Autre
C’est la ministre de l’intĂ©rieur Annemie Turtelboom qui l’a annoncĂ© hier en commission Ă la chambre. Pour les prochaines Ă©lections, les communes qui sont dĂ©jĂ passĂ©es au vote Ă©lectronique vont avoir le choix : soit elles gardent le système des machines Ă voter et de l’urne Ă©lectronique, mais alors elles doivent payer elles-mĂŞmes la remise Ă niveau des machines , soit elles font machine arrière et en reviennent au vote papier.
Pour comprendre ce qui se passe petit rappel. Le vote Ă©lectronique a Ă©tĂ© introduit en 1991. Il s’est peu Ă peu Ă©tendu. Aujourd’hui cette procĂ©dure concerne 4 Ă©lecteurs sur 10 et un peu plus de 3 millions de citoyens. Tous les bruxellois votent Ă©lectroniquement, et le système est Ă©galement gĂ©nĂ©ralisĂ© dans l’ensemble des provinces flamandes oĂą il concerne plus d’un Ă©lecteur sur 2. Les wallons ont en revanche Ă©tĂ© beaucoup plus frileux : le vote Ă©lectronique est d’ application en province de Liège, mais seulement dans une commune du Luxembourg (Durbuy) et dans 3 communes du Hainaut, (Frasne-les-Anvaing, Lens et Jurbize).
Dans toutes ces communes on vote donc avec des ordinateurs qui ont plus de dix ans. Les machines ont bien Ă©tĂ© mises Ă jour en 2006 et en 2007, mais le contrat de maintenance s’est achevĂ© en 2008.
Depuis plus rien, le gouvernement fĂ©dĂ©ral a fait rĂ©aliser des Ă©tudes et lancĂ© un appel d’offre. L’entreprise qui reprendra ce contrat n’a pas encore Ă©tĂ© choisie, pire on n’est mĂŞme pas sur que le dĂ©partement de l’intĂ©rieur ait un budget suffisant pour cela. Si on vote demain les communes qui optent pour le vote Ă©lectronique devront donc procĂ©der elles-mĂŞme au contrĂ´le des ordinateurs et Ă leur Ă©ventuel remise Ă niveau. Du coup (du coĂ»t ?)  il n’est pas impossible que certaines localitĂ©s prĂ©fèrent revenir au vote papier. C’est vrai pour les prochaines Ă©lections lĂ©gislatives, cela pourrait ĂŞtre vrai aussi pour les communales de 2012. Pourquoi ces investissements ont-ils tardĂ©s ? Parce que le vote Ă©lectronique est rĂ©gulièrement remis en cause. Grace Ă lui le dĂ©pouillement est beaucoup plus rapide c’est vrai. On peut connaĂ®tre les rĂ©sultats d’un scrutin  en quelques dizaines de minutes, alors qu’avec le dĂ©pouillement du vote papier il faut compter plusieurs heures. En revanche le vote Ă©lectronique n’est pas transparent : personne ne sait ce qui se passer Ă l’intĂ©rieur de la machine. Le citoyen doit faire confiance Ă l’informaticien et je vous renvoie vers l’association Pour EVA pour vous convaincre que cela pose question. L’une des pistes rĂ©gulièrement mise en avant serait de coupler le vote Ă©lectronique et le vote papier avec un système de double vote : après son passage par la machine Ă vote l’Ă©lecteur recevrait un ticket oĂą il pourrait visualiser et donc contrĂ´ler son vote. Si le rĂ©sultat est contestĂ©, on pourrait alors recompter les votes « ticket » pour vĂ©rifier que la machine a transmis un rĂ©sultat correct. Derrière ces questions il y a aussi une question d’argent. DĂ©pouiller un vote papier coute un euro 50. GĂ©rer un vote Ă©lectronique coute plus de  4 euros. Si l’on veut opter pour un système mixte avec Ă la fois le vote Ă©lectronique et un système de ticket de contrĂ´le l’addition monte Ă 13 euros. Ajoutons que l’organisation des scrutins tantĂ´t par le fĂ©dĂ©ral, tantĂ´t par les rĂ©gions ne simplifie rien.
