĂ©gions ne simplifie rien.
Le texte de l’accord de  gouvernement wallon , nĂ©gociĂ© l’Ă©tĂ© dernier indiquait d’ailleurs assez clairement que le gouvernement Demotte favoriserait le maintien du vote traditionnel en Wallonie. A Bruxelles, les partis de l’olivier arrivait Ă la mĂŞme conclusion, mais la formulait avec un peu plus de prudence ( en gros l’accord indique qu’il faut amĂ©liorer le contrĂ´le du citoyen sur le vote Ă©lectronique ou revenir au vote papier). Finalement c’est une question d’argent qui va trancher le dĂ©bat. En politique on appellerait cela le principe de rĂ©alitĂ©. En informatique, on appelle ça un bug.
Qu’est-ce que l’identitĂ© Wallonne ? Comment peut-on la renforcer ? Rudy Demotte le ministre prĂ©sident wallon a lancĂ© le dĂ©bat, en prĂ©cisant que ce n’Ă©tait pas pour lui une question d’identitĂ©, trop proche du nationalisme, mais plutĂ´t une question d’image. Sous entendu, si les wallons redeviennent fiers de leur rĂ©gion et de ce qu’ils sont alors ils seront probablement plus dynamiques. Cette question d’image est centrale en politique. Le dĂ©bat qui se dĂ©roule cet après midi au parlement wallon n’est donc pas anodin.
On en a une illustration lundi lors d’une rĂ©union en commission wallon. Au micro Serge Kubla, dĂ©putĂ© MR, ancien ministre de l’Ă©conomie. Pour lui tout va mal. Serge Kubla, qui est dans l’opposition, emploie un terme très fort : celui de dĂ©glingue de la Wallonie. Le chĂ´mage augmente , 12 000 demandeurs d’emplois de plus en un an. Le plan Marshall n’est pas assez connu. Nos routes sont mal entretenues, le gouvernement olivier ne s’entend plus, bref dit Serge Kubla « on ne va pas bien  ».
RĂ©ponse du ministre prĂ©sident Rudy Demotte : ce n’est pas si noir que ça. « On assiste Ă une montĂ©e en puissance du potentiel wallon. Pour cette raison, je ne peux pas entrer dans un discours sur l’Apocalypse selon Saint Kubla  ». Le nombre de faillite reste stables, le nombre de demandeurs d’emplois a baissĂ© si on regarde non pas sur un an mais sur 5 ans, et il y a des signes positifs, par exemple l’accord qui vient d’ĂŞtre passĂ© avec Arcelor Mittal. Conclusion : « je ne nie pas les problèmes mais je suis un chef d’Ă©quipe. Une Ă©quipe de 4 millions de wallons auxquels je dois dire de temps en temps : on y va. »
Encore deux extraits : Serge Kubla : « on n’est pas un mauvais wallon quand on parle de ce qui ne va pas. L’image de la Wallonie ne chagera pas Ă coup de campagne publicitaire. »
Rudy Demotte : « ce sont de petits jeux politiques, ils occupent la première place sur le podium de l’inutile. »
C’est un Ă©change intĂ©ressant Ă dĂ©cortiquer : Serge Kubla et Rudy Demotte sont tout Ă fait dans leur rĂ´le. Dans une dĂ©mocratie le dĂ©bat politique obĂ©it Ă des règles classiques.  L’opposition doit servir un discours critique, nous dĂ©montrer que le gouvernement fait mal son travail, et que ce serait mieux avec un autre Ă©quipe. Le chef de ce gouvernement doit lui nous rassurer, estimer que son Ă©quipe ne travaille pas si mal, et surtout puisque que l’on parle ici d’Ă©conomie et de dĂ©veloppement, il doit donner confiance. Confiance aux entrepreneurs pour qu’ils investissent. Confiance aux jeunes Ă©tudiants pour qu’ils se forment correctement. Confiance aux mĂ©nages pour qu’ils consomment.
