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Le CDH découvre Facebook mais cherche toujours une montre

Par Fabrice Grosfilley dans anecdote, cdh , le 11 janvier 2010 19h01 | Un commentaire>

BELGIUM BRUSSELS CDH NEW YEARS WISHESIl faut vivre avec son temps. Aujourd’hui le CDH se prĂŞtait au jeu des tradionnels voeux Ă  la presse, l’occasion de rĂ©unir les journalistes politiques et d’annoncer quelques nouveautĂ©s. Le parti centriste a ainsi intronisĂ© Michel Konen, son nouveau directeur de communication, qui a fait office de monsieur loyal de la cĂ©rĂ©monie. Ce n’Ă©tait pas la seule nomination. En rĂ©alitĂ© JoĂ«lle Milquet rĂ©organise son Ă©tat major : Xavier Godefroid devient directeur du dĂ©partement politique,  et Maxime Prevot et Catherine Fonck ont tous les deux Ă©tĂ© nommĂ©s vice-prĂ©sidents Ă©xĂ©cutifs (le mĂŞme titre que Willy Borsus au MR)  le premier en charge des matières rĂ©gionales, la seconde des matières fĂ©dĂ©rales et de la communautĂ© française. Ne vous faites pas trop d’illusions : JoĂ«lle Milquet devrait garder un oeil sur l’essentiel des dĂ©cisions, toutes matières confondues. Catherine Fonck aura Ă©galement comme mission d’animer la “planete humaniste”, sorte d’Ă©tats gĂ©nĂ©raux de l’humanisme pour dynamiser la doctrine du parti et la faire partager par le plus grand nombre. Pour cela le CDH annonce aussi la crĂ©ation d’un blog et l’utilisation des rĂ©seaux sociaux comme facebook. J’ai suffisament Ă©crit ici que le CDH Ă©tait en retard au rayon nouvelles technologies pour ne pas saluer cette prise de conscience.

Pour la petite histoire JoĂ«lle Milquet qui avait donnĂ© rendez-vous Ă  la presse Ă  13 heures est arrivĂ©e une heure plus tard. Catherine Fonck, qui aurait du ĂŞtre une des stars du jour, s’est prĂ©sentĂ©e Ă  15H30. Il faut vivre avec son temps. Mais si je peux me permettre, c’est plus facile avec une montre.

Compromis Tabac : le CDH tousse

Par Fabrice Grosfilley dans cdh, fédéral , le 9 décembre 2009 11h12 | 4 commentaires

BELGUM BRUSSELS CHAMBER PLENARY SESSIONLa majoritĂ© s’est finalement ressoudĂ©e, mais cela n’a pas Ă©tĂ© sans mal. Hier la commission de la santĂ© Ă  la chambre a donc dit non aux propositions des sĂ©nateurs. Ce sera donc interdiction de fumer dans tous les cafĂ©s ou l’on sert Ă  manger dès le mois prochain. Pour les cafĂ©s oĂą il n y a pas de restauration on attendra plus tard, entre 2012 et 2014. Comme il s’agit d’un retour au texte initial, il suffit maintenant que le projet soit votĂ© en sĂ©ance plĂ©nière, dans 15 jours pour qu’on puisse le publier au moniteur et l’appliquer au premier janvier.

Hier ce texte a Ă©tĂ© votĂ© par l’ensemble de la majoritĂ©. Dans l’opposition les socialistes flamands et la famille Ă©cologistes se sont abstenus, les très flamands Vlaams Belang et NVA ont votĂ© contre.

Pour arriver Ă  ce rĂ©sultat il a fallu qu’Yves Leterme rĂ©unisse tous les chefs de groupes pour faire le point et trouver un accord. Les sociaux chrĂ©tiens, flamands comme francophones qui avaient poussĂ© les modifications au sĂ©nat, ont finalement acceptĂ© de se rallier Ă  un compromis qui renvoie l’interdiction totale Ă  plus tard. Plus tard c’est quand ?  Et bien justement on ne sait pas.  C’est un arrĂŞtĂ© ministĂ©riel qui fixera la date prĂ©cise. CotĂ© MR le groupe de la chambre  indique dĂ©jĂ  qu’il faudra une concertation avec le secteur, comprenez des incitants ou des compensations, tandis qu’au  CDH on fait clairement savoir qu’on est plutĂ´t pressé : le parti de JoĂ«lle Milquet annonce qu’il mettra le point sur la table lors des prochaines nĂ©gociations pour former un gouvernement. Et qu’il fera d’une interdiction totale dès 2012 l’une de ses conditions Ă  entrer dans une majoritĂ©.