Le texte de l’accord de  gouvernement wallon , nĂ©gociĂ© l’Ă©tĂ© dernier indiquait d’ailleurs assez clairement que le gouvernement Demotte favoriserait le maintien du vote traditionnel en Wallonie. A Bruxelles, les partis de l’olivier arrivait Ă la mĂŞme conclusion, mais la formulait avec un peu plus de prudence ( en gros l’accord indique qu’il faut amĂ©liorer le contrĂ´le du citoyen sur le vote Ă©lectronique ou revenir au vote papier). Finalement c’est une question d’argent qui va trancher le dĂ©bat. En politique on appellerait cela le principe de rĂ©alitĂ©. En informatique, on appelle ça un bug.
Vous avez Ă©tĂ© très nombreux Ă regarder la vidĂ©o oĂą Xavier Bertrand, prĂ©sident de l’UMP s’en prenait avec une rĂ©elle agressivitĂ© Ă un journaliste du dĂ©sormais cĂ©lèbre “Courrier Picard” (si vous ne connaissez pas cette affaire, je l’Ă©voquais ici)
Pour Ă©clairer un peu les dessous de l’affaire vous pouvez lire cet article du Courrier, le journal en question, et l’Ă©dito de son rĂ©dacteur en chef. Vous y verrez que le journal dĂ©ment avoir eu un comportement indĂ©licat envers l’actuel maire de Saint Quentin et ses problèmes de santĂ© comme l’affirmait Xavier Bertrand.
L’affaire a maintenant fait le tour des rĂ©dactions, et certains confrères en France se demandent si elle n’est pas exemplaire d’un certain malaise dans les relations entre les “poids lourds politiques de province” et les journaux locaux de leurs fiefs respectifs. Explication : il y a plusieurs quotidien rĂ©gionaux Ă Saint Questin, le “courrier picard” Ă©tant prĂ©sentĂ© comme celui qui serait le moins favorable Ă la majoritĂ© municipale, Nicolas TotĂ© aurait donc “payĂ©” pour un positionnement trop “poil Ă gratter” vis Ă vis du pouvoir local, c’est l’analyse que vous trouverez dans des articles de l’express et du site lepost.fr.
Sur le site de l’UMP je n’ai pour l’instant pas trouvĂ© de rĂ©action Ă l’incident. Xavier Bertrand aurait peut ĂŞtre intĂ©rĂŞt Ă le faire : la polĂ©mique enfle sur le net. L’occasion de nous poser la question : les rapports entre les politiques et la presse locale sont-ils si diffĂ©rents en Belgique ?
Je sacrifie au buzz du jour (merci Michel Geyer) en reproduisant la video ci-dessous. Vous y verrez un poids lourd (sans mauvais jeu de mot) de la politique française , Xavier Bertrand, moucher en direct un confrère de la presse Ă©crite. Visiblement il existe un contentieux entre ces deux lĂ , et je ne jugerai pas du fond puisque je ne le connais pas. Mais une remarque : le journaliste ne maĂ®trise abslument pas les codes tĂ©lĂ© : instable, regard fuyant, Ă©nonciation lente et peu rythmĂ©e, son malaise est palpable. Xavier Bertrand va en profiter pour l’atomiser. C’est un Ă©change Ă sens unique, on n’aurait pas aimĂ© ĂŞtre Ă la place du journaliste. Bonne vidĂ©o pour rappeler qu’un interview tĂ©lĂ© cela se prĂ©pare. C’est vrai pour la technique TV et pour le fond du dossier : Ă aucun moment le journaliste n’ a paru en mesure de contrer son interlocuteur.
