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Didier Reynders, carrefour, les prépensions, Joëlle et le discours de gauche

Par Fabrice Grosfilley dans communication, decryptage, social , le 5 mars 2010 13h03 | Un commentaire>

BELGIUM POLITICS GOVERNMENT SOCIAL PARTNERSC’est un interview en une, 3 colonnes, grande photo. Difficile de passer à côté. Et à l’intérieur du journal une double page avec trois gros chapitres : carrefour, le budget et l’après l ’après crise. Les journalistes  du Soir avancent eux-même une mise en perspective : Didier Reynders veut tourner la page. Fortis et les turbulences internes du mouvement réformateur c’est du passé, le président du MR se positionne sur des dossiers concrets et il veut mettre en application l’appel réformateur, le nouveau manifeste de son parti.

 Alors effectivement, ce qu’on retiendra de cet entretien  est cette petite phrase à propos de Carrefour. Est-ce qu’une entreprise bénéficiaire pour se restructurer ? Ma réponse est simple oui, mais elle en supporte les conséquences. Et Didier Reynders d’être encore un peu plus explicite deux questions plus loin « il faut dire :  Carrefour avant d’investir dans un nouveau décor, une nouvelle campagne de publicité vous allez payer votre passif  social. Envisage-t-on  vraiment de payer les prépensions de Carrefour ? Ou  va-ton oser dire à Carrefour c’est vous qui allez payer ça puisque vous êtes bénéficiaire (…) Gardons les deniers publics pour les entreprises qui sont vraiment en difficulté. »

 Vous avez bien lu :  Didier Reynders propose  de ne pas payer les prépensions dans le cas de Carrefour. Puisque ce groupe gagne de l’argent, c’est à lui de payer. En apparence c’est un discours  très à gauche, qu’on pourrait interpréter comme un signe de la nouvelle communication plus « centriste » des libéraux.  Un vice premier libéral qui s’en prend publiquement à un grand groupe c’est effectivement très spectaculaire.

 Il faut ajouter que  Didier Reynders pointe du doigt un vrai phénomène de grande ampleur. Le recours aux prépensions est effectivement quasi systématique dans tous les grands drames sociaux.  Les grandes entreprises y ont très souvent recours, et c’est effectivement le contribuable qui paye. La question des prépensions est donc un mal belge, et  il est positif de le mettre sur la table.

 Apportons quand même quelques nuances : si Didier Reynders propose de geler les prépensions dans ce cas précis,  il en revanche hostile à l’idée qu’on fasse rembourser des aides perçues dans le passé  par des entreprises « cela n’a aucun sens »  dit-il. Ce débat là est pourtant aussi sur la table, et tant quà chatouiller les grands groupes il serait cohérent d’explorer cette voie là  aussi. Ensuite  peser sur les prépensions, c’est prendre le risque que Carrefour licencie purement et simplement, ce personnel de plus de 50 ou 55 ans  se retrouverait alors au chômage. C’est quand même l’état qui devrait payer. La perspective de voir l’état fédéral entamer réellement un bras de fer avec la direction de carrefour dans les circonstances actuelles est assez peu crédible. C’est donc un positionnement “de gauche” plus que relatif. Disons plutôt une formule choc qui rapporte beaucoup sans coûter grand chose.

 

Enfin il y a un dernier détail qui ne doit pas vous échapper. Le recours aux prépensions c’est l’un des points que doivent désormais négocier la direction du groupe  Carrefour, les syndicats de l’entreprise et la ministre de l’emploi.  Qui est la ministre de l’emploi ? Joelle Milquet,  et vous vous souvenez, puisque vous lisez ce blog régulièrement,  que c’est une grande amie de Didier Reynders. Le président du MR indique d’ailleurs, avec l’ironie qu’on lui connaît,  qu’il n’a pas pu discuter de son idée avec elle puisqu’elle est en déplacement à l’étranger (au Congo en l’occurrence).

Didier Reynders vient de réussir un coup double : tenir un discours en apparence très critique contre les grandes entreprises, bon pour son image,   et mettre en difficulté une de ses collègues présidente d’une formation concurrente.