Ces derniers jours cet arrangement Ă  l’amiable suscite la colère des mĂ©decins et  des ligues contre le cancer. Les serveurs dans les cafĂ©s, sont parmi les professions les plus touchĂ©es par le cancer du poumon a-t-on rappelĂ©. On Ă©galement soulignĂ© que l’interdiction de fumer dans les restaurant existe dĂ©jĂ , et que ces Ă©tablissements n’ont pas vu leur chiffre d’affaire dramatiquement baisser.

Hier la reprĂ©sentante du CDH en commission santĂ©, Catherine Fonck a d’ailleurs refusĂ© de prendre part au vote. D’abord pour des convictions personnelles, elle est mĂ©decin, mais aussi pour permettre au CDH de faire connaĂ®tre publiquement son mĂ©contentement.  Au moment du vote Catherine Fonck est donc sortie e a Ă©tĂ©  remplacĂ©e par son chef de groupe, qui a votĂ© avec les autres membres de la majoritĂ©. Tout un symbole : la dĂ©putĂ© mĂ©decin, au nom de la santĂ©, se faisait porter pâle, mais le chef de groupe, au nom de la solidaritĂ© gouvernementale votait pour. C’est comme si au CDH hier, incommodĂ©s par la fumĂ©e, on avait dĂ©cidĂ© de  se racler très fort la gorge et qu’on tenait Ă  ce que tout le monde l’entende.

Lutgen co-président

Par Fabrice Grosfilley dans cdh , le 17 novembre 2009 10h11 | 2 commentaires

Le CDH a connu hier une journĂ©e de dĂ©bats intenses dignes d’un vaudeville. Comme on le pressentait depuis des semaines BenoĂ®t Lutgen  a donc fait savoir qu’il ne souhaitait pas prendre la prĂ©sidence de son parti tout de suite, et il a donc proposĂ© une formule en deux temps. JoĂ«lle Milquet jusqu’aux prochaines Ă©lections fĂ©dĂ©rales, en 2011. Et lui ensuite. C’est donc cette formule lĂ  qui sera prĂ©sentĂ©e aux membres du centre dĂ©mocrate humaniste, avec un vote prĂ©vu Ă  la mi dĂ©cembre.

Hier le bureau politique du CDH a  mis toute la journĂ©e Ă  se mettre d’accord sur cette formule. Signe que c’Ă©tait difficile il a fallu attendre une heure du matin pour que le communiquĂ© de presse arrive dans les boĂ®tes email des journalistes. La vĂ©ritĂ© c’est que cette prĂ©sentation en tandem ne coule pas de source et qu’elle a donc Ă©tĂ© fortement contestĂ©e en interne. Plusieurs Ă©lus du CDH ont pris la parole pour dire leur malaise. Le système du tandem donne l’impression que JoĂ«lle Milquet s’accroche à  la prĂ©sidence, que BenoĂ®t Lutgen n’ose pas vraiment affronter le suffrage des militants, que le cumul prĂ©sidence-vice premier ministre va se poursuivre, en bref que la formule manque de clartĂ©. Surtout  certains membres du parti soupçonnent JoĂ«lle et BenoĂ®t d’imposer en douce une passation de pouvoir qui ressemble plus Ă  des manières fĂ©odales, ou l’on choisit son dauphin, plutĂ´t qu’une vĂ©ritable Ă©lection dĂ©mocratique.

Si la formule a finalement Ă©tĂ© avalisĂ©e par le bureau politique c’est parce qu’il n’y a pas vraiment d’autre et qu’elle arrange tout le monde. JoĂ«lle Milquet d’abord : elle continuera d’avoir les mains libres pour conduire les matières fĂ©dĂ©rales, et surtout les grandes nĂ©gociations communautaires Ă  venir. BenoĂ®t Lutgen ensuite. Il pourra rester  ministre de l’agriculture, une matière qu’il dit beaucoup aimer, surtout en pleine crise agricole. Il pourra aussi bĂ©nĂ©ficier d’une pĂ©riode d’Ă©colage.

Surtout, le CDH s’Ă©vite une vĂ©ritable compĂ©tition interne. Comme lorsque Charles Ferdinand Nothomb s’Ă©tait prĂ©sentĂ© contre JoĂ«lle Milquet, c’Ă©tait en 1996 et  le parti Ă©tait sorti profondĂ©ment dĂ©chirĂ© de l’exercice. Pour l’instant ce risque semble Ă©cartĂ©. L’après Milquet est aussi clairement balisĂ© et indiquĂ© et les plus critiques sont rentrĂ©s dans le rang en moins d’une journĂ©e. Tout va bien ? Pas sur.