Ceux qui me suivent un peu savent sans doute que j’ai tenu un premier blog entre 2006 et 2008 dont le titre Ă©tait “rue de la loi”. L’un des avantages du mĂ©dia est de pouvoir garder en ligne vos productions et de vous autoriser un travail de mĂ©moire. Ce n’est pas anodin pour un journaliste de radio ou de tĂ©lĂ©vision, laisser une trace permet de vĂ©rifier dans le temps la pertinence de vos perceptions. Je me permets donc de vous renvoyer Ă un billet publiĂ© en 2006. Nous Ă©tions en pleine nĂ©gociation pour tenter de sauver VW Forest (l’usine sera finalement reprise par Audi, après un sĂ©rieuse cure d’amaigrissement). Sans verser dans l’auto-satisfaction (c’est le cas de l’Ă©crire) je crois que ce billet d’hier peut ĂŞtre relu aujourd’hui : http://ruedelaloi.blogspot.com/2006/11/vw-la-belgique-des-emplois-dhier.html et vous constaterez avec moi que ce que j’Ă©crivais il y a 3 ans Ă propos de VW n’est pas dĂ©menti par ce qui se produit aujourd’hui Ă Opel.
Â
Vous trouverez Ă©galement ici mon rĂ©cit des efforts de Guy Verhofstadt, premier ministre de l’Ă©poque et un constat d’impuissance identique Ă celui que l’on dresse aujourd’hui. J’ai Ă©galement gardĂ© en mĂ©moire les conditions rocambolesques dans lesquelles la direction de VW avait Ă©tĂ© reçue au 16 rue de la loi. C’Ă©tait en 2006, les autoritĂ©s belges avaient dĂ©roulĂ© le tapis rouge devant les actionnaires de VW, ce qui avait, chez moi, provoquĂ© un rĂ©el malaise : rien n’a fondamentalement changĂ©.
C’est un petit peu la mobilisation gĂ©nĂ©rale depuis 2 jours. Nos partis politiques sont Ă l’image de la population qu’ils reprĂ©sentent : eux aussi s’inquiètent pour HaĂŻti.  Cela a commencĂ© par le gouvernement fĂ©dĂ©ral, qui a donc pris la dĂ©cision d’envoyer un avion de la dĂ©fense sur place et qui a dĂ©bloquĂ© les moyens nĂ©cessaires pour l’intervention des sauveteurs de B-FAst. Intervention estimĂ©e Ă un peu plus de 400 000 euros, et coordonnĂ©e par le ministre des affaires Ă©trangères Steven Vanackere. La rĂ©gion wallonne et la communautĂ© française ont aussi dĂ©bloquĂ© une aide d’urgence : 1 200 000 euros, une somme importante. De l’argent qui sera utilisĂ© sur place par les organisations non gouvernementales, comme l’Unicef, la croix rouge ou mĂ©decins sans frontières. Au niveau europĂ©en, Charles Michel, a demandĂ© une rĂ©union des ministres europĂ©ens pour mieux coordonner l’aide.
Â
Ca c’est pour les actes concrets. Il y aussi les termes utilisĂ©s. Dans un communiquĂ© qui date de mercredi midi le premier ministre Yves Leterme disait, au nom du gouvernement son « effroi « face Ă la situation. Le gouvernement wallon Ă©voque « une situation dramatique, un dĂ©sastre », et  le CDH se dit « profondĂ©ment choqué ». Elio Di Rupo a rĂ©digĂ© un petit billet sur son blog oĂą il parle de dĂ©vastation et fait le lien avec le tremblement de terre de la rĂ©gion des Abruzzes en Italie, c’Ă©tait il ya tout juste un an.
Â
Si vous allez ce matin sur les sites internet du Parti Socialiste, du CDH ou d’Ecolo vous verrez que ces 3 partis ont mis en première page des appels aux dons. Ils publient les numĂ©ros des comptes des ONG qui interviennent sur place.