Permettez-moi une anecdote personnelle. C’Ă©tait il ya quelques annĂ©es, au niveau fĂ©dĂ©ral. Je discute avec un premier ministre qui aujourd’hui ne s’occupe plus de politique belge. On parle de communication au sens large on. Ce premier ministre m’explique sa vision : ce sont les entreprises qui crĂ©ent de l’emploi. Mais ce sont les politiques qui par leur discours conditionnent la perception. Mon boulot m’explique-t-il c’est ça : montrer que tout va bien. Moi je serai toujours positif parce que le jour ou je ne le suis plus, c’est moi qui crĂ©e la crise.  CQFD
Lundi de Pâques cette année tombe le 5 avril. Les vacances scolaires s’étendent du 5 au 16. Jean Luc Dehaene vous le savez est chargé d’une mission d’une négociation communautaire autour de l’arrondissement Bruxelles- Hal- Vilvorde. Pour ceux qui ont raté un épisode, souffrent d’une mémoire défaillante, ou rentrent d’un voyage prolongé : la procédure fut mise en place par Wilfried Maertens lorsque Herman Van Rompuy a quitté le 16 rue de la loi, dans l’idée de permettre  à Yves Leterme de retrouver le fauteuil de premier ministre sans s’occuper de BHV. En annonçant cette mission de Jean Luc Dehaene on avait annoncé qu’il fallait attendre un accord avant Pâques. Si j’avais un goût prononcé des jeux de mots, je vous dirais qu’on attendait donc que Jean-Luc pour le lundi de Pâques sorte un lapin de son chapeau, mais qu’hier il  a préféré sonné la cloche.
Le tour de magie est donc reporté.  Jean-Luc nous éclaire le calendrier, et pour ça il a publié un communiqué de presse. Pâques cette année ce n’est pas du tout le 5 avril, par  Pâques il faut entendre vacances incluses. Le médiateur nous annonce donc qu’il doit atteindre cet objectif avant la fin des congés scolaires. Pourquoi pas, me direz-vous ? Comme cela fait des dizaines d’années que l’arrondissement Bruxelles Hal Vilvorde empoisonne la politique belge on n’est plus à une semaine près. En plus pendant les vacances les négociateurs ne seront pas pris par le parlement, le kern, les enfants à la sortie de l’école : ils auront plus de temps pour négocier.
Mine de rien Jean Luc Dehaene a quand même débuté sa mission le 24 novembre. Cela fait donc déjà 4 mois qu’il travaille. Il a vu à plusieurs reprises tous les présidents de parti de la majorité pour tâter le terrain. Il n’a, en revanche,  pas encore soumis de document écrit aux négociateurs histoire d’éviter les fuites. « Je vous informerai lorsque ce sera bouclé » a fait savoir Dehaene à ses petits mais du CD&V le partis social chrétien flamand.
A ce stade personne ne peut dire si Jean Luc a vraiment une piste susceptible d’aboutir à un accord. Personne ne peut dire s’il travaille sur un accord provisoire, ou sur une solution définitive.
CE qu’on sait c’est que le dossier est toujours explosif . Hier par exemple le FDF a annoncé qu’il voulait qu’on lie le problème des écoles de la périphérie à la discussion sur BHV. En cause une circulaire qui demandait à ces écoles francophones des renseignements sur la sécurité des bâtiments et leur programme pédagogique. E
« Contraire aux libertés fondamentales  » a clamé le FDF. « Ce n’est pas le moment d’en rajouter laissons Jean-Luc travailler  » a répliqué le CDH. Bref c’est nerveux.
10 jours de décalage est-ce  important ? Et bien oui. Pour comprendre BHV il faut se rappeler que ce dossier est gelé par une procédure en conflit d’intérêt. Celle-ci s’achève début mai. Ce qui veut dire que début mai le projet de loi revient devant la chambre, on pourrait donc se retrouver à nouveau avec un vote des députés flamands contre les députés francophones. Un scénario qui est celui de la dissuasion nucléaire : si les flamands appuient sur le bouton c’est le gouvernement Leterme qui saute, mais on déjà vu que la dissuasion a ses limites. En décalant de 10 jours Jean-Luc Dehaene fait de la stratégie. S’il ya un accord ce sera donc à la mi- avril. Si vous voulez le faire voter à la chambre il faudra le faire tout de suite : sinon la proposition de loi des partis flamands risque de vous prendre de vitesse. Le texte de Jean-Luc sera donc à prendre ou à laisser . Ses adversaires n’auront donc pas le temps de s’y opposer ou de mener campagne dans l’opinion publique.
Si vous êtes un homme ou une femme politique, si vous vous intéressez de près ou de loin au dossier Bruxelles Hal Vilvorde, un conseil : à Pâques : annulez vos vacances.
C’est un interview en une, 3 colonnes, grande photo. Difficile de passer Ă cĂ´tĂ©. Et Ă l’intĂ©rieur du journal une double page avec trois gros chapitres : carrefour, le budget et l’après l ’après crise. Les journalistes  du Soir avancent eux-mĂŞme une mise en perspective : Didier Reynders veut tourner la page. Fortis et les turbulences internes du mouvement rĂ©formateur c’est du passĂ©, le prĂ©sident du MR se positionne sur des dossiers concrets et il veut mettre en application l’appel rĂ©formateur, le nouveau manifeste de son parti.