Le CDH s’apprĂŞte en rĂ©alitĂ© Ă  procĂ©der Ă  une Ă©lection qui n’en est pas vraiment une.  MĂŞme si  ceux qui contestent la formule du tandem ont jusqu’Ă  la fin de la semaine pour introduire une autre candidature, on voit mal comment un membre sensĂ© du CDH ne voterait pas pour JoĂ«lle Milquet par les temps qui courent, sauf Ă  avoir des pulsions suicidaires. C’est lĂ  que se trouve la faille. S’il n’y a pas de vraie compĂ©tition Ă©lectorale il n’y a pas de vraie lĂ©gitimitĂ©. Benoit Lutgen va se faire Ă©lire comme vice -prĂ©sident pas comme prĂ©sident. On peut d’ores et dĂ©jĂ  poser les questions sensibles : qui conduira la campagne de 2011 et confectionnera les listes ? Qui portera la responsabilitĂ© de la victoire ou de la dĂ©faite lors du prochain scrutin ? JoĂ«lle ou BenoĂ®t ? Le CDH s’invente en rĂ©alitĂ© une coprĂ©sidence, modèle dĂ©sormais Ă  la mode. Mais 18 mois en politique c’est très long. A couper les oranges en 4, on risque de faire une marmelade.

Remplacer Milquet ? Lutgen a fait de la rĂ©sistance et le CDH s’est cabrĂ©

Par Fabrice Grosfilley dans cdh , le 16 novembre 2009 19h11 | Ajouter un commentaire

milqu A l’Europe,  on peut ĂŞtre candidat sans le dire vraiment. Il n’y a pas d’actes de candidature. Ce sont les chefs de gouvernements qui choisissent. Ils peuvent donc opter au dernier moment pour quelqu’un qui non seulement n’Ă©tait pas formellement candidat, et mĂŞme pour quelqu’un  dont la presser n’aurait jamais parlĂ©. Officiellement on n’est donc pas candidat pour  une fonction europĂ©enne, mais quand votre nom commence Ă  circuler vous commencer Ă  ĂŞtre attentif, et si c’est possible vous reprĂ©sentez l’un ou l’autre reprĂ©sentant des gouvernements qui pourrait vous soutenir. Vous aurez remarquĂ© que depuis plusieurs mois la presse suit cette course avec la prĂ©sidence avec beaucoup d’attention. Herman Van Rompuy Tony Blair, Jean Claude Juncker,  mais aussi le premier ministre nĂ©erlandais, une finlandaise, un estonien, une lettonne : beaucoup d’hypothèse  ont dĂ©jĂ  Ă©tĂ© avancĂ©e. Et une grande partie du dĂ©bat se dĂ©roule sur la place publique.

 

Au CDH c’est le contraire,  d’abord il faut ĂŞtre candidat. C’est cette semaine que les candidatures doivent ĂŞtre entrĂ©es. Cela peut se faire soit par  un formulaire tĂ©lĂ©chargĂ© sur internet, soit par un courrier au collège des assesseurs. Ensuite c’est motus et bouche cousue. Le bureau du CDH a en effet arrĂŞtĂ© une procĂ©dure spĂ©ciale. Quand vous ĂŞtes candidat, vous ne devez surtout rien dire, et personne n’a le droit de vous apporter son soutien avant la semaine prochaine  sous rĂ©serve d’annuler votre candidature. Lundi prochain, le 23 le collège des assesseurs dĂ©pouille les candidatures et c’est le bureau politique qui  annonce qui est candidat. Petite astuce, le  bureau du cdh statuera sur les candidatures en fonction des statuts, mais aussi, je cite «  sur base des exigences d’unitĂ© et de stabilitĂ© du parti. » 