Au mouvement rĂ©formateur, pas d’appel en ligne pour l’instant, mais un communiquĂ© du  chef de groupe libĂ©ral Ă la chambre qui demande que l’aide s’inscrive dans la durĂ©e.
C’est vrai qu’hier Ă la chambre qu’au sĂ©nat, de nombreux parlementaires sont intervenus Ă propos d’HaĂŻti. Au CDH par exemple Georges Dallemagne a plaidĂ© pour la crĂ©ation d’un corps de sauveteurs au niveau europĂ©en.
Au PS AndrĂ© Flahaut propose que les visiteurs du salon de l’auto verse chacun un euro pour HaĂ®ti.
On peut y ajouter beaucoup d’initiatives locales ou individuelles. Il y a des communes par exemple qui ont dĂ©cidĂ© de dĂ©bloquer des fonds. Il ya des Ă©lus qui mettent en place des initiatives pour faire des collectes ou monter des groupes de soutien.
Â
Alors Ă©videment il y a un risque : les hommes et les femmes politiques savent qu’en se manifestant sur HaĂŻti ils peuvent ĂŞtre accusĂ©s de rĂ©cupĂ©ration. Ca c’est la manière nĂ©gative de voir les choses.
La manière positive c’est de se dire que l’Ă©motion face aux images d’HaĂŻti nous gagne tous. Et qu’il est finalement plutĂ´t sain que le monde politique montre lui aussi qu’il n’est pas insensible.
L’installation de Rudy Demotte Ă Tournai sera confirmĂ© officiellement cet après midi par le principal interessĂ©. Le minsitre-prĂ©sident wallon tiendra une confĂ©rence de presse sur place avec Christian Massy, le bourgmestre socialiste de la ville. La nouvelle n’est pas anecdotique : Rudy Demotte Ă©tait en quĂŞte d’un fief communal plus important que la commune de Flobecq. Devenir bourgmestre d’une grande ville permet d’assurer ses arrières en politique et surtout cela vous donne du poids dans les compĂ©titions Ă©lectorales. Rudy Demotte qui assiste Ă la montĂ©e en puisssance de Paul Magnette au sein du PS hennuyer a donc besoin “d’Ă©largir sa base” pour se garantir un avenir politique. Les socialistes tournaisiens se cherchant un nouveau leader, c’Ă©tait une opportunitĂ© qu’il devait logiquement saisir…
« Allez vous faire foutre avec l’éthique », pardonnez moi l’expression, c’est la déclaration de Richard Fournaux à un journaliste de Vers l’Avenir qui lui demandait s’il ne devait pas démissionner de son poste de bourgmestre de Dinant. Déclaration en pleine interview, alors que Richard Fournaux est filmé, et qui s’est donc retrouvée dès hier soir sur internet.
Â
Pourquoi la question d’une démission se pose-t-elle ? Tout simplement parce que Richard Fournaux, inculpé pour faux et usage de faux est renvoyé en correctionnelle dans le fameux dossier du casino de Dinant. Renvoyé en correctionnelle cela ne veut pas dire coupable, mais cela indique que la justice estime avoir suffisamment d’éléments pour organiser un procès. C’est là toute la question : un élu doit il démissionner dès qu’il est mis en cause, alors que ces attaques sont parfois purement politiciennes et sans fondement ? Ou bien faut-il attendre que les procédures judiciaires aillent à leur terme, que la vérité judiciaire soit dite, ce qui peut alors prendre plusieurs années ?
Depuis les affaires de Charleroi, on attend désormais des hommes politiques, tous partis confondus, qu’ils démissionnent dès qu’ils sont inculpés. C’est évidemment plus sain pour la démocratie, quitte à devoir réhabiliter les élus en question quand l’enquête abouti à un non lieu. Philippe Van Cauwenberg pour le PS ou Philippe Sonnet pour le MR ont par exemple très rapidement fait « un pas de côté ». Ils n’étaient qu’échevins et pas sénateur-bourgmestre.