 Alors effectivement, ce qu’on retiendra de cet entretien est cette petite phrase Ă propos de Carrefour. Est-ce qu’une entreprise bĂ©nĂ©ficiaire pour se restructurer ? Ma rĂ©ponse est simple oui, mais elle en supporte les consĂ©quences. Et Didier Reynders d’ĂŞtre encore un peu plus explicite deux questions plus loin « il faut dire :  Carrefour avant d’investir dans un nouveau dĂ©cor, une nouvelle campagne de publicitĂ© vous allez payer votre passif  social. Envisage-t-on  vraiment de payer les prĂ©pensions de Carrefour ? Ou  va-ton oser dire Ă Carrefour c’est vous qui allez payer ça puisque vous ĂŞtes bĂ©nĂ©ficiaire (…) Gardons les deniers publics pour les entreprises qui sont vraiment en difficultĂ©. »
 Vous avez bien lu :  Didier Reynders propose  de ne pas payer les prĂ©pensions dans le cas de Carrefour. Puisque ce groupe gagne de l’argent, c’est Ă lui de payer. En apparence c’est un discours très Ă gauche, qu’on pourrait interprĂ©ter comme un signe de la nouvelle communication plus « centriste » des libĂ©raux.  Un vice premier libĂ©ral qui s’en prend publiquement Ă un grand groupe c’est effectivement très spectaculaire.
 Il faut ajouter que  Didier Reynders pointe du doigt un vrai phĂ©nomène de grande ampleur. Le recours aux prĂ©pensions est effectivement quasi systĂ©matique dans tous les grands drames sociaux.  Les grandes entreprises y ont très souvent recours, et c’est effectivement le contribuable qui paye. La question des prĂ©pensions est donc un mal belge, et  il est positif de le mettre sur la table.
 Apportons quand mĂŞme quelques nuances : si Didier Reynders propose de geler les prĂ©pensions dans ce cas prĂ©cis, il en revanche hostile Ă l’idĂ©e qu’on fasse rembourser des aides perçues dans le passé par des entreprises « cela n’a aucun sens » dit-il. Ce dĂ©bat lĂ est pourtant aussi sur la table, et tant quĂ chatouiller les grands groupes il serait cohĂ©rent d’explorer cette voie lĂ Â aussi. Ensuite peser sur les prĂ©pensions, c’est prendre le risque que Carrefour licencie purement et simplement, ce personnel de plus de 50 ou 55 ans se retrouverait alors au chĂ´mage. C’est quand mĂŞme l’Ă©tat qui devrait payer. La perspective de voir l’Ă©tat fĂ©dĂ©ral entamer rĂ©ellement un bras de fer avec la direction de carrefour dans les circonstances actuelles est assez peu crĂ©dible. C’est donc un positionnement “de gauche” plus que relatif. Disons plutĂ´t une formule choc qui rapporte beaucoup sans coĂ»ter grand chose.
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Enfin il y a un dernier dĂ©tail qui ne doit pas vous Ă©chapper. Le recours aux prĂ©pensions c’est l’un des points que doivent dĂ©sormais nĂ©gocier la direction du groupe  Carrefour, les syndicats de l’entreprise et la ministre de l’emploi.  Qui est la ministre de l’emploi ? Joelle Milquet,  et vous vous souvenez, puisque vous lisez ce blog rĂ©gulièrement,  que c’est une grande amie de Didier Reynders. Le prĂ©sident du MR indique d’ailleurs, avec l’ironie qu’on lui connaĂ®t,  qu’il n’a pas pu discuter de son idĂ©e avec elle puisqu’elle est en dĂ©placement Ă l’Ă©tranger (au Congo en l’occurrence).
Didier Reynders vient de rĂ©ussir un coup double  : tenir un discours en apparence très critique contre les grandes entreprises, bon pour son image,   et mettre en difficultĂ© une de ses collègues prĂ©sidente d’une formation concurrente.
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UPDATE Ă 18H45 : l’interview de Didier Reynders n’est pas restĂ© sans rĂ©action. Le SETCA (syndicat socialiste des employĂ©s et cadres) le qualifie de “cynique et indĂ©cent”. “Didier Reynders se trompe de cible, il met la pression sur les travailleurs”. “Si on peut compter sur un nouvel adepte de la responsabilisation des entreprises tant mieux” ironise de son cĂ´tĂ© JoĂ«lle Milquet “mais il ne faut pas changer les rĂ©gles du jeu pour le cas prĂ©cis de Carrefour”. MĂŞme le syndicat libĂ©ral CGSLB se montre critique : “nous ne comprenons pas la logique de la rĂ©action de Didier Reynders”.Â
En commission de l’intĂ©rieur, les dĂ©putĂ©s ont interpellĂ©s hier Annemie Turtelboom sur la fameuse cĂ©rĂ©monie du palais des  beaux-arts. Annemie Turtelboom est ministre de l’intĂ©rieur c’est donc elle qui a la tutelle sur le service du protocole, qui Ă©tait Ă la base de l’organisation de cette matinĂ©e. Une cĂ©rĂ©monie d’hommage ratĂ©, on s’en souvient. Au « bozar » les deux-tiers de la salle Ă©tait vides. Hier après midi la ministre a donc donnĂ© des explications. Elle a reconnu qu’il y avait moyen de mieux faire. Elle a aussi dĂ©fendu le service du protocole en indiquant qu’il avait du travailler dans un dĂ©lai très court.