Bref vous avez compris, la procĂ©dure a Ă©tĂ© faite sur mesure pour permettre au bureau politique de lancer vers la prĂ©sidence un candidat idĂ©al, et  les dirigeants se rĂ©servent la possibilitĂ© d’Ă©carter d’autres candidats. La prĂ©sidente sortante avait sans doute l’intention de passer le flambeau Ă  Benoit Lutgen,  tout en gardant la main sur les matières qui lui tiennent Ă  cĹ“ur. Ainsi JoĂ«lle voulait bien abandonner le titre de prĂ©sidente mais souhaitait garder les mains libres pour toutes les matières traitĂ©es par le fĂ©dĂ©ral (elle reste vice-première), les grandes nĂ©gociations communautaires (elle reste madame « non ») et on lui prĂŞtait mĂŞme l’intention de garder un Ĺ“il sur la communautĂ© française (elle reste très intĂ©ressĂ©e par l’enseignement). Bref le nouveau prĂ©sident du CDH risquait de se retrouver cantonnĂ© Ă  la seule rĂ©gion wallonne. On n’est mĂŞme pas sĂ»r qu’il ait eu, dans cette configuration, les mains libres pour prĂ©parer les listes pour les Ă©lections de 2011 (fĂ©dĂ©rales) et 2012 (communales).

 

BenoĂ®t Lutgen pouvait-il accepter de porter le  titre de prĂ©sident sans en avoir les prĂ©rogatives ? La rĂ©ponse est non, raison pour laquelle le ministre wallon a clairement fait savoir qu’il n’avait pas très envie d’y aller. PrĂ©cisons Ă  sa place : y aller dans de telles conditions. Au final BenoĂ®t Lutgen aurait fini par ses laisser convaincre, Ă  certaines conditions. Ce lundi la Libre Belgique a cru pouvoir annoncer ce qui ressemblerait Ă  un accord : Milquet jusqu’en 2011, Lutgen ensuite. Le parti a tenu Ă  dĂ©mentir auprès de l’agence Belga. La formule, alambiquĂ©e,  prĂŞterait le flanc Ă  la critique puisqu’elle permettrait, dans les mois qui viennent, un double cumul : cela donnerait deux demi-prĂ©sidents qui restent ministres. Elle permet surtout Ă  BenoĂ®t Lutgen de s’installer en douceur dans le fauteuil prĂ©sidentiel, un scĂ©nario particulièrement irritant pour d’autres candidats potentiels mais non dĂ©clarĂ©s. Cette « solution » ne fait donc visiblement pas l’unanimité : le bureau du CDH s’est poursuivi toute la journĂ©e, JoĂ«lle Milquet a du repousser un dĂ©part pour Stockholm, et une nouvelle rĂ©union est annoncĂ©e pour ce lundi soir.  Voir  Avec le risque pour le CDH de sortir Ă©reintĂ© de l’exercice.  Les dĂ©gâts sont dĂ©jĂ  prĂ©sents : si une solution rapide n’intervient pas, le public retiendra l’image  d’un parti divisĂ©, avec une prĂ©sidente suspectĂ©e de s’accrocher à son poste. JoĂ«lle rejoindra, alors,  une fois de plus, son grand ami Didier au purgatoire des prĂ©sidents agacĂ©s par cette double casquette qui n’est pas si facile Ă  retirer.

Les enseignants fâchent PS et CDH

Par Fabrice Grosfilley dans cdh, ps , le 15 septembre 2009 08h09 | Ajouter un commentaire

mdsOn a beaucoup parlé la semaine dernière des économies à faire dans l’enseignement. Je vous avais rapporté ici que Rudy Demotte , socialiste, avait dans un communiqué pris ses distances avec la ministre de l’enseignement, cdh. Le ministre président donnait même l’impression de donner raison aux syndicats d’enseignants. Chez les humanistes ont pas du tout apprécié. Un communiqué a donc été publié  au nom du parti ce samedi. On y souligne la nécessité d’avoir un débat que ce sont de pistes de réflexion et pas de décision , que la ministre est dans son rôle et surtout qu’il  ne s’agissait pas  je cite « d’une idée de Marie Dominique Simonet mais bien d’une des pistes dégagées par l’ensemble des partenaires de l’Olivier » dans le cadre  des négociations gouvernementale. En clair Marie-Dominique Simonet s’est sentie un peu lâchée face aux syndicats d’enseignants, et elle n’a pas appréciée. Son parti appelle donc implicitement le PS à faire preuve d’un peu plus de solidarité gouvernementale. Si Marie Do et Rudy  devaient s’offrir des fleurs ces jours-ci ce serait des roses, avec beaucoup d’épines.