 

UPDATE à 18H45 : l’interview de Didier Reynders n’est pas resté sans réaction. Le SETCA (syndicat socialiste des employés et cadres) le qualifie de “cynique et indécent”. “Didier Reynders se trompe de cible, il met la pression sur les travailleurs”. “Si on peut compter sur un nouvel adepte de la responsabilisation des entreprises tant mieux” ironise de son côté Joëlle Milquet “mais il ne faut pas changer les régles du jeu pour le cas précis de Carrefour”. Même le syndicat libéral CGSLB se montre critique : “nous ne comprenons pas la logique de la réaction de Didier Reynders”. 

Les partis encaissent le choc Carrefour

Par Fabrice Grosfilley dans communication, social , le 24 février 2010 13h02 | Un commentaire>

carrefour_mnFace à un évènement qui suscite une forte émotion on guette souvent la réaction des partis politiques. Comment vont-ils réagir, quel va être leur discours, que vont ils souligner ou demander. Le fait de publier un communiqué de presse offre deux avantages : 1. c’est un moyen efficace, il permet de diffuser une information susceptible d’être reprise rapidement par tous les médias. 2. c’est une expression officielle du parti. Elle donne le « la ». Tous les mandataires peuvent ensuite s’y référer dans les différentes interviews.
Hier après midi, la première réaction au plan dévoilé par Carrefoir est  venue du coté du PS. Premier communiqué un peu après 15H. Un texte où le parti socialiste « exprime sa solidarité avec les travailleurs et appelle à limiter au maximum les dégâts sociaux ». Ce communiqué cite alternativement Elio di Rupo et le PS dans son ensemble, c’est donc à la fois « je » et « nous ». Le communiqué socialiste est surtout très critique avec le groupe Carrefour dont il dénonce le manque de vision stratégique : « il serait profondément injuste de faire porter sur les travailleurs des erreurs qui sont imputables à la direction de Carrefour. Celle-ci doit assumer ses responsabilités et limiter au maximum les dégâts sociaux »

Côté CDH deux communiqués. D’abord Joëlle Milquet, qui en tant que ministre de l’Emploi, «prend acte de l’annonce » de la direction de Carrefour,
et qui,dès le premier paragraphe, adresse un appel à toutes les parties concernées afin qu’elles entament un dialogue social ouvert.
Le texte n’est pas une tonalité de condamnation, il est plutôt déjà dans la phase suivante, celle de la négociation. Joëlle Milquet laisse d’ailleurs entendre qu’elle pourrait désigner rapidement un conciliateur social pour favoriser les discussions entre la direction de Carrefour et les syndicats.  A dire vrai on a le sentiment que la ministre Milquet a pris le pas sur la présidente Joëlle et que la communication se devait d’être empreinte de prudence. Une heure plus tard André Antoine, ministre wallon de l’emploi publie un autre communiqué , lui aussi dans un registre très ministériel. Il y annonce qu’il rencontrera dès aujourd’hui la direction de carrefour.

Côté MR pas de communiqué du parti, mais une réaction mise en avant  :celle d’Olivier Chastel en tant que président de la Fédération MR du Hainaut. Il y exprime sa désolation et sa stupéfaction. Termes forts. Le communiqué souligne que 4 hypermarchés fermeront dans la province du Hainaut et que cela aura un impact sur l’emploi. Olivier Chastel indique qu’il redoute une « casse sociale ».

Enfin Ecolo a eu hier la réaction la plus virulente  (mais aussi la plus tardive) et dénonce un chantage social de la direction de carrefour. « C’est un nouveau signe de l’échec de la politique d’emploi du gouvernement fédéral » écrit le communiqué, visant explicitement Joëlle Milquet.
On résume : le Ps très critique avec les patrons de Carrefour, le CDH en posture ministérielle, le MR qui s’inquiète pour le Hainaut, et Ecolo qui joue son rôle d’opposition. On dit parfois que tous les partis racontent la même chose. Voici un cas d’école qui nous permet de démontrer que cette affirmation est fausse : à partir du même point de départ il y avait hier 4 registres différents.

