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Michel Daerden et le délateur anonyme ou le ministre mis sous pression

Par Fabrice Grosfilley dans affaires, ps , le 2 mars 2010 12h03 | 4 commentaires

BELGIUM POLITICS CHAMBER PLENARY SESSION

C’est un Ă©trange dossier arrivĂ© dans une sĂ©rie de rĂ©daction hier. Avec une question essentielle : qui est l’expĂ©diteur anonyme ? A l’Ă©vidence quelqu’un qui connaĂ®t le droit, il cite plusieurs articles du code pĂ©nal. A l’Ă©vidence aussi, quelqu’un qui connaĂ®t bien la sociĂ©tĂ© DC&Co, l’ancien cabinet de rĂ©viseur de Michel et FrĂ©dĂ©ric Daerden. A l’Ă©vidence aussi quelqu’un qui n’est pas un fan de Michel.

 La conclusion de l’expĂ©diteur est sans appel : il dĂ©crit ce qu’il appelle « l’organisation Daerden » comme « une machine puissante, performante et extrĂŞmement sophistiquĂ©e dont l’opacitĂ© semble ĂŞtre un instrument, et la rĂ©sistance, une technique procĂ©durale permettant de faire remonter des dividendes subsĂ©quents. »

 Le dĂ©nonciateur anonyme affirme que les dividendes s’Ă©lèveraient Ă  700 000 euros par an et que ce sont bien les Daerden père et fils qui en profiteraient.

 Dès hier soir  Michel Daerden a réagi bien sûr, sous forme de communiqué :

« J’apprends avec surprise qu’un dossier anonyme me concernant a Ă©tĂ© diffusĂ©. Une compilation arbitraire de documents anciens qui n’a visiblement qu’un objectif : salir mon image, mon travail et mon honorabilitĂ©. Cette technique de “corbeau” est tout bonnement scandaleuse et  indigne de notre dĂ©mocratie. J’ai dĂ©cidĂ© de porter plainte contre X pour diffamation et calomnie. »

 Ce matin, il faut rester prudent. Ce n’est pas parce ce qu’un dĂ©nonciateur anonyme l’affirme que Michel Daerden est forcĂ©ment coupable. Ce n’est pas parce que le dossier est Ă©pais et semble bien ficelĂ© qu’il dit forcĂ©ment la vĂ©ritĂ©. Concernant ces activitĂ©s de rĂ©viseurs, la justice a ouvert une information, elle n’a pour l’instant inculpĂ© personne, et l’affaire n’est d’ailleurs pas encore mise Ă  l’instruction.

 C’est surement d’ailleurs ce qui a incitĂ© le dĂ©nonciateur Ă  faire marcher sa photocopieuse. Ces 300 pages avaient dĂ©jĂ  Ă©tĂ© transmises Ă  la justice. Les faire parvenir Ă  des journalistes, cela a Ă©videmment pour but de faire pression. Pression sur le parti socialiste et sur son comitĂ© de dĂ©ontologie, qui s’est saisi du dossier et dont on attend les conclusions. Pression peut ĂŞtre aussi, et c’est plus grave, sur la justice qui se retrouve ce matin un peu prise de vitesse. Quelque soit la qualitĂ© de l’accusateur, la Belgique est un Ă©tat de droit et une instruction se fait Ă  charge et Ă  dĂ©charge.

 VoilĂ   pour l’aspect « enquĂŞte ». Il y a un deuxième niveau de lecture, c’est un niveau politique.

 Avez-vous entendu Michel Daerden parler des pensions ? Non. Et pourtant c’est bien sur ce dossier lĂ  qu’on attendait le ministre Daerden. Ces dernières semaines, ses services ont remis au groupe de travail de la confĂ©rence nationale sur les pensions un projet de livre blanc, sur un sujet crucial : comment financer nos retraites sans mettre la sĂ©curitĂ© sociale en pĂ©ril ? 365 pages, soit  une par jour de l’annĂ©e. Lorsque Marie Arena, qui a aussi Ă©tĂ© ministre des pensions, avait lancĂ© une table ronde sur les pensions, avec les syndicats, les patrons, les reprĂ©sentants de la sĂ©cu et ceux des pensionnĂ©s, il y avait eu une foule de camĂ©ras. C’est un sujet qui interpelle tout le monde. Avec Michel Daerden : rien.