Un olivier encore fragile

Par Fabrice Grosfilley dans bruxelles, cdh, decryptage, ecolo, mr, ps, wallonie , le 16 juin 2009 11h06 | 2 commentaires

reyndC’est ce qu’on peut appeler le second tour de l’élection. Celui où se mettent en place les coalitions. Ce second tour s’est donc joué hier soir un peu avant 22 heures. Isabelle Durant et Jean Michel Javaux, les deux co-présidents d’écolo proposent au conseil fédéral de leur parti d’entamer les négociations avec le CDH et le parti socialiste pour Bruxelles, la Wallonie et la Communauté Française. L’olivier vient d’être planté, 20 minutes plus tard les écolos ont voté la proposition. Sans doute le tandem Durant- Javaux a-t-il préféré surfer  dans le même sens que sa base : l’idée d’une jamaïcaine en Wallonie n’était pas exclue pour les dirigeants verts, mais « forcer » cette direction c’était prendre le risque de ne pas passer le cap d’une assemblée générale. Coté CDH on  a démarré le débat plus tard  ce lundi mais le résultat fût le même, le vote du bureau intervenant vers 1 heures du matin.

 

L’Olivier oui,  mais avec des conditions précisent  donc les 2 partis. Jean Michel Javaux a même indiqué hier qu’il n’y avait pas d’obligation de résultat. Du coté du CDH le bureau politique estime  que « le PS doit démontrer sa volonté claire de mener des réformes radicales ». En clair, c’est donc oui aux négociations, mais en  gardant la pression sur les socialistes. Tout cela est donc d’une logique implacable. Choisir le PS c’est choisir le premier parti en Wallonie et en communauté française. Un parti qui a dix sièges d’avance sur le mouvement réformateur.  Choisir le PS c’est aussi opter pour un parti dont le programme était plus proche de priorités oranges et vertes. Le choisir à tous les niveaux de pouvoir c’est opter pour la symétrie et la simplicité. On aurait pu imaginer d’autres formules. Avec un partenaire en Wallonie et un autre à Bruxelles. C’était probablement plus compliqué.  

 

Ce matin il ya forcément des déçus. Ceux qui ont voté Ecolo ou même CDH en pensant sanctionner le parti socialiste. Si Ecolo ne veut pas les décevoir Jean Michel Javaux devra continuer à faire pression sur le PS. Continuer à demander plus d’éthique et de bonne gouvernance.  Demander et surtout obtenir des signes visibles sur ce terrain là, ce qui sera l’enjeu des prochaines semaines. Déjà il se murmure que plusieurs barons du CDH se sont montrés forts critiques vis à vis des demandes écolos sur le cumul et la réforme des provinces. Contrairement aux apparences les difficultés pourraient venir du CDH autant que du PS.

 

Les autres déçus de la nuit sont bien sĂ»r les libĂ©raux. Le MR reste dans l’opposition dans les rĂ©gions et les communautĂ©s,  alors que l’objectif Ă©tait de prendre une revanche sur  2004. Si ces derniers jours les libĂ©raux ont dit oui Ă  presque toutes les demandes des Ă©colos ou du CDH,  ils dĂ©couvrent (mais certains devaient bien s’en douter, la naĂŻvetĂ© n’Ă©tant surement pas un trait de caractère du prĂ©sident du MR )  qu’ils ont Ă©tĂ© instrumentalisĂ©s. Chaque concession bleue servait Ă  arracher la mĂŞme avancĂ©e du cotĂ© des rouges. Une mise en concurrence, marchĂ© de dupes pour les uns ou  une manĹ“uvre parfaite pour les autres, qui pourrait bien faire son entrĂ©e dans les manuels d’histoire politique. En 2004 lorsqu’il avait Ă©tĂ© Ă©jectĂ© des majoritĂ©s rĂ©gionales Louis Michel avait du s’effacer et passer la main Ă  Didier Reynders. 5 ans plus tard, les libĂ©raux revivent une situation très comparable. MĂŞme si rien n’indique pour l’instant qu’il y aura une rĂ©volution de palais avenue de la toison d’or : le MR doit encore attendre de voir si l’olivier prend rĂ©ellement racine avant de tirer une conclusion dĂ©finitive.

L’heure du choix

Par Fabrice Grosfilley dans cdh, decryptage, ecolo , le 15 juin 2009 10h06 | 2 commentaires

Ecologistes et humanistes sont dans la dernière ligne droite. Toute la semaine passĂ©e aura donc Ă©tĂ© passĂ©e Ă  “Ă©tudier” les possibilitĂ©s d’alliance avec le PS et le MR. Soyons francs : une semaine qui  a aussi servi Ă  mettre en concurrence socialistes et libĂ©raux. Le PS en multipliant les dĂ©claration sur la bonne gouvernance (Elio Di Rupo n’aura pas Ă©tĂ© tendre avec Guy CoĂŞme) et le MR en tendant la main au CDH (Didier Reynders tentant devant les camĂ©ras de se rĂ©concilier avec JoĂ«lle Milquet) ont sans doute remplit leur part de contrat.

