bruxelles

3 questions-réponses autour de la proposition Cerexhe

Par Fabrice Grosfilley dans bruxelles, communautaire , le 19 février 2010 11h02 | Un commentaire>

BELGIUM POLITICS MEETING FRENCH-SPEAKING GOVERNMENTSBenoit Cerexhe  a lancĂ© le dĂ©bat hier matin sur Bel RTL et dans les pages du Soir. Le ministre bruxellois de l’emploi, membre du CDH, propose de ramener le nombre de dĂ©putĂ©s bruxellois Ă  50 au lieu de 89, mais aussi de revoir les lois linguistiques, pour pouvoir assouplir les examens de recrutement, de supprimer la Cocom, cette obscure commission communautaire commune qui en fait gère des homes, des centres d’accueils ou des centre de planning familial qui ont fait le choix d’ĂŞtre bilingues (notez donc au passage que c’est une assemblĂ©e  complètement inconnue mais qui finance  des services très concrets, et que transfĂ©rer ces compĂ©tences au parlement rĂ©gional ne changerait presque rien puisque ce sont les mĂŞmes Ă©lus qui y siègent).

Enfin Benoit Cerexhe propose que les Bruxellois possèdent l’autonomie constitutive. Concrètement cela veut dire qu’ils pourraient rĂ©diger leur constitution et modifier leurs institutions sans passer par le fĂ©dĂ©ral.

Première question : pourquoi Benoit Cerexhe a-t-il fait ces propositions et surtout pourquoi les fait-il maintenant ?  Simple : il s’agit d’une rĂ©ponse aux partis flamands qui il ya quelques semaines estimaient que Bruxelles ne fonctionne pas bien (arguments Ă©galement dĂ©veloppĂ©s cĂ´tĂ© francophone par Alain Destexhe). Qu’il faudrait fusionner les zones de police, revoir le nombre de conseillers communaux Ă  la baisse, donner plus de pouvoir Ă  la rĂ©gion et moins de pouvoir commune. Avec ses contre-propositions Benoit Cerexhe rĂ©pond donc aux flamands : d’accord pour une rĂ©forme mais il faut accepter de parler de tout. Et parler notamment des mĂ©canismes qui protègent la minoritĂ© flamande bruxelloise. Si il y a 89 dĂ©putĂ©s rĂ©gionaux Ă  Bruxelles c’est parce que les Ă©lus flamands n’Ă©taient  plus assez nombreux pour siĂ©ger dans toutes les commissions du parlement bruxellois. Elections après Ă©lections les flamands perdent du terrain. On a donc bloquĂ© arbitrairement la rĂ©partition des sièges 72 pour les francophones, 17 pour les nĂ©erlandophones. Autrefois il y avait Ă  Bruxelles, comme en RĂ©gion Wallonne 75 Ă©lus.

Raisonnement comparable pour la paritĂ© linguistique : chez les haut fonctionnaires bruxellois c’est aujourd’hui 50/50 : autant de nĂ©erlandophones que de francophones. Pourtant Ă  Bruxelles on sait qu’il ya au moins 80% de francophones dans la population. C’est tellement  plus simple de dire que les communes, niveau le plus proche du citoyen, ne fonctionne pas.

Deuxième question : comment rĂ©agissent les autres partis Ă  ces propositions ? PlutĂ´t positivement. Le SPA, le parti socialiste flamand se dit prĂŞt Ă  discuter. La NVA est dĂ©jĂ  plus critique : ok pour rĂ©duire le nombre de parlementaire mais question de discuter des lois linguistiques. CĂ´tĂ© francophone le PS n’a pas rĂ©agit officiellement, mais on devine un silence complice,  et le MR souligne qu’avec 50 dĂ©putĂ©s, 40 francophones et 10 flamands, les nĂ©erlandophones seraient quand mĂŞme surreprĂ©sentĂ©s « c’est cher payĂ© et antidĂ©mocratique », souligne le MR Xavier Baeselen. Et les libĂ©raux de rĂ©clamer en parallèle une rĂ©flexion approfondie sur ce qui relève des communes ou de la rĂ©gion.