 La première rĂ©union annoncĂ©e pour le 19 fĂ©vrier a Ă©tĂ© annulĂ©e faute de combattants. La seconde s’est tenue la semaine dernière Ă  l’Ă©cart de la presse. Comme si Michel Daerden Ă©tait tellement engluĂ© dans les affaires qu’il n’arrivait plus Ă  rebondir. J’avais Ă©crit il y a quelques semaines que l’image (j’avais employĂ© le terme de « marque ») de Michel Daerden lui Ă©chappait dĂ©sormais. Mais gouverner ce n’est pas que de l’image : il faut aussi conserver une capacitĂ© d’action. Elu atypique, sympathique par certains cĂ´tĂ©s, Michel Daerden reste un recordman des voix de prĂ©fĂ©rence. Cela ne suffit pas, et l’atmosphère polĂ©mique qui l’entoure ne lui permet plus, ces jours ci, d’ĂŞtre un ministre efficace.


 

 UPDATE Ă  16H50 : Cet après-midi, la commission des affaires sociales interrogeait le ministre des pensions. Devant par la presse Michel Daerden a rĂ©pĂ©tĂ© tout le mal qu’il pensait de ce courrier. Il n’a pas rĂ©pondu aux questions sur le fond du dossier. En cours de sĂ©ance Ecolo et Groen ont quittĂ© la salle : les partis Ă©cologistes demandent une “clarification”. Ce matin le premier minsitre Yves Leterme a indiquĂ© que le dossier, qu’il a Ă©galement reçu, Ă©tait consistant - ce sont ses termes- et qu’il l’avait transmis Ă  la justice. Mais le premier a Ă©galement ajoutĂ© qu’aucun changement n’interviendrait au gouvernement fĂ©dĂ©ral sur base d’un document anonyme.

Le MR entérine le demi pas de coté

Par Fabrice Grosfilley dans affaires , le 19 janvier 2010 15h01 | Ajouter un commentaire

C’est une information restĂ©e coincĂ©e entre la dĂ©solation en HaĂŻti, les nouvelles rĂ©vĂ©lations sur le cabinet Daerden et la nomination de Monseigneur Leonard Ă  l’archevĂŞchĂ© de Malines-Bruxelles, passĂ©e presque inaperçue. Hier le conseil de conciliation et d’arbitrage du mouvement rĂ©formateur Ă©tudiait la situation Ă  Dinant. Ce conseil qui est un peu l’instance de dĂ©ontologie du MR a donc « pris acte » de la dĂ©cision de Richard Fournaux.

Quelle est cette dĂ©cision : d’abord se mettre en congĂ©s de ses responsabilitĂ©s politiques : cela veut dire en clair qu’il n’est plus  vice-prĂ©sident du MCC. Si on voulait ĂŞtre mĂ©chant on dirait que nous sommes dĂ©jĂ  bien heureux d’apprendre qu’il y avait des vice-prĂ©sidents au MCC.

Deuxième engagement ne plus avoir de contacts avec la justice. Normal puisque Richard Fournaux est poursuivi en justice. Il ne pourra donc plus présider le conseil de la zone de police.

3ième dĂ©cision : ne plus s’exprimer sur sa situation judiciaire. C’est dĂ©sormais Ă  ses avocats de le faire.

Le conseil de conciliation et d’arbitrage a donc pris acte, ce qu’on peut traduire par prendre bonne note et se satisfaire de la chose, sans en demander plus.

A titre de comparaison le premier Ă©chevin de Dinant, Robert Closet a lui du dĂ©missionner du conseil communal. Alors deux points deux mesures ? Le communiquĂ© du MR donne la rĂ©ponse, puisqu’il indique que le fameux conseil, prĂ©sidĂ© par AndrĂ© Bertouille et antoinette Spaak a aussi « pris bonne note des dĂ©nĂ©gations du Bourgmestre de Dinant, qui rĂ©fute toute responsabilitĂ© pĂ©nale dans ce dossier ». En clair puisque Richard Fournaux nie avoir commis une quelconque irrĂ©gularitĂ© la prĂ©somption d’innocence joue en sa faveur. 