Quel est la rĂ©alitĂ© du choix ? Si l’on part du principe que les coalitions ont la mĂŞme couleur Ă  tous les Ă©tages de la fusĂ©e rancophone, ecologistes et  humanistes ont deux options. La première consiste Ă  suivre la lĂ©gitimitĂ© des urnes : le PS a dix sièges d’avance sur le MR Ă  la communautĂ© française et serait donc un partenaire logique. La seconde option serait celle d’une rĂ©volution copernicienne : renvoyer les socialistes dans l’opposition pour une cure de rĂ©flexion/rĂ©novation. La rĂ©volution et la dĂ©mocratie sont difficilement maniables. Mais s’ils optent pour la première option les Ă©cologistes devront trouver les arguments pour “habiller” leur dĂ©cision. On imagine en effet que le MR,  s’il doit ĂŞtre laissĂ© sur la touche, n’hĂ©sitera pas Ă  railler ces humanistes et Ă©cologistes qui veulent prendre leur distance avec le PS pendant la campagne mais gouvernent avec lui une fois l’Ă©lection passĂ©e.  En clair CDH et Ecolo seraient les premier demandeurs d’une rĂ©novation “visible” du PS.

 

A y regarder de plus près le rĂ©el intĂ©ret de l’orange verte serait une assymĂ©trie entre Bruxelles et la Wallonie. Mouiller le MR Ă  Bruxelles et le PS en Wallonie (ou l’inverse, voir les commentaires sur le prĂ©cĂ©dent article) serait faire preuve d’une vĂ©ritable indĂ©pendance et poserait les Ă©cologistes et les humanistes en rĂ©els maitres du jeu. L’idĂ©e fait son chemin au sein de l’Ă©tat major Ecolo. InconvĂ©nient : aucun parti n’incarnerait l’opposition Ă  tous les niveaux de pouvoir… ce qui n’est pas très sain en dĂ©mocratie.

 

Il y a en tout cas une chose qu’ Ecolo et CDH ne devraient pas faire ce soir : confier un mandat “ouvert”  Ă  leurs nĂ©gociateurs, comprenez un mandat qui ne dirait pas dans quel sens penchent les coalitions envisagĂ©es.  Ce serait perdre le crĂ©dit de la semaine Ă©coulĂ©e en prolongeant le jeu un peut trop longtemps et prendre le risque d’apparaitre comme des marchands de tapis. En Flandre les nĂ©gociations sont lancĂ©es, le formateur est au travail . Il est temps que les francophones s’y mettent aussi.

Les limites de l’orange verte

Par Fabrice Grosfilley dans cdh, decryptage, ecolo , le 9 juin 2009 10h06 | 4 commentaires

javauxalamainC’est le fait du jour cotĂ© francophone : Ecolo et CDH essayent de se donner la main pour se prĂ©senter plus ou moins unis aux nĂ©gociations. Je crois qu’il faut insister sur le « plus ou moins ». Certes les deux partis ont des intĂ©rĂŞts communs et la dĂ©marche lancĂ©e ici rencontre ces intĂ©rĂŞts.

 

Politiquement d’abord : unies les deux formations pèsent 27 députés au parlement wallon, c’est plus que le MR (19) et presque autant que le PS (29). En se coalisant les écologistes et les humanistes espèrent donc peser sur le rapport de force et obtenir plus de concessions de leur futur  partenaire gouvernemental que si celui-ci devait discuter avec deux formations aux stratégies divergentes. 

 

 Médiatiquement ensuite : Ecolo et CDH à défaut d’avoir vraiment la main apparaissent ce mardi matin comme les« maîtres du jeu ». C’est symboliquement vital : tout ce qui affaiblit symboliquement le PS rendra plus facile l’Olivier (pour rappel : l’alliance PS-CDH-Ecolo). CDH et Ecolo ont électoralement intérêt à paraître le moins « scotchés » possible aux rouges. Il faut y ajouter un élément de temporisation : pendant la campagne Jean Michel Javaux et les siens étaient suffisamment critiques avec le PS pour ne pas pouvoir se jeter dans les bras d’Elio Di Rupo en quelques jours. La proximité qui existe entre Jean-Michel Javaux et Didier Reynders n’est pas une lubie des journalistes, c’est un facteur humain dont il faut aussi tenir compte. Et si une alliance Verte-Bleue n’est pas possible arithmétiquement il ne faut pas totalement exclure que les humanistes s’y joignent. En clair si Didier n’arrivera probablement jamais à séduire Joëlle, Jean-Michel peut avoir plus de chances. Le laisser croire ou le laisser entendre est un argument de négociation qui profite tant à Ecolo qu’au CDH puisqu’il peut amener le PS à être plus conciliant.