Daerden : une “marque” sans contrôle

Par Fabrice Grosfilley dans communication , le 8 février 2010 09h02 | 5 commentaires

cover_sitesJe ne sais pas si vous avez vu la couverture du magazine le vif cette semaine. C’est une première page consacrée à Michel Daerden, titre l’après-Daerden a-t-il commencé ? et l’hebdomadaire s’interroge, les dernières interventions du ministre des pensions, les questions autour de son ancien cabinet de réviseur annoncent-elles la fin d’une carrière ? Jetons un petit coup d’Å“il dans le rétroviseur.  

 

Avant de se demander si Michel Daerden est politiquement affaibli il faut bien faire le constat qu’il est médiatiquement en pleine forme. Selon le baromètre de la société Auxipress  Michel Daerden a fait l’objet de plus de 200 articles sur internet pour le  seul mois  de janvier. Et encore ne sont pris en compte ici que les grands sites d’informations, comme rtlinfo.be, ou encore les sites des grands journaux, on ne vous parle pas des blogs. En ce début d’année il n’y en a qu’un qui a fait mieux c’est Yves Leterme, 217 articles. C’est normal puisqu’Yves Leterme est premier ministre. Il a du commenter l’actualité sociale, évoquer la sécurité, la réforme de la défense et qu’il s’est accessoirement mélangé les feuilles au sénat.

Michel Daerden lui est resté en tête des consultations pour la qualité de son néerlandais, séquence vidéo très consulté, pour toute une série d’enquête liées à son passé de réviseur et depuis quelques semaine il est aussi pris à partie en tant qu’ancien ministre chargé des routes au  sein du gouvernement wallon de la législature précédente. Leterme et Daerden superstars. A titre d’information Stefaan De Clerck ministre de la justice en pleine polémique sur la sécurité ou Pieter De  Crem alors qu’on s’interrogeait sur le sort de la caserne de Bastogne ont eu droit à deux fois moins d’articles.

Si l’on prend la télévision, le nom de Michel Daerden a été cité 28 fois depuis le début de l’année dans les journaux de RTL TVI, celui d’ Yves Leterme 43 fois. En gros cela veut dire qu’on parle du premier ministre tous les jours dans les journaux télévisés. Et du ministre des pensions un jour sur deux.

Passer beaucoup à la télévsion, faire la collection des gros titres, être une star des téléchargements, cela est-il toujours positif ? Réponse :  oui et non . Réponse oui : Michel Daerden est en permanence à la une de l’actualité, cela veut dire qu’il jouit d’une notoriété sans égale. Michel Daerden n’est plus un homme politique, c’est devenu une sorte de marque. Son nom est cité par les éditorialistes sur tous les sujets ou presque et son imitation par André Lamy rythme notre perception de l’actualité. Coté non : la « marque Daerden » vit par elle même sans que l’homme Michel Daerden ne maitrise tout.  La mauvaise pratique du néerlandais cela peut encore faire sourire. La polémique sur les autoroutes est déjà nettement moins favorable. A la différence d’Yves Leterme, qui contrôle encore son calendrier, choisi sur quel dossier il veut s’exprimer et se faire entendre, Michel Daerden lui  semble aujourd’hui dépassé par son image.

Cela veut dire que si  la  « marque Daerden » devient négative, le ministre aura beaucoup de mal à  s’en défaire.  La question posée par le Vif n’est donc peut pas si impertinente.

Leonard : les partis ne lui donnent pas l’absolution

Par Fabrice Grosfilley dans communication, decryptage , le 19 janvier 2010 11h01 | Un commentaire>

Le plus prompt à réagir fut  le parti socialiste. Avant même la nomination officielle du nouveau primat de Belgique Laurette Onkelinx avait fait part des ses inquiétudes. Hier après midi le communiqué officiel du parti indique qu’il « espère qu’à l’avenir le successeur du cardinal Danneels fera preuve d’une attitude plus ouverte et plus tolérante,  soit respectueuse des droits fondamentaux de chacun ».  Une allusion aux positions de Mgr Leonard sur l’homosexualité. Le communiqué indique que le parti  « insiste pour que Mgr Léonard respecte les décisions démocratiques prises par les institutions du pays ». Petite phrase écrite à l’encre rouge vif, car on imagine mal un archevêque ne pas respecter les décisions démocratiques.