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Il ne faut pas tourner autour du pot : cette cĂ©rĂ©monie Ă©tait  bel et bien un Ă©chec. Ce ne sont pas les discours ou les morceaux de musique qui sont en cause, mais plutĂ´t la sĂ©lection du public et son absence. Invitations envoyĂ©es par la poste, pas moyen de savoir qui viendrait qui ne viendrait pas. Les organisateurs pensaient que les victimes de l’accident, les personnes qui Ă©taient dans les trains et leurs proches, se dĂ©placeraient en grand nombre, ils avaient envoyĂ© 680 invitations. Il n’y a eu que 90 personnes. Les parlementaires n’Ă©taient pas non plus très nombreux. Et du coup pour les cheminots il n’y avait plus que 25 places prĂ©vues.
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En choisissant Bruxelles le gouvernement n’a sans doute pas rĂ©alisĂ© qu’il optait pour un lieu finalement assez Ă©loignĂ© du domicile des victimes. Et que le palais des beaux-arts pouvait ĂŞtre plus impressionnant qu’une cathĂ©drale.
Annemie Turtelboom a annoncĂ© qu’un groupe de travail serait mis en place pour prĂ©parer de telles cĂ©rĂ©monies Ă l’avenir.
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S’il y a  donc des raisons d’ĂŞtre mĂ©contents, interrogeons-nous quand mĂŞme sur ceux qui portent la polĂ©mique. Les premiers Ă rĂ©agir, dès la sortie de la cĂ©rĂ©monie ont Ă©tĂ© les parlementaires de la NVA, le parti rĂ©gionaliste flamand de Bart De Wever. “Ce fut une occasion manquĂ©e. Il ne s’agissait pas d’un hommage aux victimes, Ă leurs proches ou aux services de secours, mais un hommage aux dignitaire s”, a dĂ©plorĂ© le parti dans un communiquĂ©. Et un de ses dĂ©putĂ©s Ben Weyts a regrettĂ© que la cĂ©rĂ©monie n’ait pu se tenir Ă Hal, en Flandre.
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Quand les nationalistes flamands montent au crĂ©neau il y a presque  toujours un effet symĂ©trique : le FDF rĂ©agit Ă son tour. C’est ce qui s’est passĂ©. Ce lundi le parti d’Olivier Maingain a demandĂ© au premier ministre Yves Leterme de prĂ©senter des excuses aux familles des victimes : « le premier ministre et la ministre de l’intĂ©rieur n’ont pas pris toute la mesure de ce que devait ĂŞtre l’organisation d’une telle cĂ©rĂ©monie. »
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Hier la dĂ©putĂ©e MR Jacqueline Galand a suggĂ©rĂ©e qu’Yves Leterme dise un petit mot Ă ce sujet cet après midi lors de la sĂ©ance plĂ©nière, histoire de clore le dĂ©bat. On verra cet après midi si il le fera, on n’est pas sĂ»r que le premier ait vraiment envie de revenir sur la question, et prendre ainsi le risque de relancer la polĂ©mique .
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Car vous l’ avez compris : derrière le  dĂ©bat sur le flop de la cĂ©rĂ©monie se cache d’autres  symboles. Le gouvernement a voulu une cĂ©rĂ©monie nationale, qui rendrait hommage aux victimes flamandes et francophones, il a ainsi pris Ă rebrousse poil les plus rĂ©gionalistes. Certains de ses membres plaidaient pour un lieu laĂŻc. Avec le flop de samedi dernier on a la dĂ©monstration que :  1. ce qui est national reste difficile Ă organiser. 2. les bâtiments publics qui permettent le recueillement sont difficile Ă trouver .3 l’Ă©tat fĂ©dĂ©ral n’a pas le savoir faire pour organiser ce genre de manifestions.