Hier Richard Fournaux a donc clairement expliqué qu’il n’entendait pas se plier à cette nouvelle manière de faire de la politique. Il cite d’ailleurs dans l’interview le cas d’élus mis en cause et finalement blanchis. « Descendre quelqu’un c’est facile » explique-t-il, « le remettre sur un strapontin après c’est une autre affaire. Céder même d’un chouai ce serait reconnaître qu’il ya une faute ou une erreur, il n’y en a pas eu ! » Le sénateur bourgmestre affirme même qu’il est sur que son président de parti ne le forcera pas à faire ce fameux pas de coté.
Fin d’interview Richard Fournaux essaye de corriger sa malheureuse petite phrase :  « je n’ai pas dit qu’il fallait aller se faire foutre dans tous les cas avec l’éthique, je le dis dans mon cas parce que dans mon cas l’éthique c’était de travailler comme on l’a fait. »
Â
Petit rappel concernant cette affaire dont l’instruction remonte à 99 : Richard Fournaux, qui a toujours clamé son innocence, avait annoncé qu’il ne s’opposerait pas à la demande de levée d’immunité parlementaire avant de finalement changer d’avis, et plaider pendant 3 heures avec ses avocats devant la commission justice du sénat pour essayer de convaincre les sénateurs de ne pas permettre la poursuite de la procédure. Fin décembre il a annoncé son intention d’aller en cassation contre la décision de renvoi. Il sous entend à demi-mot que le magistrat chargé de l’affaire ne serait pas neutre. Il y a 15 jours il annonce qu’il démissionne de ses fonctions à la zone de police avant de se raviser une semaine plus tard. Bref Richard Fournaux donne par moment l’impression qu’il fait tout pour ralentir le travail de la justice.
Â
Bien sĂ»r le bourgmestre est aussi connu pour son style (on notera qu’il tutoie le journaliste qui l’interroge) et passe pour un très bon client des mĂ©dias. Mais il ne pouvait pas ignorer qu’une formule aussi lapidaire se retournerait contre son auteur.
Le 18 janvier le conseil de conciliation et d’arbitrage du mouvement réformateur devra examiner l’affaire Fournaux. Le sénateur bourgmestre en accordant cette interview et en utilisant une formule populaire qui reflète son état d’énervement s’est mis dans une position difficile.
Un petit mot pour vous recommander l’édition annuelle de « sois belge et tais-toi ». Si vous lisez ce blog c’est probablement parce que la politique vous intéresse. Ce spectacle, écrit par Baudouin et André Remy et joué par la Compagnie Victor, devrait donc vous convenir. L’intention d’année en année ne change pas : revenir sur les temps forts de la vie politique avec parodie et imitations. Même si il y a toujours quelques moqueries gratuites ou en dessous de la ceinture, et quelques longueurs, surtout dans les chansons, l’édition 2009 a gagné en rythme. Comme ces dernières années Baudouin est impérial en Elio, Nicolas ou Yves. Joël Riguelle campe un Reynders crédible et Joëlle Milquet est plus vraie que nature. Mieux encore, la troupe a trouvé un subterfuge qui lui permet de « zapper » Jean-Michel Javaux , trop difficile à imiter : c’est un nouveau venu qui joue un Jean-Marc Nollet très réussi. Je signale aussi en seconde parti un duel Berlusconi-Sarkozy assez hilarant. Bref, j’y ai passé un bon moment, et je tenais à vous le dire.
Le froid est l’alliĂ© des sans-papiers et des sans-abris. Avec l’arrivĂ©e de la neige et des tempĂ©ratures nĂ©gatives les reportages se multiplient sur les personnes amenĂ©es Ă passer la nuit dehors. Une Ă©motion lĂ©gitime de l’opinion publique entraine nĂ©cessairement une pression sur le politique. Ce mercredi MĂ©decin sans Frontière demandait que l’on respecte la dignitĂ© des migrants en favorisant leur accès aux abris et aux soins de santĂ©.