A Ecolo et au CDH la critique est plu subtile mais elle est quand même réelle. Ecolo par exemple commence par rendre hommage à Godfried Danneels pour ses qualités d’ouverture et de dialogue, une manière polie de dire qu’on attend la même chose de son successeur. Le paragraphe suivant est plus explicite encore : « certaines prises de positions plus ou moins récentes de Mgr Léonard dans le domaine éthique suscitent de nombreuses questions, chez des croyants et des non croyants, quant au positionnement futur de la plus haute autorité de l’Eglise catholique de Belgique dans le débat démocratique ».

Au CDH, autrefois parti catholique, la tonalité est la même : Le CDH souhaite à Monseigneur Léonard de “pouvoir exercer ses missions dans la continuité de l’action et de l’esprit de Monseigneur Danneels qu’il remercie pour l’ensemble de son action”.

Enfin au MR il n’y a pas eu de communiqué officiel,  sur les matières morales ou éthique les libéraux laissent d’habitude la liberté à leur membre, mais un député, Xavier Baeselen, indique qu’il voit “dans la nomination de Mgr Leonard une opportunité pour relancer le débat sur la neutralité de l’état et la fameuse liste protocolaire.”

 

Pour résumer on pourrait donc dire que socialsites et libéraux font ouvertement part de leur méfiance, et que pour Ecolo et le CDH on en est au stade de la prudence. Tous les communiqués indiquent que les formations politiques prennent acte de la nomination. “Prendre acte”, c’es dire qu’on ne  cautionne guère. Et personne ne s’est risqué à féliciter le nouveau primat de Belgique. Un constat quand même :   les plus en pointes sur la question de la séparation de l’Eglise et de l’Etat sont aussi  les plus critiques. Un peu comme s’ils souhaitaient que l’Eglise ne s’exprime plus sur les questions de société, cela relève du débat politique, mais que  les politiques estimaient avoir, eux, le droit de s’exprimer sur un choix qui devrait théoriquement rester interne à l’Eglise.  On aurait pu imaginer que les partis se désintéressent de la question. On mesure bien ce matin que le choix  posé par Benoit XVI est finalement une excellente occasion de relancer la polémique ancestrale entre croyants et laïcs. Mais pour polémiquer, c’est comme pour communier :  il faut être deux.

Herman Van Rompuy entre en action

Par Fabrice Grosfilley dans communication, decryptage, union européenne , le 4 janvier 2010 08h01 | Ajouter un commentaire

BELGIUM EU PRESIDENT VAN ROMPUY NYSE EURONEXTOfficiellement Herman Van Rompuy est président de l’union européenne depuis le 1er janvier, mais c’est réellement ce matin qu’il va faire sa première apparition publique, avec l’ouverte de l’année boursière 2010. Ce sera à la bourse de Bruxelles dans un peu plus d’une heure, et ce sera sans doute l’occasion pour lui de prononcer quelques mots à destination de la presse européenne.

Le premier défi pour lui c’est de se faire une place. Notre ancien premier ministre est en effet le premier président permanent de l’union, mais cette fonction n’est pas très claire, la définition dans le traité de Lisbonne  précise juste qu’il prépare et anime les travaux du conseil européen, , qu’il présente un rapport au parlement européen après chaque réunion et qu’il assure la représentation extérieure du conseil. C’est flou et surtout cela entre en concurrence avec les présidences tournantes, ces présidences de 6 mois qui sont assurés par les états membres. En ce moment c’est l’Espagne qui assure la présidence. Vous savez comment sont les états membres : présider l’Europe c’est une opportunité politique, on peut essayer de faire passer certaines grandes orientations, c’est aussi une formidable vitrine médiatique. Imaginez 6 mois avant la présidence belge on vous en parle déjà. C’est dans tous les états membres pareil : aucun chef de gouvernement n’a envie de laisser passer cette chance, c’est normal. La grande difficulté c’est de savoir partager les honneurs sans pour autant rentrer en concurrence. Que le nouveau poste de président soit un plus pour l’Europe et non pas une cacophonie supplémentaire. Pour cela il faut surement de la diplomatie, Herman en a, il faudra sans doute aussi un peu d’autorité. Le nouveau président doit marquer son territoire et montrer qu’il est le patron. Travailler avec 27 gouvernements différents, et donc faire des compromis, mais en même temps suivre sa propre route pour qu’on sente sa patte.