Mine de rien ce n’est pas anodin. Depuis le dĂ©ferlement des affaires  Ă  charleroi on attend des Ă©lus qu’ils soient Ă©videmment irrĂ©prochables. Certes Ă  Dinant il ne s’agit pas d’enrichissement personnel. A ce stade ce qui est reprochĂ© Ă  Richard Fournaux c’est un faux en Ă©criture. Mais  au terme d’une instruction en cours depuis près de 10ans la justice estime avoir suffisamment d’Ă©lĂ©ments pour poursuivre  Richard Fournaux, ce n’est pas rien. Si on peut donc, tout Ă  fiat lĂ©galement ĂŞtre renvoyĂ© en correctionnelle et rester sĂ©nateur-bourgmestre, le MR perd lĂ  l’avantage sur un terrain qui lui Ă©tait très favorable ces dernières annĂ©es.  Il est difficile d’imaginer que le « cas Fournaux » ne devienne très rapidement un argument contre les reproches, fondĂ©s ou non, que les rĂ©formateurs pourraient adresser aux membres d’autres partis.

Fournaux et le pas de côté : quel impact réel ?

Par Fabrice Grosfilley dans affaires, mr , le 14 janvier 2010 18h01 | Ajouter un commentaire

Richard Fournaux a annoncĂ© ce jeudi matin qu’il se met dĂ©sormais en  congĂ© de ses responsabilitĂ©s politiques au sein du MR et du MCC, aux niveaux local, provincial et rĂ©gional. Il fait de mĂŞme en ce qui concerne sa vice-prĂ©sidence du MCC. Il ne dĂ©missionne cependant pas de sa fonction de bourgmestre.

Le bourgmestre de Dinant a toutefois prĂ©cisĂ© que dans le cadre de ses fonctions, il s’abstiendra de tout contact personnel avec les autoritĂ©s judiciaires. Par consĂ©quent, il procĂ©dera aux dĂ©lĂ©gations qui s’imposent, dans le respect strict de la loi, ce qui signifie en clair qu’il ne devrait plus prĂ©sider le conseil de police. Enfin, le bourgmestre dinantais a annoncĂ© qu’il ne communiquera Ă  l’avenir plus sur le dossier du casino de Dinant. Ce sont ses avocats, Me Remy et Causin, qui s’en chargeront dorĂ©navant.

 

Ce matin, devant les journalistes Richard Fournaux refusait tout interview. Histoire d’Ă©viter cette question dĂ©rangeante sans doute : dĂ©missionner de la vice-prĂ©sidence du MCC n’est-ce pas un peu peu ? Toute l’ambiguitĂ© rĂ©side dans l’expression “se mettre en congès de ses fonctions politiques”.  A ce stade toute les interprĂ©tations sont possibles, y compris imaginer que Richard Fournaux aille Ă  l’avenir sièger avec Anne-Marie Lizin sur le banc des sĂ©nateurs indĂ©pendants. A ce stade le conseil de vigilance du MR  prĂ©vu lundi prochain est maintenu… il n’est pas exclu que ce soit Ă  ce moment lĂ  que l’on en apprenne plus sur les consĂ©quences concretes d’une dĂ©cision prise Ă  la demande de la prĂ©sidence du mouvement rĂ©formateur.

Patrick Avril : un arrĂŞt maladie politiquement correct

Par Fabrice Grosfilley dans affaires, ps , le 4 novembre 2009 10h11 | 2 commentaires