Je vous avais dĂ©crit dans un billet prĂ©cĂ©dent les sanctions que risquait de dĂ©putĂ© europĂ©en britannique qui avait pris Ă parti Herman Van Rompuy de manière peu Ă©lĂ©gante. Pour que l’info soit complète sachez que le prĂ©sident du Parlement europĂ©en, Jerzy Buzek, a annoncĂ© avoir retirĂ© dix jours d’indemnitĂ© parlementaire Ă Â Nigel Farage. Le montant de l’indemnitĂ© quotidienne est de 298 euros ce qui fait donc une amende d’un peu moins de 3000 euros.
Jerzy  Buzek a Ă©galement rĂ©clamĂ© du chef de file des europhobes britanniques qu’il prĂ©sente ses excuses Ă l’ancien Premier ministre belge, au peuple belge et ses collègues du Parlement europĂ©en.
Je vous Ă©vite le mauvais jeu de mot pour journaliste peu inspirĂ© prĂ©cisant qu’elle dĂ©sormais sur les rails ou entre en gare. Son  nom officiel  dans l’agenda de la Chambre est « commission spĂ©ciale chargĂ©e d’examiner les conditions de sĂ©curitĂ© du rail en Belgique Ă la suite du dramatique accident survenu Ă Buizingen »On Ă©crira  « commission sĂ©curitĂ© du rail » cela ira plus vite et on notera que la première rĂ©union aura lieue cet après midi Ă 15 heures, Ă huis clos, pour fixer l’ordre des  travaux. Les membres de la commission vont donc s’y mettre d’accord sur les buts qu’ils poursuivent, et vont probablement arrĂŞter une première sĂ©rie d’audition Ă organiser.  Parmi les personnes qui devraient ĂŞtre entendues par la commission, il y aura sans doute à nouveau les dirigeants actuels de la SNCB, mais aussi les dirigeants passĂ©s. Etienne Schouppe qui a Ă©tĂ© l’administrateur dĂ©lĂ©guĂ© de l’entreprise pendant une dizaine d ‘annĂ©e avant d’entrer en politique, d’anciens ministres transports comme Herman De Croo ou Isabelle Durant seront sans doute aussi convoquĂ©s. La commission entendra aussi surement des experts du rail ou de la sĂ©curitĂ© et des membres du personnel de la SNCB.
 Il s’agit d’une commission spĂ©ciale, pas d’une commission d’enquete : cela signifie que les auditions se feront sur base volontaire. Que les documents que les commissaires demanderont Ă la SNCB par exemple l’entreprise pourra dĂ©cider ou non de les communiquer. Le succès de la commission dĂ©pend donc en partie de la bonne volontĂ© de ceux qui seront amenĂ©s Ă s’expliquer. L’Ă©motion est suffisant forte, et la pression politique suffisamment importante pour que les uns et les autres n’aient pas envie de se dĂ©rober, espĂ©rons-le. En cas de difficultĂ©s les dĂ©putĂ©s agiteront sans doute la menace de ses transformer en commission d’enquĂŞte.
 La commission travaillera sur une pĂ©riode longue. Elle remontera jusqu’Ă 1982, annĂ©e d’un accident Ă Aalter. DĂ©jĂ Ă l’Ă©poque un train avait brulĂ© un feu rouge, il y avait eu 5 morts. Aalter, Blegny (7 morts) PĂ©crot et pour finir Hal, Ă chaque fois les commissaires vĂ©rifieront comment la SNCB a rĂ©agit Ă ces accidents. Quelles sont les dĂ©cisions qui ont Ă©tĂ© prises, comment elles ont Ă©tĂ© financĂ©es et suivies ensuite. On se posera, bien sĂ»r, la question du financement de la SNCB, et aussi cette de l’impact de la division en 3 entreprises, SNCB, SNCB holding et Infrabel. Il ne s’agit de dĂ©signer un coupable , c’est le boulot de la justice,  mais plutĂ´t de souligner les mĂ©canismes qui ont abouti Ă la situation actuelle.
 Les membres de la commission sont 22 : 11 titutlaires, 11 supplĂ©ants.  La plupart sont des dĂ©putĂ©s qui siègent dĂ©jĂ dans la commission infrastructure. Ils se feront aidĂ©s par un secrĂ©tariat. Les travaux seront prĂ©sidĂ©s par le MR François Bellot. Les commissaires ont 4 mois pour travailler, la fin des travaux est attendue pour le mois de juin. Comme toutes les commissions ils devront remettre un rapport, rapport qui sera rĂ©digĂ© dans la dernière ligne droite. Ce rapport pourra contenir des recommandations qui pourraient s’adresser soit au gouvernement, soit Ă la SNCB, et comme il sera votĂ©  en sĂ©ance plĂ©nière, cela devrait lui donner un certain poids.