Dans les faits Herman Van Rompuy a donc rencontré José Zapatero, le premier ministre espagnol. Les deux hommes se sont mis d’accord sur la manière dont ils allaient coexister pendant la présidence espagnole. Pour les réunions de chefs d’état et de gouvernement, pas de problème ça se passe à Bruxelles, c’est Herman qui aura la main. En ce qui concerne les grandes réunions internationales avec les Etats Unis par exemple, ou avec les pays d’Amérique latine, ce sera en Espagne, histoire que le prestige de ces réunions rejaillisse un peu sur le premier ministre espagnol. L’accueil des chefs d’état, cette faumeuse poignée de main qui passe sur les télés du monde entier ce sera Herman, mais Zapatero sera à côté. Ca c’est pour la forme. La vraie question c’est aussi de savoir qui va lancer les dossiers sur le fond. En pleine crise le premier défi c’est l’économie. Herman Van Rompuy a convoqué un sommet sur la relance de la croissance et le maintien du modèle social européen, ce sera probablement le 11 février à Bruxelles. En programmant sa première sortie ce matin à la bourse Euronext le nouveau président envoie donc un signal. Il est là. Il est au travail et l’économie européenne est bien sa première priorité. Cette image sera dans tous les journaux télévisés d’Europe ce soir. Ca c’est la “patte” Herman Van Rompuy, dont on notera que son conseiller communication, Dirk De Backer, le suit à l’Europe. On le présente souvent comme discret, modeste effacé. En réalité, il est très organisé, et il maîtrise parfaitement son image.

Les voeux électroniques ont la cote

Par Fabrice Grosfilley dans anecdote, communication , le 31 décembre 2009 12h12 | 4 commentaires

C’est l’un des privilèges des journalistes politiques et des rédacteurs en chef : fin décembre, début janvier nous sommes gâtés par les amis de la poste. Des dizaines de cartes de voeux de bourgmestres, députés, ministres et des attachés de presse avec lesquels nous travaillons toute l’année. Un petit mot pour entretenir de bonnes relations, c’est la tradition.

Depuis quelques années, un constat : Pierre Kroll et Frédéric Dubus doivent bien arrondir leur fin du mois de décembre, de plus en plus d’élus faisant appel à leurs talents pour nous souhaiter le meilleur l’année prochaine. Sur mon bureau pas moins de 4 cartes de Kroll attendent une réponse ce jeudi (et toutes couleurs confondues : Benoît Cerexhe, Michel Daerden et Daniel Bacquelaine - entre autres-  ont fait appel à son coup de crayon).

 Ajoutons une nouvelle tendance qui s’affirme d’année en année : les voeux électroniques, plus de mails moins de papier.

 

Sur les sites des partis on est plus  ou moins orginal.

Les plus imaginatifs ont été, sans contestation possible, les communiquants d’Ecolo avec cette vidéo sous forme de micro-trottoir sur les petits bonheurs de la vie, pas de politiques à l’écran mais la voix de Jean-Michel Javaux pour conclure.


Les voeux d’Ecolo pour 2010
envoyé par ecolo-be. - L’info internationale vidéo.
 

Au CDH une petite animation avec un foetus à l’intérieur de la planète terre et la signature de Joëlle : http://www.lecdh.be/nous-et-vous/actualites/bonne-annee-2010. On en retiendra deux confirmations : d’abord la personnalisation de la communication autour de la personne présidentielle, et ensuite la volonté de désigner Ecolo comme un concurrent.

Au PS, un logo rouge sobre.voeux_ps

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Au MR un père noël avec une écharpe bleue, et les dates des cérémonies à venir. voeux-mr1

 

 

 

 

 

 

N’hésitez pas à me signaler les autres voeux de la toile qui mériteraient d’être signalés ici.

Michel Konen au CDH

Par Fabrice Grosfilley dans communication , le 30 décembre 2009 09h12 | Ajouter un commentaire

EU - AUBENASC’est “son” ancien journal, la Libre Belgique, qui l’annonce en primeur : Michel Konen deviendra à partir du premier janvier le directeur de communication du CDH. L’homme, caractérisé par une voix grave et rauque, devra donc coordoner la stratégie de communication des humanistes. Le rôle de porte parole (et donc les relations avec la presse) devrait rester à Dorothée Klein, ancienne rédactrice en chef du Vif.