 

Ca c’est la théorie. Dans la pratique cette stratégie de l’orange-verte comme noyau central de négociation rencontrera rapidement ses limites. Sur le plan des programmes d’abord. Interrogez Ecolo et CDH sur le nucléaire, les transports, la fiscalité, les provinces et vous mesurerez vite que l’orange et le vert ne se mélangent pas si aisément. On peut donc s’attendre à ce  que Joëlle et Jean-Michel mettent d’abord l’accent sur ce qui les rassemble : l’éthique et la gouvernance. Cela forcera Elio à se positionner. Les nombreux signaux  (de respect notamment : « Jean-Michel » est devenu « Monsieur Javaux ») que le président du PS envoie depuis 48 heures en direction des écologistes sont décodés avec attention dans les états-majors. Dès qu’on entrera dans le vif des négociations la différence entre verts et oranges ressurgira. L’orange verte est un cartel dont la durée de vie ne dépassera pas quelques semaines.

La seconde limite de cette alliance de négociation est arithmétique. Ecolo et le CDH ne sont pas indispensables.  En Région Wallonne et en Communauté Française (c’est différent à Bruxelles) le parti socialiste peut très bien choisir de ne gouverner qu’avec l’un des deux partenaires… et sacrifier l’autre… ou même se tourner vers le MR si les négociations tournent au vinaigre. On imagine bien que le boulevard de l’empereur le rappellera en temps opportun : Ecolo et CDH ont quelques atouts dans leur jeu, ils n’ont pas toutes les cartes en main.

Premières leçons

Par Fabrice Grosfilley dans cdh, decryptage, ecolo, mr, ps , le 8 juin 2009 17h06 | Un commentaire>

jm-idVoilà, les élections ont donc eu lieu et les résultats sont connus. Quelles sont les premiers grands enseignements que l’on peut tirer du scrutin ce lundi ? Je vous propose quelques réflexions, avant d’y revenir plus en détails dans les prochains jours.

 

Sondages

« Les grands perdants sont les sondages » affirment en chœur les présidents de parti depuis dimanche soir. C’est exact les sondages n’ont pas vu clair dans le résultat de l’élection. Mais dire qu’ils se « trompent » manque de précision. Les sondages en question ont été diffusés une semaine avant l’élection. Cela signifie qu’ils ont été réalisés 2 ou 3 semaines avant le scrutin, en pleine affaire Donfut. Il est tout à fait plausible que la « photographie » réalisée à ce moment là ait été exacte…. Mais les électeurs se sont prononcés deux semaines plus tard. Ce ne sont peut être pas les sondeurs qui se trompent, mais l’électorat qui bouge.

 

Une dernière semaine déterminante

Comme je l’ai déjà suggéré dans un billet précédent, je pense qu’on peut découper la campagne électorale en 3 périodes. D’abord un premier round centré sur la crise économique. Ensuite une période dominé par l’affaire Donfut et le débat sur la mauvaise gouvernance. Enfin, une dernière ligne droite où les ténors s’affrontent dans les radios et les télévisions. Cette hypothèse demanderait à être validée par des études approfondies : cette dernière semaine, marquée par un investissement personnel d’Elio Di Rupo (qui a utilisé son propre  parcours de vie comme argument de campagne) et l’implication des 2 ministres-présidents wallons et bruxellois a pu peser sur certains électeurs indécis. De même la perspective de voir Ecolo dans une position trop favorable (certains sondages laissant entendre que les verts pourraient arriver en tête en Wallonie et Jean-Michel Javaux laissant entendre qu’il pourrait accepter d’être ministre-président) conjuguée à un argumentaire souvent répété dans les débats sur les « taxes vertes » a pu freiner certains électeurs qui envisageaient de voter pour les écologistes pour exprimer un vote sanction.

 

 

Les locomotives

Les grands faiseurs de voix du PS ont remplis leur contrat : Elio Di Rupo, Michel Daerden, Charles Piqué (auxquels il faudra désormais ajouter Paul Magnette) ont fait un carton de voix de préférence. Ce n’est sans doute pas pour rien dans le relatif maintien des rouges. A l’inverse côté MR, à l’exception de Louis Michel et Serge Kubla, la plupart des grands faiseurs de voix (Didier Reynders, Olivier Maingain, Didier Gosuin, Charles Michel ) ne figuraient pas en tête de liste. C’est sans doute plus cohérent en terme d’éthique (on ne tire pas une liste si on n’a pas l’intention de sièger) mais c’est une erreur en terme de stratégie électorale.