Troisième et dernière question : ce dĂ©bat peut-il dĂ©boucher sur une vĂ©ritable rĂ©forme ? Pour l’instant la rĂ©ponse est non. Pour changer les institutions bruxelloises il faut changer la constitution et rĂ©amĂ©nager des lois au niveau fĂ©dĂ©ral. Les bruxellois peuvent donc rĂ©flĂ©chir, ce sera le parlement fĂ©dĂ©ral qui tranchera. C’est lĂ  tout le danger : alors qu’on se prĂ©pare Ă  nĂ©gocier une rĂ©forme de l’Ă©tat, ouvrir la discussion c’est se mettre en position de demandeur. Et si les bruxellois ont besoin de rationnaliser leur gouvernement et leur parlement, ils ont aussi et surtout besoin d’un financement complĂ©mentaire.

Les bourgmestres s’organisent

Par Fabrice Grosfilley dans bruxelles , le 3 février 2010 10h02 | Un commentaire>

La confĂ©rence des bourgmestres de Bruxelles a dĂ©cidĂ© que la sĂ©curitĂ© sera le seul dossier Ă  l’ordre du jour de sa prochaine rĂ©union. Celle-ci aura lieue mercredi 10 fĂ©vrier, donc dans 7  jours Ă  l’hĂ´tel de ville de Bruxelles. La confĂ©rence des bourgmestres est une rĂ©union dont on parle assez peu souvent. Elle permet aux 19 bourgmestres de la rĂ©gion bruxelloise d’aborder les problèmes de collaboration entre communes, histoire d’harmoniser des dĂ©cisions des uns et des autres. On y parle par exemple des places de parking ou du prix des horodateurs. Cela permet aussi de faire valoir l’intĂ©rĂŞt des communes bruxelloises  face aux dĂ©cisions prises par la rĂ©gion.  Cette confĂ©rence a en thĂ©orie lieue tous les 15 jours. La dernière fois qu’elle avait attirĂ© l’attention du grand public c’Ă©tait en 2007 lorsqu’elle avait invitĂ© les 6 bourgmestres des communes Ă  facilitĂ© autour de Bruxelles. La confĂ©rence des bourgmestres avait alors estimĂ© qu’on ne pourrait pas scinder Bruxelles Hal Vilvorde sans organiser au prĂ©alable un rĂ©fĂ©rendum dans les communes concernĂ©es.  Cela avait du bruit, et cela avait donnĂ© une belle photo : voir cĂ´te Ă  cĂ´te en confĂ©rence des presse,  des personnalitĂ©s bruxelloises comme Didier Gousin, Bernard Clerfaydt, Martine Payfa, HervĂ© Doyen, Freddy Thielemans  et Philippe Moureaux, tous bourgmestres, qui dĂ©fendent tous le mĂŞme texte cela a Ă©videmment un certain poids.

Dans 8 jours les bourgmestres bruxellois vont donc faire connaĂ®tre leur point de vue sur les questions de sĂ©curitĂ©. Ce ne sera pas anodin. On l’a rappelĂ© hier les bourgmestres sont en première ligne en matière de sĂ©curitĂ©, notamment parce qu’ils ont en charge l’organisation des zones de police. La police de proximitĂ© c’est eux. Dans une semaine ces bourgmestres vont donc probablement demander plus de moyens.  Ils diront ce qu’ils pensent d’une potentielle fusion des zones de police, et ils demanderont probablement qu’on renforce les services d’appui, ces rĂ©serves de policier qu’on peut appeler en cas de coup dur. Probablement aussi ils diront que le travail des policiers doit pouvoir ĂŞtre suivi d’une justice plus rapide. MĂŞme si une partie de ce discours est donc très prĂ©visible, il faudra quand mĂŞme y prĂŞter attention. C’est que la confĂ©rence des bourgmestres qui regroupe 9 libĂ©raux ou FDF, 8 socialistes et 2 CDH n’est pas une assemblĂ©e politique comme les autres. Si tous ces bourgmestres rĂ©ussissent Ă  se mettre d’accord sur un thème sensible comme la sĂ©curitĂ©, la position qu’ils dĂ©gageront sera sans doute la position qui sera la plus proche de ce que demande les policiers locaux. Normal les bourgmestres dans ce dossier, sont Ă  la fois les patrons des policiers et aussi les responsables qui sont  en première ligne face Ă  la critique des citoyens. Comme leur confĂ©rence est un outil purement consultatif, cela pourrait, paradoxalement, lui donner un certain poids.