L’info courrait depuis 48 heures déjà dans les couloirs de la RTBF. Michel Konen y était revenu il y a quelques mois pour prendre en charge une rubrique “environnement” qu’il déclinait en TV, radio et internet. Un retour au “bercail”  puisque Michel Konen a longtemps été le rédacteur en chef du JT avant de prendre un congé sabbatique pour diriger 6 années durant la Libre Belgique. Le retour au sein de l’audiovisuel public n’était donc qu’un passage transitoire.

Question subsidiaire : qui va s’installer dans le fauteuil de rédac chef  à la Libre ? A ce jour, le poste est toujours vacant…

 

UPDATE à 15H50 : voici le texte d’un communiqué du CDH reçu dans ma boîte mail :

 

                                Bruxelles, le 30 décembre 2009

 

 

 

Communiqué de presse du cdH

 

Michel Konen devient le directeur de la communication

 

 

 

Le cdH et sa présidente Joëlle Milquet ont le plaisir d’annoncer l’arrivée de Michel Konen à la direction de la communication du cdH.

 

Ancien rédacteur en chef du journal parlé, puis du journal télévisé de la RTBF, qui dirigea la rédaction de La Libre Belgique pendant six ans, Michel Konen coordonnera, à partir du 1er janvier, l’ensemble des services relatifs à la communication : le service web et de nouveaux médias, le service de la communication « non presse politique » et, enfin, le service presse politique dont Dorothée Klein, ancienne rédactrice en chef du Vif/L’Express, en fonction au cdH depuis le 25 avril dernier, reste responsable.

 

UPDATE 2 : c’est Vincent Slits qui est finalement nommé Rédacteur en Chef de la libre (le nom de Françis Van de Woestijne avait également été avancé). Jean-Paul Duchateau sera rédacteur en chef adjoint.

 

Le palmarès Auxipresse : Reynders et Van Rompuy champions 2009

Par Fabrice Grosfilley dans communication , le 24 décembre 2009 09h12 | Un commentaire>

BELGIUM SOCCER JPL DAY 15 ANDERLECHT ROESELAREAuxipresse est une entreprises spécialisée dans l’étude des médias. Elle scanne la presse écrite, elle décompte le nombres de photos, elle minute les temps d’antenne à la télévision, pour savoir qui parle de quoi et en quels termes. Auxipresse a notamment dans ses clients  de grandes entreprises privés  mais aussi plusieurs partis politiques, qui sont très curieux de savoir si ils sont aussi bien traités que le voisin. Le journal Le Soir a pu se procurer un premier décompte pour 2009., et sans surprises il ya deux champions des apparitions médias. Dans la catégorie presse écrite, le gagnant est Didier Reynders. Il totalise 6 881 articles qui parlaient de lui. C’est deux fois plus que Laurette Onkelinx, Joëlle Milquet ou Elio Di rupo qui tournent tous les 3 aux alentours des 3 000 articles.

Dans la catégorie radio et télévision la star s’appelle  Herman Van Rompuy, 1580 reportages toutes chaines confondus. Didier Reynders est là en deuxième position :  1442 apparitions.

Tout cela est logique :  Herman Van Rompuy a été à la une de l’actualité, d’abord parce qu’il était premier ministre, ensuite parce qu’il est devenu président du conseil de l’union européenne. Didier Reynders est lui apparu tout au long de l’année. En tant que vice premier ministre, en tant que ministre des finances en tant que président de parti. Le fait d’apparaître souvent dans les médias est d’ailleurs parfois à double tranchant. Si Didier Reynders est « surexposé » c’est d’abord en raison la crise financière, puis ensuite de la saga de l’affaire Fortis et enfin,  lorsque sa présidence a été contestée. Conclusion d’auxipresse  : la tonalité des articles le concernant était plutôt négative.