Ne parlez pas de dĂ©mission. Si Patrick Avril fait un pas de cĂ´tĂ© c’est pour raison de santĂ©. Le bourgmestre de Saint Nicolas l’a annoncĂ© lui mĂŞme hier soir aux alentours de 19 heures. « affectĂ© par la dĂ©cision du tribunal je ne suis pas en mesure d’exercer mon mandat dans l’immĂ©diat » prĂ©cise son communiquĂ©. «  Je dĂ©signerai tout prochaine un Ă©chevin faisant fonction de bourgmestre » C’est donc pour des raisons mĂ©dicales que le bourgmestre s’efface. Il est couvert par un certificat prĂ©cise mĂŞme l’agence. Alors bien sĂ»r on peut imaginer que se faire condamner Ă  un an de prison avec sursis et Ă  5 ans d’innĂ©gibilitĂ©  cela peut toucher votre moral et qu’il vous faille un peu de temps pour vous remettre. Dur dur, d’autant plus que Patrick Avril conteste la validitĂ© de l’enquĂŞte menĂ©e contre lui, sans juge d’instruction, et Ă©voque un « égorgement politique ». Hier matin lorsqu’il a appris la nouvelle Patrick Avril ne parlait pourtant pas d’une dĂ©mission. Au contraire il annonçait aux journalistes prĂ©sents Ă  l’audience qu’il allait se battre et faire appel. Hier midi encore le prĂ©sident de la fĂ©dĂ©ration liĂ©geoise du PS Willy Demeyer restait très prudent annonçant simplement qu’il allait « étudier de manière approfondie  le jugement » et rencontrer Patrick Avril sans les prochains jours. Rester bourgmestre alors qu’on est condamnĂ©, cela Ă©videmment allait finir par faire jaser. Au PS certains Ă©lus Ă  Charleroi ou Ă  Huy  ont Ă©tĂ© dĂ©mis de leurs fonctions alors qu’ils n’Ă©taient mĂŞme pas inculpĂ©s, Patrick Avril, condamnĂ© allait il pouvoir se maintenir ?  Question d’autant plus sensible que le PS vient encore de renforcer ses règles internes pour sanctionner les Ă©lus qui dĂ©rivent, c’Ă©tait lors d’un congrès le 11 octobre, il y a juste 3 semaines. Hier la plupart des rĂ©dactions ont tentĂ© de joindre le prĂ©sident du PS Elio Di Rupo pour recueillir ses commentaires… n’y avait§il pas un certain dĂ©calage entre le discours et la pratique ?  Pas de rĂ©action puisque le prĂ©sident du PS Ă©tait Ă  l’Ă©tranger. La rĂ©alitĂ© c’est que la position de Patrick Avril Ă©tait intenable. Le certificat mĂ©dical permet donc une sortie dans l’honneur.

update du 5 novembre : contrairement  Ă  ce que j’ai indiquĂ© dans une première version du texte Patrick Avril n’est plus  Ă©lu au parlement wallon, il ne s’Ă©tait pas prĂ©sentĂ© en juin dernier.

Voyage ministériel à Rome : un airbus à prix canon

Par Fabrice Grosfilley dans affaires , le 12 octobre 2009 10h10 | 9 commentaires

VATICAN CANONISATION MASS SAINT DAMIENCe qui motive la polĂ©mique  n’est pas tant le nombre de ministres qui se sont dĂ©placĂ©s, ni mĂŞme leur couleur politique (Ă  l’exception des libĂ©raux Patrick Dewael et Armand  De Decker, prĂ©sidents de la chambre et du sĂ©nat, il n’y avait que des centristes)  mais l’utilisation de deux  avions de la dĂ©fense pour rallier la cĂ©rĂ©monie. Le premier un « embraer », petit avion, 40 places, avec Ă  son bord le roi la reine, et  2 ministres est parti vendredi. L’avion a dĂ©posĂ© ses passagers puis est rentrĂ©e directement sur Bruxelles. Le deuxième appareil est l’airbus A 310, l’avion qui sert d’habitude aux grands dĂ©placements officiels, d’une capacitĂ© d’environ  200 places. LĂ , Ă  nord,  il y a avait 7 ministres (Hermann Van Rompuy, JoĂ«lle Milquet, Melchior Wathelet et Guy Vanhenguel  étaient dans cet appareil. Ajoutez un dizaine de parlementaire, essentiellement du CDnV et une poignĂ©e de journalistes, vous arrivez Ă  environ 30 personnes. D’oĂą cette question :  est-il nĂ©cessaire de faire voler un airbus de 200 places pour seulement 30 passagers ? Plusieurs Ă©lĂ©ments de rĂ©ponse : au retour l’avion Ă©tait un peu plus rempli, puisqu’il a ramenĂ© Ă  la fois le couple royal et les ministres. C’est que le porte parole  d’ Herman Van Rompuy a appelĂ© du « flypooling », de l’avion partagĂ© en bon français. Ensuite, cela a Ă©vitĂ© de laisser l’embraer et son Ă©quipage sur place pendant 3 jours. L’airbus Ă©tait donc un peu plus rempli au retour,  c’est vrai, mais toujours  très loin de sa capacitĂ© maximale. Il aurait sans doute Ă©tĂ© beaucoup plus Ă©cologique et Ă©conomique de faire voler deux « embraer », donc deux petits avions, quitte Ă  refuser d’embarquer quelques parlementaires ou quelques journalistes. Au total ce voyage Ă  Rome devrait avoir coĂ»tĂ© entre 40 et 50 000 euros, Ă  peu près 1000 euros par personne transportĂ©. Evidemment cela aurait Ă©tĂ© beaucoup moins cher en ligne commerciale. Il y a derrière ce choix une question de prestige : on voit mal le roi ou le premier se rendre Ă  un Ă©vĂ©nement officiel en classe Ă©conomique. Il y a aussi une question pratique : avoir son propre avion cela permet de partir au dernier moment et de rentrer dès qu’on le souhaite, en l’occurrence dès la fin de la cĂ©rĂ©monie. Quand on est en plein conclave budgĂ©taire c’est Ă©videmment important.  Recadrons la polĂ©mique : 50 000 euros par rapport au  75 milliards que reprĂ©sentent le budget de l’Ă©tat c’est Ă©videmment une broutille. Et puis rappelons que s’il n’avait pas volĂ© l’airbus serait restĂ© stationnĂ© Ă  Merlsbroeck, mais prĂŞt Ă  dĂ©coller,, puisqu’il aurait servi d’appareil de secours. Pour la petite histoire cet airbus A310 a sans doute effectuĂ© ce week end l’un de ses derniers vols.  Car le comble de notre airbus, c’est que non seulement il coĂ»te cher, mais qu’en plus il tombe souvent en panne. .A la fin du mois il sera donc  remplacĂ© par un A330, un avion encore un peu plus grand,  qui sera louĂ© et non pas achetĂ© par la dĂ©fense, pour des raisons d’Ă©conomies. A l’avenir le roi et les ministres voleront donc, dans un avion d’occasion. ..mais pour aller Ă  Rome ou ailleurs, il n’y aura pas de miracle : ce ne sera pas meilleur marchĂ©.