Fusion des zones de police : une fausse bonne idée ?

Par Fabrice Grosfilley dans bruxelles , le 2 février 2010 11h02 | 2 commentaires

C’est l’une des questions posĂ©es après la fusillade qui a blessĂ© un policier ce weekend : faut-il fusionner les zones de police bruxelloises ? Question posĂ©e par les partis flamands, les francophones eux sont plus frileux. Ce n’est pas la première fois que les flamands demandent qu’on revoie l’organisation politique de la rĂ©gion bruxelloise et qu’on retirer des compĂ©tences aux communes pour les transfĂ©rer vers la rĂ©gion. Pascal Smet, ancien ministre bruxellois par exemple dĂ©fendait cette idĂ©e. Les partis les plus flamands comme la NVA ou la liste Dedecker la reprennent aujourd’hui : ce serait plus efficace pour la sĂ©curitĂ© affirment-ils.  A Bruxelles il y a aujourd’hui 6 zones. Depuis la grande rĂ©forme des polices chaque zone regroupe 2 ou 3 communes. Faut-il aller plus loin ? Pour  certains partis flamands la rĂ©ponse est oui : cela permettrait d’avoir une seule et mĂŞme politique pour toute la rĂ©gion bruxelloise, et on concentrerait les forces disponibles sur les quartiers sensibles. Pour la plupart des francophones la rĂ©ponse est non. Les problèmes de sĂ©curitĂ© ne sont pas les mĂŞmes Ă  Uccle, commune plutĂ´t favorisĂ©e du sud de Bruxelles, qu’Ă  Anderlecht, commune plus difficile du nord de la rĂ©gion bruxelloise. Le centre de Bruxelles avec, ses touristes,  ses ambassades Ă  protĂ©ger, sa zone neutre et ses sommets europĂ©ens ce n’est pas la mĂŞme chose que Saint Gilles et la gare du midi. Les policiers ne travaillent pas de la mĂŞme manière Ă   Saint Josse, oĂą il y a d’importantes communautĂ©s d’origine Ă©trangère qu’Ă  Woluwe-Saint-Lambert oĂą les espaces verts sont plus nombreux.

Bien sĂ»r il y a derrière ce dĂ©bat une question de pouvoir. Historiquement la police dĂ©pend du bourgmestre. Ce pouvoir s’est dĂ©jĂ  diluĂ© au travers des zones de police, le faire remonter Ă  la rĂ©gion c’est diminuer le rĂ´le des bourgmestres. Pourquoi pas, mais on peut se demander pourquoi ce dĂ©bat serait valable pour Bruxelles mais pas pour la Flandre et la Wallonie. La rĂ©alitĂ© c’est que la fusion des zones de police cache deux autres questions : celle du financement et celle du recrutement de la police locale. Aujourd’hui le financement est assurĂ© au Âľ par les communes, et pour un quart par l’Ă©tat fĂ©dĂ©ral. Dans des communes bruxelloise pauvres, c’est une proportion qu’il faut peut ĂŞtre revoir. Surtout Ă  Bruxelles il manque, suivant les sources entre 500 et 800 policiers. Ca c’est sans doute plus important que fusionner ou pas les zones de police.

Bruxelles est elle réellement dangereuse ?