C’est un Ă©trange dossier arrivĂ© dans une sĂ©rie de rĂ©daction hier. Avec une question essentielle : qui est l’expĂ©diteur anonyme ? A l’Ă©vidence quelqu’un qui connaĂ®t le droit, il cite plusieurs articles du code pĂ©nal. A l’Ă©vidence aussi, quelqu’un qui connaĂ®t bien la sociĂ©tĂ© DC&Co, l’ancien cabinet de rĂ©viseur de Michel et FrĂ©dĂ©ric Daerden. A l’Ă©vidence aussi quelqu’un qui n’est pas un fan de Michel.
 La conclusion de l’expĂ©diteur est sans appel : il dĂ©crit ce qu’il appelle « l’organisation Daerden » comme « une machine puissante, performante et extrĂŞmement sophistiquĂ©e dont l’opacitĂ© semble ĂŞtre un instrument, et la rĂ©sistance, une technique procĂ©durale permettant de faire remonter des dividendes subsĂ©quents. »
 Le dĂ©nonciateur anonyme affirme que les dividendes s’Ă©lèveraient Ă 700 000 euros par an et que ce sont bien les Daerden père et fils qui en profiteraient.
 Dès hier soir Michel Daerden a réagi bien sûr, sous forme de communiqué :
« J’apprends avec surprise qu’un dossier anonyme me concernant a Ă©tĂ© diffusĂ©. Une compilation arbitraire de documents anciens qui n’a visiblement qu’un objectif : salir mon image, mon travail et mon honorabilitĂ©. Cette technique de “corbeau” est tout bonnement scandaleuse et indigne de notre dĂ©mocratie. J’ai dĂ©cidĂ© de porter plainte contre X pour diffamation et calomnie. »
 Ce matin, il faut rester prudent. Ce n’est pas parce ce qu’un dĂ©nonciateur anonyme l’affirme que Michel Daerden est forcĂ©ment coupable. Ce n’est pas parce que le dossier est Ă©pais et semble bien ficelĂ© qu’il dit forcĂ©ment la vĂ©ritĂ©. Concernant ces activitĂ©s de rĂ©viseurs, la justice a ouvert une information, elle n’a pour l’instant inculpĂ© personne, et l’affaire n’est d’ailleurs pas encore mise Ă l’instruction.
 C’est surement d’ailleurs ce qui a incitĂ© le dĂ©nonciateur Ă faire marcher sa photocopieuse. Ces 300 pages avaient dĂ©jĂ Ă©tĂ© transmises Ă la justice. Les faire parvenir Ă des journalistes, cela a Ă©videmment pour but de faire pression. Pression sur le parti socialiste et sur son comitĂ© de dĂ©ontologie, qui s’est saisi du dossier et dont on attend les conclusions. Pression peut ĂŞtre aussi, et c’est plus grave, sur la justice qui se retrouve ce matin un peu prise de vitesse. Quelque soit la qualitĂ© de l’accusateur, la Belgique est un Ă©tat de droit et une instruction se fait Ă charge et Ă dĂ©charge.
 VoilĂ Â pour l’aspect « enquĂŞte ». Il y a un deuxième niveau de lecture, c’est un niveau politique.
 Avez-vous entendu Michel Daerden parler des pensions ? Non. Et pourtant c’est bien sur ce dossier lĂ qu’on attendait le ministre Daerden. Ces dernières semaines, ses services ont remis au groupe de travail de la confĂ©rence nationale sur les pensions un projet de livre blanc, sur un sujet crucial : comment financer nos retraites sans mettre la sĂ©curitĂ© sociale en pĂ©ril ? 365 pages, soit  une par jour de l’annĂ©e. Lorsque Marie Arena, qui a aussi Ă©tĂ© ministre des pensions, avait lancĂ© une table ronde sur les pensions, avec les syndicats, les patrons, les reprĂ©sentants de la sĂ©cu et ceux des pensionnĂ©s, il y avait eu une foule de camĂ©ras. C’est un sujet qui interpelle tout le monde. Avec Michel Daerden : rien.
 La première rĂ©union annoncĂ©e pour le 19 fĂ©vrier a Ă©tĂ© annulĂ©e faute de combattants. La seconde s’est tenue la semaine dernière Ă l’Ă©cart de la presse. Comme si Michel Daerden Ă©tait tellement engluĂ© dans les affaires qu’il n’arrivait plus Ă rebondir. J’avais Ă©crit il y a quelques semaines que l’image (j’avais employĂ© le terme de « marque ») de Michel Daerden lui Ă©chappait dĂ©sormais. Mais gouverner ce n’est pas que de l’image : il faut aussi conserver une capacitĂ© d’action. Elu atypique, sympathique par certains cĂ´tĂ©s, Michel Daerden reste un recordman des voix de prĂ©fĂ©rence. Cela ne suffit pas, et l’atmosphère polĂ©mique qui l’entoure ne lui permet plus, ces jours ci, d’ĂŞtre un ministre efficace.