Bonne gouvernance : un modèle wallon ?

Par Fabrice Grosfilley dans affaires, wallonie , le 1 octobre 2009 08h10 | Un commentaire>

Les fameuses « indemnitĂ©s spĂ©ciales », ces complĂ©ments de salaires qui sont versĂ©s aux prĂ©sidents d’assemblĂ©e, prĂ©sident de commission, chef de groupes, membre du bureau du parlement, etc. sont de nouveau dans le collimateur.  Vous vous souvenez que le parlement wallon et le parlement de la communautĂ© française, il y a maintenant deux semaines ont  dĂ©cidĂ© de diminuer drastiquement ces indemnitĂ©s. Pour faire court les indemnitĂ©s spĂ©ciales ont Ă©tĂ© divisĂ©es par deux. Le prĂ©sident d’un parlement rĂ©gional, celui qui est tout en haut de la pyramide, touche dĂ©sormais 12 000 euros bruts. C’est le salaire d’un ministre, alors qu’avant les prĂ©sidents d’assemblĂ©e, n’Ă©taient pas très loin des 20 000 euros c’est Ă  dire  le salaire du premier ministre. Ce n’est pas totalement illogique puisque dans notre système dĂ©mocratique, les dĂ©putĂ©s sont censĂ©s contrĂ´ler les ministres.  Un dĂ©putĂ© de base  touche un peu plus de 6000 euros bruts. Cela peut paraĂ®tre beaucoup, cela ne l’est pas tant que ça si on considère que ces dĂ©putĂ©s ont des responsabilitĂ©s importantes, qu’ils doivent ĂŞtre Ă  l’abri des pressions ou quand on compare leur revenu avec des salaires de manager dans des entreprises privĂ©es ou celui de certains entraineurs d’Ă©quipes de foot plus au moins talentueuses.

  Dans les autres mesures d’Ă©conomies dĂ©cidĂ©es par les bureaux du parlement wallon et du parlement de la communautĂ© française, on avait diminuĂ© le nombre de voiture avec chauffeur, et rogner sur les primes de sorties lorsqu’un membre du bureau quittait l’assemblĂ©e. Bref les parlementaires du sud avaient dĂ©cidĂ©s de montrer l’exemple.  Et ca marche :les flamands envisagent dĂ©sormais de copier les wallons. Depuis hier, la question est Ă©galement posĂ©e au parlement fĂ©dĂ©ral. A la chambre et au sĂ©nat on envisage donc de revoir les règlements.  D’après le journal Le soir le prĂ©sident de la chambre, Patrick Dewael a  ainsi annoncĂ© hier en confĂ©rence des prĂ©sidents qu’il allait Ă©tudier le système mis en place au parlement wallon.