Toutes les grandes agglomĂ©rations comme Paris ou Londres, mais aussi des villes de taille plus comparable comme  Lille, Milan ou Rotterdam sont exposĂ©s Ă  des phĂ©nomènes de violence. Ce n’est Ă©videmment pas une raison pour ne rien faire.  Quand la grande criminalitĂ© et la petite dĂ©linquance se fixent sur des quartiers prĂ©cis, leurs habitants ont  l’impression que les pouvoirs publics n’osent plus  intervenir.

L’Ă©ventuelle fusion des zones de police n’est qu’une partie de la rĂ©ponse possible. Pour ĂŞtre efficace il faudrait ajouter la longueur des procĂ©dures judiciaire, la relative impunitĂ© des mineurs (Charles PicquĂ© propose ce matin qu’on abaisse la majoritĂ© pĂ©nale Ă  16 ans), les moyens en hommes et en matĂ©riel des forces de police, l’organisation des transports en commun et des logements pour Ă©viter les quartiers ghettos et  mĂŞme la lutte contre le chĂ´mage, puisque dans certains quartiers de Bruxelles un jeune sur 2 est sans emploi. La vĂ©ritĂ© c’est qu’il n’y a pas une rĂ©ponse simple face Ă  un problème compliquĂ©. Fusionner les zones de police est une mesure en apparence efficace. Mais elle rĂ©pond plus Ă  une vision de ce que doit ĂŞtre l’organisation politique de Bruxelles qu’Ă  un besoin constatĂ© par le travail de terrain des policiers.  Elle ne rĂ©pond donc pas vraiment Ă  la question posĂ©e.

Une salle de meeting pour 10 euros et quelques déclarations oubliées

Par Fabrice Grosfilley dans bruxelles , le 3 septembre 2009 08h09 | Un commentaire>

Qui a dĂ©pensĂ© quoi lors des dernières Ă©lections rĂ©gionales ? Depuis que les partis politiques doivent remplir des dĂ©clarations de dĂ©penses Ă©lectorales il est possible de rĂ©pondre assez prĂ©cisĂ©ment Ă  la question. Mehmet Koksal, journaliste indĂ©pendant a pris le temps d’Ă©plucher dans le dĂ©tail les comptes de campagne de la rĂ©gion bruxelloise. C’est le CDH qui introduit la dĂ©claration la plus haute 987 000 euros, juste en dessous de la limite autorisĂ©e qui est de 1 millions pour les Ă©lections Ă  Bruxelles. La question c’est de savoir si ces dĂ©clarations sont bien conformes Ă  la rĂ©alitĂ© et si les partis n’ont pas en rĂ©alitĂ© dĂ©penser plus que ce qu’ils indiquent dans la volumineuse documentation remise au greffe du tribunal.

Mehmet Koksal qui a suivi la campagne bruxelloise au jour le jour note ainsi qu’Emir Kir, secrétaire d’état socialiste, par exemple a oublié de rentrer la facture d’une soirée électorale de soutien. Qu’au CDH Stéphane de Lobkowicz n’a pas entré de déclaration. Qu’au MR, Françoise Bertiaux a pu louer une salle communale à Etterbeek pour un prix défiant toute concurrence : 10 euros pour la soirée. Les libéraux y ont organisés 2 meetings : ils ont bien raison, parce que je ne sais pas si vous avez déjà tenté de louer une salle communale pour un mariage ou une fête de famille, mais 10 euros c’est un tarif défiant toute concurrence. Toute l’enquête de Mehmet Koksal peut être lue sur le site parlemento.com

 

Update du 04 septembre : coup de fil de Françoise Bertiaux qui m’explique que la location de la salle Ă  Etterbeek est gratuite pour les ASBl et groupes politiques de la commune, histoire de favoriser la vie associative locale. Les 10 euros couvrent la prestation du concierge de la maison communale. Conclusion de la chef de file MR Ă  la communautĂ© française : c’est parfaitement lĂ©gal et tous les partis pouvaient profiter du mĂŞme tarif. Dont acte,  je n’ai d’ailleurs jamais dit ou Ă©crit que c’Ă©tait illĂ©gal…