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 UPDATE Ă 16H50 : Cet après-midi, la commission des affaires sociales interrogeait le ministre des pensions. Devant par la presse Michel Daerden a rĂ©pĂ©tĂ© tout le mal qu’il pensait de ce courrier. Il n’a pas rĂ©pondu aux questions sur le fond du dossier. En cours de sĂ©ance Ecolo et Groen ont quittĂ© la salle : les partis Ă©cologistes demandent une “clarification”. Ce matin le premier minsitre Yves Leterme a indiquĂ© que le dossier, qu’il a Ă©galement reçu, Ă©tait consistant - ce sont ses termes- et qu’il l’avait transmis Ă la justice. Mais le premier a Ă©galement ajoutĂ© qu’aucun changement n’interviendrait au gouvernement fĂ©dĂ©ral sur base d’un document anonyme.
C’est un dĂ©bat portĂ© par les libĂ©raux. La première salve est partie cotĂ© flamand, avec Alexander De Croo, qui est le fils d’Herman De Croo et qui est surtout le jeune prĂ©sident de l’Open VLD. Le parti libĂ©ral nĂ©erlandophone, l’Ă©quivalent du MR au nord a donc dĂ©posĂ© une proposition de modification de la constitution pour mettre fin Ă l’obligation de voter.
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Ce weekend nouvelle sortie cĂ´tĂ© francophone cette fois ci. Charles Michel, qui est le fils de Louis et qui est surtout ministre de la coopĂ©ration au dĂ©veloppement et une personnalitĂ© qui compte au mouvement rĂ©formateur, propose dans un entretien au quotidien la Libre Belgique samedi,  3 rĂ©formes. 1 on supprime l’obligation de voter, le fait de se prononcer ou pas deviendrait donc un engagement citoyen que l’on exprimerait volontairement.2. On instaure un système majoritaire Ă deux tours, comme cela existe en France, je n’entre pas dans les dĂ©tails, mais cette rĂ©forme serait avantageuse pour les gros partis et diminuerait le poids des plus petits, donc tout bĂ©nĂ©fice pour les bleus et les rouges, tandis que les verts et les oranges seraient renvoyĂ©s en deuxième division. 3. On Ă©lit les ministres prĂ©sidents directement. Ce qui veut dire qu’entre les deux tours, les coalitions devraient ĂŞtre nĂ©gociĂ©es et qu’on dĂ©signerait dĂ©jĂ Â le futur numĂ©ro  1 du gouvernement. Le point 3 est encore un peu flou Ă mon sens (comment le traduire dans un vote, si ce n’est par une seconde Ă©lection purement prĂ©sidentielle, mais ne serait-ce pas prendre le risque d’avoir un prĂ©sident et une majoritĂ© de couleurs distinctes ?) mais le dĂ©bat est posĂ©.
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Posons-nous la question : la Belgique mĂ©rite-t-elle d’ĂŞtre une exception ? L’obligation de vote obligatoire est devenu très minoritaire en Europe, elle existe encore en Grèce et au Grand-DuchĂ© de Luxembourg, mais aux Pays-Bas le vote n’est plus obligatoire depuis 1970 (septante) en Italie il ne l’est plus depuis 1993.Â
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Pour comprendre, rappelons-nous que le vote obligatoire remonte Ă plus d’un siècle : 1893, l’Ă©poque oĂą l’on a installĂ© le suffrage universel plural. A l’Ă©poque on craignait que les couches sociales les plus dĂ©favorisĂ©s, les personnes les moins Ă©duquĂ©es ne se dĂ©placement pas. Ca part donc au dĂ©part d’un bon sentiment dĂ©mocratique et égalitaire. 120 ans plus tard cela n’est plus du tout la mĂŞme chose.  La question d’une rĂ©forme est donc pertinente.
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Vous savez ce qu’on risque quand on ne vote pas ? Une amende, 1000 euros quand mĂŞme et comble de l’ironie, en cas de rĂ©cidive on risque de perdre le droit de vote. Ca c’est la thĂ©orie, dans les faits on ne poursuit que très exceptionnellement les Ă©lecteurs qui oublient de se dĂ©placer. Le ministre de la justice lui mĂŞme reconnaĂ®t que depuis 2003 les parquets ne poursuivent plus les abstentionnistes.