 

Un nouveau rapport de force

Observé sur le long terme l’écart entre les formations politiques francophones a tendance à se resserrer. Nous venons d’une situation où il y avait clairement deux « grands » (MR et PS) et deux « petits » (Ecolo et CDH). Ce lundi les écarts sont moins importants et les 4 partis se retrouvent avec des poids électoraux relativement comparables. Cela impliquera un nouveau mode de rapport de force.

 

CDH- Ecolo en tandem

Ce passage vers un « système à 4 » (le scénario 3+1 que je décrivais dans un billet précédent ne s’est pas vérifié) est encore amplifié par le souhait d’ Ecolo et du CDH de se concerter avant les négociations. « Ensemble on est plus forts » : ce slogan s’applique à merveille à la situation que Jean-Michel Javaux et Joëlle Milquet tentent de créer. S’ils réussissent à se coordonner ces deux-là seront en mesure de choisir leur partenaire et donc à même de faire monter les enchères entre PS et MR. Ce qui implique que les socialistes, pour faire pousser l’Olivier, devront faire quelques concessions. On ne serait pas étonné que les signaux les plus attendus soient sur le terrain de la gouvernance.

 

ExtrĂŞme droite

Enfin le Front National disparaît des assemblées. A Bruxelles ou en Wallonie (où il flirtait avec les 8% en 2004) le parti d’extrême droite est sous la barre des 5%, seuil nécessaire pour obtenir des élus. Le FM a perdu plus de la moitié de ses électeurs en 5 ans.

Un scénario 3+1 ?

Par Fabrice Grosfilley dans cdh, decryptage, ecolo , le 5 juin 2009 11h06 | Un commentaire>

javauxPetite phrase de Jean Michel Javaux dans les colonnes du  Soir où on l’interroge  sur la possibilité de devenir ministre-président « je prendrai mes responsabilités si  le message est clair. La présidence de mon parti et ma qualité de vie personnelle passent après l’enjeu collectif ». En clair Jean-Michel Javaux n’exclut pas d’être ministre président en Wallonie ou à la communauté française. Il l’avait suggéré sur RTL lundi soir, lors de l’émission « Face aux Belges » il confirme donc et précise sa pensée dans un quotidien. C’est donc très clairement un petit message aux électeurs histoire de prouver que oui,  au pouvoir, Jean-Michel veut vraiment y aller. Petit rappel, il y avait déjà Louis Michel pour le MR, on ne pas exclure que le poste puisse aussi interesser Didier Reynders,  et Rudy Demotte pour le parti socialiste est évidemment candidat à une reconduction. On ajoute donc Jean Michel Javaux à la liste. Et vous aurez noté que pour l’instant il n’y pas de candidat pour le CDH : ce n’est pas de la fausse modestie mais plutôt du réalisme.

 

Si les sondages sont confirmés dans les urnes dimanche le paysage politique entrera dans une nouvelle ère. Nous sortons d’une période politique wallonne marquée par deux affrontements distincts. L’un oppose la majorité PS-CDH à l’opposition MR-Ecolo (c’est un peu différent sur Bruxelles, mais ce clivage domine également le débat fédéral), le second enjeux structurant étant à mon sens une compétition frontale pour le leadership ou la 3ième place, ce qui divise le débat entre  deux gros partis (PS contre MR) et deux moyens (CDH contre Ecolo). Demain le débat pourrait donc être tout autre : Ecolo rejoindrait PS et MR dans la cour des grands, tandis que le CDH se retrouverait une division plus bas. Ce scénario « 3+1 » ferait surement très mal au CDH dans un premier temps.  

Mais il faut se rappeler qu’en politique rien n’est éternel. Ecolo devrait relever le défi de la gouvernance et devenir multithématique pour rester au niveau des familles libérales et socialistes. Ce n’est pas rien : ce clivage droite-gauche reste la base du débat politique en Europe. Le CDH pourrait en profiter pour se ressourcer : ne plus faire parti de la « bande des trois » devrait lui être profitable, quitte à opter pour l’opposition. Evidement, rien n’est fait. Attendons dimanche. Cette dernière semaine de campagne, où l’on reparle programme, et la part importante d’indécis, peuvent modifier la donne.