Un olivier encore fragile

Par Fabrice Grosfilley dans bruxelles, cdh, decryptage, ecolo, mr, ps, wallonie , le 16 juin 2009 11h06 | 2 commentaires

reyndC’est ce qu’on peut appeler le second tour de l’élection. Celui où se mettent en place les coalitions. Ce second tour s’est donc joué hier soir un peu avant 22 heures. Isabelle Durant et Jean Michel Javaux, les deux co-présidents d’écolo proposent au conseil fédéral de leur parti d’entamer les négociations avec le CDH et le parti socialiste pour Bruxelles, la Wallonie et la Communauté Française. L’olivier vient d’être planté, 20 minutes plus tard les écolos ont voté la proposition. Sans doute le tandem Durant- Javaux a-t-il préféré surfer  dans le même sens que sa base : l’idée d’une jamaïcaine en Wallonie n’était pas exclue pour les dirigeants verts, mais « forcer » cette direction c’était prendre le risque de ne pas passer le cap d’une assemblée générale. Coté CDH on  a démarré le débat plus tard  ce lundi mais le résultat fût le même, le vote du bureau intervenant vers 1 heures du matin.

 

L’Olivier oui,  mais avec des conditions précisent  donc les 2 partis. Jean Michel Javaux a même indiqué hier qu’il n’y avait pas d’obligation de résultat. Du coté du CDH le bureau politique estime  que « le PS doit démontrer sa volonté claire de mener des réformes radicales ». En clair, c’est donc oui aux négociations, mais en  gardant la pression sur les socialistes. Tout cela est donc d’une logique implacable. Choisir le PS c’est choisir le premier parti en Wallonie et en communauté française. Un parti qui a dix sièges d’avance sur le mouvement réformateur.  Choisir le PS c’est aussi opter pour un parti dont le programme était plus proche de priorités oranges et vertes. Le choisir à tous les niveaux de pouvoir c’est opter pour la symétrie et la simplicité. On aurait pu imaginer d’autres formules. Avec un partenaire en Wallonie et un autre à Bruxelles. C’était probablement plus compliqué.  

 

Ce matin il ya forcément des déçus. Ceux qui ont voté Ecolo ou même CDH en pensant sanctionner le parti socialiste. Si Ecolo ne veut pas les décevoir Jean Michel Javaux devra continuer à faire pression sur le PS. Continuer à demander plus d’éthique et de bonne gouvernance.  Demander et surtout obtenir des signes visibles sur ce terrain là, ce qui sera l’enjeu des prochaines semaines. Déjà il se murmure que plusieurs barons du CDH se sont montrés forts critiques vis à vis des demandes écolos sur le cumul et la réforme des provinces. Contrairement aux apparences les difficultés pourraient venir du CDH autant que du PS.

 

Les autres déçus de la nuit sont bien sĂ»r les libĂ©raux. Le MR reste dans l’opposition dans les rĂ©gions et les communautĂ©s,  alors que l’objectif Ă©tait de prendre une revanche sur  2004. Si ces derniers jours les libĂ©raux ont dit oui Ă  presque toutes les demandes des Ă©colos ou du CDH,  ils dĂ©couvrent (mais certains devaient bien s’en douter, la naĂŻvetĂ© n’Ă©tant surement pas un trait de caractère du prĂ©sident du MR )  qu’ils ont Ă©tĂ© instrumentalisĂ©s. Chaque concession bleue servait Ă  arracher la mĂŞme avancĂ©e du cotĂ© des rouges. Une mise en concurrence, marchĂ© de dupes pour les uns ou  une manĹ“uvre parfaite pour les autres, qui pourrait bien faire son entrĂ©e dans les manuels d’histoire politique. En 2004 lorsqu’il avait Ă©tĂ© Ă©jectĂ© des majoritĂ©s rĂ©gionales Louis Michel avait du s’effacer et passer la main Ă  Didier Reynders. 5 ans plus tard, les libĂ©raux revivent une situation très comparable. MĂŞme si rien n’indique pour l’instant qu’il y aura une rĂ©volution de palais avenue de la toison d’or : le MR doit encore attendre de voir si l’olivier prend rĂ©ellement racine avant de tirer une conclusion dĂ©finitive.