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Avant de tout changer un rappel quand mĂŞme : le vote obligatoire a cependant un rĂ©el effet : chez nous le taux de participation est d’environ 90% quel que soit le scrutin concernĂ© cela veut dire que 9 Ă©lecteurs sur 10 se dĂ©placent pour voter. Cela nous place parmi les citoyens les plus impliquĂ©s d’Europe. En France ce taux de participation est très variable : 70, 80% pour une Ă©lection prĂ©sidentielle mais seulement 43% pour les dernières Ă©lections europĂ©ennes, cela signifie que moins d’un Ă©lecteur français sur deux s’est dĂ©placĂ©. Paradoxalement un dĂ©putĂ© europĂ©en Ă©lu en Belgique serait donc plus « dĂ©mocratiquement reprĂ©sentatif » qu’un dĂ©putĂ© europĂ©en Ă©lu ailleurs. Mais cela ne doit pas nous empĂŞcher d’ouvrir le dĂ©bat. Et quitte Ă rĂ©viser la constitution, pour BHV ou autre chose, autant inscrire l’article 162 pour que le devoir ne soit plus une obligation.
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Pour ceux que ce débat interesse, je conseille la lecture de mon collègue blogueur Charles Bricman : http://blog.pickme.be/2010/02/20/vote-obligatoire-un-faux-debat/
Cela n’a l’air de rien mais le terme ‘national’ veut encore dire quelque chose en Belgique on en aura la preuve demain. A un mois de distance nous allons avoir deux cĂ©rĂ©monies de recueillement pour des victimes de catastrophes. La première Ă Liège Ă©tait organisĂ©e par la province de Liège . La seconde pour les victimes de la catastrophe de Hal sera organisĂ©e par le gouvernement fĂ©dĂ©ral. Elle aura lieu demain Ă partir de 10 heures au palais des beaux arts de Bruxelles. Vous pourrez la suivre sur RTL TVi et RTLinfo.be Ă partir de 9H45.
A priori ce sont des cérémonies relativement semblables. Les familles des victimes, les secours et un certain nombre de personnalités assisteront à ce moment de recueillement. Le prince Philippe sera également présent. On écoutera alternativement les représentants de chaque culte ou mouvement de pensée. Et entre chaque intervention il y aura un intermède musical. Comme à Liège un représentant des familles des victimes devrait prendre la parole. Comme à Liège également, il est prévu que le prince Philippe salue les familles à la fin de la cérémonie.
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Est-ce qu’il n’yaurait donc que le nom qui change ? Et bien non pas tout Ă fait.  A Liège, les intervenants s’Ă©taient exprimĂ©s exclusivement en Français. A Bruxelles on a demandĂ© Ă chaque intervenant de s’exprimer dans les deux langues , alternativement nĂ©erlandais et français. A Liège la cĂ©rĂ©monie avait Ă©tĂ© ouverte par le bourgmestre et refermĂ©e par le gouverneur. A Bruxelles la première allocution sera celle du premier ministre Yves Leterme, la dernière intervention Ă©tant rĂ©servĂ©e pour le gouverneur de la province du brabant flamand Lode de Witte.  Il se dit qu’au sein du gouvernement on a aussi beaucoup discutĂ© du lieu de la cĂ©rĂ©monie : les partisans d’un lieu « laĂŻc » l’ont emporté : ce sera le palais des beaux-arts.
L’organisation de la manifestation elle mĂŞme a Ă©tĂ© confiĂ©e au service du protocole. Service qui travaille habituellement directement pour le palais royal. Enfin la cĂ©rĂ©monie se clĂ´turera sur la Brabançonne.
 Le fait que le gouvernement fĂ©dĂ©ral soit Ă la base de l’organisation, le fait que le premier ministre, qui est le reprĂ©sentant de tous les belges, prenne la parole, le fait que la famille royale, symbole d’unitĂ© soit prĂ©sente, tout cela a Ă©videmment du sens. Les hommes politiques ont bien notĂ© que cet accident ferroviaire avait dĂ©passĂ© nos clivages linguistiques habituels. Certes l’accident a eu lieu Ă Hal en territoire flamand, mais l’un des deux trains venait de Wallonie et devait rejoindre Bruxelles, la majoritĂ© des victimes sont d’ailleurs des francophones.
 Alors, bein sĂ»r, on aurait pu imaginer une cĂ©rĂ©monie Ă Hal. Cela a du sens d’ĂŞtre au plus près de la catastrophe.  En raison des lois linguistiques il aurait fallu  l’organiser en NĂ©erlandais et exclusivement en NĂ©erlandais. On y aurait entendu le bourgmestre, le gouverneur, peut ĂŞtre le ministre prĂ©sident flamand Kris Peeters. Cela aurait Ă©tĂ© une faute de goĂ»t. Pour une fois on peut se fĂ©liciter qu’elle ait Ă©tĂ© Ă©vitĂ©e.