Message reçu 5/5 par le gouvernement. Yves Leterme, dans un entretien Ă la vrt se dit très touchĂ© par ces images d’enfants en rue  et en appelle Ă la sociĂ©tĂ© belge pour qu’elle fasse “preuve de comprĂ©hension et offre du soutien”. Il indique qu’il va particper dans son quartier Ă l’acceuil de personnes sans abris.
Ce jeudi soir on apprend égalemnt que la famille royale va se montrer solidaire : le chateau de Ciergnon, résidence secondaire du roi, va acceuillir 2 familles de sans-papiers.
C’est ce qui explique que ce dossier soit si passionnel et retienne notre attention depuis maintenant 2 ans et demi. D’un cotĂ© l’idĂ©e que l’Ă©cole doit offrir les mĂŞmes chances Ă tous, qu’on ne peut pas favoriser des Ă©coles Ă 2 vitesses,  conception plutĂ´t dĂ©fendue par le parti socialiste et ecolo. Cette vision Ă©tait Ă la base du dĂ©cret inscription. De l’autre l’idĂ©e que l’Ă©cole c’est un partenariat entre les parents et une Ă©cole donnĂ©e, oĂą parent et Ă©cole se choisissent l’un l’autre. C’est la conception du CDH.
Comment le gouvernement de la communautĂ© française a-t-il conciliĂ© les deux points de vue, je vais ne va pas vous dĂ©tailler tous le processus, c’est trop complexe, mais retenez 2-3 points forts. D’abord la mĂŞme inscription pour tout le monde. Ce sera Ă partir du 8 mars, pour une pĂ©riode de 3 semaines. Plus la peine de faire de files, vous allez dans l’Ă©cole de votre choix, vous remplissez votre formulaire. Ca c’est plutĂ´t pour la vision « mĂŞme chance pour tous ». Lors de cette procĂ©dure il y a un entretien avec le directeur de l’Ă©cole, ou l’on discute pĂ©dagogie, ça c’est plutĂ´t pour la vision « je choisis mon Ă©cole et mon Ă©cole me choisit ».
Dans 90% des cas, il n’y a pas de problème. Pour les 10% d’Ă©coles essentiellement Ă Bruxelles et en Brabant Wallon dans lesquelles  il n’y a pas assez de places, qu’a-t-on prĂ©vu ? D’abord que 20% des places seront rĂ©servĂ©es aux Ă©lèves qui viennent d’Ă©coles qu’on va qualifier de « moins favorisĂ©es », version « tout le monde a ses chances ». Qu’il y aura ensuite des critères de classement des Ă©lèves. Parmi ceux ci la distance entre le domicile et l’Ă©cole, gĂ©ographique, mais aussi le partenariat pĂ©dagogique entre l’Ă©tablissent secondaire et des Ă©coles primaires, version « j’adhère Ă un projet ». Au final c’est donc très complexe, on a quand mĂŞme l’assurance qu’il n’y aura plus ni files ni tirage au sort, mais il y aura toujours des déçus. Est-ce que l’objectif de mixitĂ© sociale, qui est Ă la base du dĂ©cret inscription sera atteint ?  On aura la rĂ©ponse dans quelques annĂ©es. On retiendra pour aujourd’hui que quand deux philosophies s’affrontent c’est effectivement très difficile de trouver un compromis qui soit opĂ©rationnel sur le terrain. Le choix c’Ă©tait soit ne toucher Ă rien, et laisser les inĂ©galitĂ©s perdurer, soit changer le système est retirer aux parents d’Ă©lèves la libertĂ© des choix qui est un droit fondamental. Ce qui est au final, est un dĂ©bat politique très noble.