Grands perdants, grands gagnants

Par Fabrice Grosfilley dans bruxelles, wallonie , le 10 juin 2009 16h06 | 2 commentaires

Il y aura, pendant plusieurs semaines sans doute, encore beaucoup de chose à dire sur ces élections. Le grand chambardement n’est peut être pas celui qu’on annonçait, mais quand on regarde en détails qui est élu ou pas, il y a deux/trois petites choses qu’il faut sans doute souligner. Mine de rien,  l’électeur a mis fin ce dimanche à quelques carrières. La plus emblématique est sans doute celle de José Happart, président sortant du parlement. En position de 13ième et dernier suppléant il décroche 6704 suffrages… moins que Christie Morréale et Maggy Yerna également candidates suppléantes sur la liste PS. Bref le hérisson n’ira plus au parlement parlement régional. Toujours  à Liège Louis Smal, 3ième sur la liste du CDH ne décroche pas de ticker pour Namur et pourra donc s’occuper à plein temps du standard.

A Charleroi  Anne-Marie Corbisier, ancienne chef de groupe CDH au parlement de la communauté française, quittera cette assemblée en ayant la satisfaction d’avoir réalisé le meilleur score des suppléants, malgré sa dernière place. Mais n’allez pas croire que l’électeur n’aime pas l’expérience : Philippe Busquin, dernier de liste, est allé cherché (avec 9137 voix) le 5ième siège socialiste de la circonscription de Charleroi.

 

Autre performance Ă  souligner, celle de Florence Reuter qui recueille  14 299 suffrages malgrĂ© sa 8ième position sur la liste MR du brabant Wallon. L’ancienne journaliste pourra donc choisir entre le fĂ©dĂ©ral et la rĂ©gion. Autre très gros score, celui de Jacques Brotchi Ă  Bruxelles. Le candidat MR avec 5 468 voix dĂ©croche un siège malgrĂ© une très anonyme 48ième place et prouve qu’une certaine notoriĂ©tĂ© conjuguĂ©e Ă  une campagne dynamique permettent de braver bien des obstacles. En rĂ©gion Bruxellois on soulignera encore que Rachid Madrane (PS) et parlementaire pourtant actif de la lĂ©gislature prĂ©cĂ©dente reste sur le carreau. En position Ă©ligible il est l’une des victimes de l’effet “ciseaux” qui veut que les voix se portent d’abord sur les premiers et derniers candidats de la liste (c’est pour cela que les places de “soutien” sont si recherchĂ©es). Ajoutez un soupçon de vote communautaire sur certains candidats, et ĂŞtre en place de combat devient un dĂ©fi dĂ©licat. Toujours en rĂ©gion bruxelloise, StĂ©phane De Lobkowicz (CDH) Dominique Defourny et Yves De Jonghe d’Ardoy ( MR) ne sont pas Ă©lus non plus.

De Decker brouillé avec les pistes

Par Fabrice Grosfilley dans bruxelles, mr , le 22 mai 2009 10h05 | 7 commentaires

addC’est l’une des petites surprises du débat des têtes de listes bruxelloises hier soir sur Bel RTL. Alors que j’interroge les candidats sur le meilleur moyen de contrer les nuisances sonores de l’aéroport de Bruxelles Armand De Decker se lance dans une grande explication sur l’usage des pistes… et il avance le nom de la piste O1 (pour les non initiés les pistes à Bruxelles portent les noms de 02/20 ou de 07/25). Se rendant compte de sa bévue le candidat tente de définir l’emplacement de cette piste par une périphrase, s’embrouille, parle de la route Chabert …. Lorsqu’on lui souffle le nom de piste 02 le candidat ne semble même pas faire « tilt ». Apparemment la tête de liste MR ne maîtrise pas le dossier de l’aéroport. Quand on est candidat pour la ministre-présidence bruxelloise, c’est un peu embêtant, non ?