Etudier, ce qui ne veut pas dire trancher. Pour  l’instant il y a donc un modèle wallon.

Des ondes positives dont le gouvernement va aussi essayer de profiter. Les gouvernements wallons et de la communauté française doivent adopter ce midi des mesures de bonne gouvernance. Dommage que les affaires de mauvaise gestion dans les logements sociaux viennent gâcher le tableau.

Le prépensionné et les rénovateurs

Par Fabrice Grosfilley dans affaires, decryptage, ps , le 3 août 2009 12h08 | 4 commentaires

daerden-federalIl n’y a pas de hasards en politique. L’annonce d’un contact entre le nouveau cabinet de Michel Daerden et Didier Donfut ne doit donc rien Ă  la distraction. L’idĂ©e de Michel, relayĂ©e par le journal La Province, dont vous n’ignorez pas qu’il s’agit de l’Ă©dition du groupe Sud Presse de la rĂ©gion montoise,  serait de donner Ă  Didier une mission de consultance. On attend des prĂ©cisions : Donfut est un expert de l’énergie alors que le cabinet Daerden s’occupe de pensions et d’intĂ©gration sociale.  Surtout, le passĂ© rĂ©cent de Didider Donfut n’a pas pu Ă©chapper au ministre Daerden. A ce stade rien n’est  encore fait. Michel Daerden en vacances Ă  l’étranger ne peut pas donner de dĂ©tails, et son porte parole indique bien qu’il n’ya pas encore de contrat signĂ©. On va donc attendre.

Mais on peut oser une interprétation :  Michel Daerden, se sentant écarté au fédéral a trouvé là un moyen de manifester sa mauvaise humeur. Après avoir accompagné Elio dans ses difficultés carolo et affiché en maintes circonstances son soutien, après avoir fait le plein des voix et estimant ainsi avoir apporté son concours au score plus qu’honorable du PS lors des élections régionales, Daerden  ne décolère pas :  pour lui, gérer les pensions ressemble à la prépension. En indiquant qu’il pourrait travailler avec Didier Donfut Papa envoie donc un signal très clair : il pourrait quitter le « camp des rénovateurs », et entrer en résistance. Comme de l’autre côté on prête à  Elio Di Rupo  la tentation de pousser son avantage en poursuivant la rénovation, le bras de fer pourrait devenir inévitable…et Didier Donfut être un premier avertissement.

Les affaires marquent la campagne

Par Fabrice Grosfilley dans affaires , le 26 mai 2009 12h05 | Comments Off

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Le scrutin du 7 juin  risque d’ĂŞtre fortement marquĂ© par les affaires. C’est ce qui ressort d’un sondage Belga E-Poll pour RTL que vous trouverez ci-dessous. Plus d’un Ă©lecteur sur deux estime que les affaires influenceront son vote, et 42% des personnes interrogĂ©es disent ne plus avoir confiance dans les mandataires politiques, mĂŞme quand ils ne sont pas impliquĂ©s dans les affaires. Notez enfin que 6 Ă©lecteurs sur 10 souhaiteraient le passage Ă  un scrutin majoritaire pour rendre la dĂ©mocratie plus “lisible”.  Le sondage e a Ă©tĂ© rĂ©alisé sur internet entre les 21 et 24 mai sur un Ă©chantillon de 1000 personnes. La marge d’erreur est 3,¨1%.  Elections
Quelle devrait être la priorité des prochains gouvernements régionaux et communautaire ? l’économie et l’emploi % 67,9%
l’état des routes et les transports en commun % 5,3%
la transparence et l’éthique des élus % 10,5%
l’environnement, le cadre de vie % 9,7%
l’organisation de l’enseignement % 6,5%
Total n 1000
       
Elections
Je garde ma confiance dans les mandataires politiques qui ne sont pas impliqués dans les affaires récentes Oui % 38,4%
Non % 42,8%
Sans opinion % 18,8%
Total n 1000
       
Elections
Je souhaite qu’on remplace le système actuel du scrutin proportionnel par un système de scrutin majoritaire pour désigner clairement le vainqueur des élections. Oui % 64,0%
Non % 17,9%
Sans opinion % 18,1%
Total n 1000
       
Elections
Les affaires récentes visant des élus influenceront mon vote le 7 juin. Oui % 54,7%
Non % 34,8%
Sans opinion % 10,5%
Total n 1000
       
Elections
Je souhaite que la majorité qui dirige ma région change après le 7 juin. Oui % 54,7%
Non % 20,3%
Sans opinion % 25,0%
Total n 1000
       
Elections
Les dernières semaines ma confiance dans la politique en gĂ©nĂ©ral …

Consultant-ministre : indĂ©fendable… Ă  donf

Par Fabrice Grosfilley dans affaires, ps , le 12 mai 2009 21h05 | 2 commentaires

dd3C’est dĂ©sormais une règle non-Ă©crite. En Belgique il n’y a pas de campagne Ă©lectorale sans une bonne affaire. Après la saga de Charleroi aux communales, voici donc l’affaire Donfut, ce  ministre wallon de la santĂ© qui, «  sur le cĂ´té »,  avait le temps d’être consultant. L’affaire Ă  la une de la Libre Belgique hier matin, n’aura donc pas trainĂ©. Le ministre n’est plus ministre. RĂ©action rapide, Didier Donfut a prĂ©fĂ©rĂ© s’éclipser. Celui qui venait de crĂ©er un groupe “Ă  donf” sur facebook ne fera mĂŞme pas campagne et abandonne sa 3ième place sur la liste rĂ©gionale. Dans son communiquĂ© il indique sa “lassitude face Ă  des attaques injustes et rĂ©pĂ©tĂ©es” et affirme que son activitĂ© de consultant s’exerçait “en parfaite lĂ©galitĂ©“.

C’est tout Ă  fait possible. Mais ce qui est lĂ©gal n’est pas forcĂ©ment juste. C’est vrai  il existe de très nombreux parlementaire qui sont en mĂŞme temps mĂ©decins, avocats, profs d’unif, rĂ©viseurs ou consultants. Cela devrait ĂŞtre embarrassant. Quand on devient membre d’un gouvernement c’est intenable. Ministre est un job Ă  plein temps. Le salaire qu’on perçoit pour cette fonction, mĂŞme s’il est infĂ©rieur Ă  ce que touchent de nombreux chefs d’entreprises, permet de vivre très correctement. Et mĂŞme s’il n’est pas lĂ©galement interdit d’avoir des activitĂ©s privĂ©es quand on entre dans un Ă©xecutif, on ne peut pas avoir un boulot et deux salaires. Ethiquement impossible. Didier Donfut avait le devoir de s’en rendre compte. Son parti qui a tant claironnĂ© sa volontĂ© de vouloir des affaires du passĂ© faire table rase,  se retrouve de nouveau empĂ©trĂ©. C’est contrariant pour le PS, c’est grave pour tous ceux qui voudraient dĂ©fendre la dĂ©mocratie et ses vertus. 

 

Mardi après-midi les stratèges socialistes ont donc du se retrouver face à un beau dilemme. Il y était sans doute moins question de morale  que de tactique : démissionner, c’est implicitement reconnaître les faits et battre en retraite, sans pouvoir se défendre. S’accrocher, avoir la garantie que la question reviendrait comme un leitmotiv tout au long des 4 semaines qui reste.  A 14H33 la question était tranchée : envoi d’un email du cabinet Donfut vers les rédactions. 4 minutes plus tard le même texte est expédié depuis l’adresse mail du service de presse du parti socialiste, histoire de s’assurer que toutes les rédactions l’avaient bien reçu (au passage on notera que  Catherine Fonck n’est pas dans cette mailing liste puisque 40 minutes plus tard elle sortait un communiqué où elle sommait Didier Donfut, élu de Frameries comme elle, de « choisir »).

 

 

Les observateurs noteront encore que dans la presse d’hier matin il y avait une autre « affaire.. Celle du CPAS de Schaerbeek. Un CPAS soupçonné de donner des conseils pour gonfler les allocations sociales en contournant la loi. Sur le fond c’est tout aussi éthiquement indéfendable. Avec une différence, l’intervention de la présidente écolo du CPAS n’est pas avérée. Et sa notoriété, elle ne nous en voudra pas, nettement inférieure à celle de Didier Donfut. Il n’empêche : affaire contre affaire la campagne s’est emballée.

 

De quoi se plaint-on  alors ? Cette campagne manquait de visibilité : elle est désormais en première page. Elle manquait de rythme, elle est désormais pleine de rebondissement. Elle était morne, elle est désormais pleine de passion. Une belle campagne en somme…