La société estime que à l’inverse Jean Michel Javaux et Guy Verhofstadt ont bénéficiés en 2009 d’articles dont la tonalité était plutôt positive. Yves Leterme, qui a été cité 4 711 fois cette année bénéficie d’une couverture équilibré, en partie négative, en partie positive.

 

Charité bien ordonnée commençant par soi même, je suis allé chercher les décomptes d’auxipresse pour les journaux de RTL TVI.  En novembre (décembre est toujours en cours lorsque j’écris ces lignes) le parti socialiste a bénéficié de 32% du temps d’antenne contre 29% au mouvement réformateur, ce qui me semble assez équilibré. Le CDH 19% , ecolo 15% : on voit bien que médiatiquement il y a deux gros partis et deux plus petits. Côté personnalités :  Elio Di Rupo avait parlé 497 secondes contre 481 pour Joëlle Milquet et  344 pour  Didier Reynders. Toujours en novembre Isabelle Durant est apparu beaucoup plus souvent que Jean Michel Javaux.

Notez qu’il peut y avoir de forte variation d’un mois à l’autre : en octobre le MR totalisait 41% du temps d’antenne à lui tout seul avec 681 secondes pour Didier Reynders, un peu plus de 11 minutes. Il faut se rappeler qu’octobre c’est le mois de la fronde interne au mouvement réformateur et que le président du MR est finalement monté au créneau pour se défendre lui même et reprendre le main. La couverture de l’actualité justifie donc cette apparente disproportion.

Cet épisode permet de poser une question centrale qui occupe bien des conseillers en communication : en politique faut-il apparaître souvent dans les médias ou seulement quand c’est à votre avantage ? Il ya des partisans des deux thèses. Se taire c’est ne pas s’exposer. Ne pas apparaître c’est prendre les risques de laisser les autres ternir votre image sans pouvoir répondre.

Dernier détail  : en octobre et en novembre Michel Daerden n’était pas apparu une seule fois dans les journaux de TVI.  Cela ne l’empêche pas d’être qualifié de bêtes des médias. Caricaturistes et humoristes lui permettent d’ailleurs d’être présent presque quotidiennement…et il s’est rattrapé en décembre.

Herman superstar… c’est récent

Par Fabrice Grosfilley dans communication, fédéral , le 17 décembre 2009 09h12 | Ajouter un commentaire

SPAIN EU VAN ROMPUY« L’usage nous dira si Herman Van Rompuy sera  un vrai joker pour le pays ou juste le valet des flamingants » Denis Ducarme sur son blog,  le 28 décembre 2007.

 

« Il ne restait finalement qu’Herman Van Rompuy. Il a l’expérience des gouvernements fédéraux. Il sait s’y prendre pour assurer l’équilibre budgétaire, ce qui est plutôt bienvenu par les temps qui courent. Il n’effraie pas les francophones malgré des prises de position parfois carrées à propos de la périphérie bruxelloise. Il n’a plus son avenir politique devant lui et ne fera donc pas d’ombre à ses partenaires au gouvernement. »  (portrait paru dans la Libre Belgique en décembre 2008 lorsqu’Herman est devenu premier ministre, vous avouerez que c’est un optimisme mesuré).

 

 « Il trônait au perchoir de la Chambre. En trébuchant, Leterme a forcé Van Rompuy (61 ans) à descendre dans l’arène et endosser un costume dont il ne voulait pas. Il l’a assez dit - et on l’a assez rappelé : si an Rompuy répétait (depuis longtemps) n’avoir aucun goût pour le poste de Premier ministre » (le soir le 30 décembre 2008, même remarque).

 

Je vous passe plein de titres de journaux au moment des négociations de 2007   pour tenter de former un gouvernement : Van Rompuy piétine, Van Rompuy met la pression sur les francophones, Van Rompuy pourrait rendre son tablier, Van Rompuy  est dans une impasse, etc.

 

« Le gouvernement Van Rompuy ? Il risque fort d’avoir pour seul mérite celui d’exister, les pieds plombés par les multiples tensions entre et au sein même des partis qui le composent (…) les yeux rivés sur les prochaines élections, et la besace tristement remplie de choix préjudiciables pour le Pays ». Jean Marc Nollet à l’époque chef de groupe Ecolo à la chambre.

 

Continuons le jeu des citations : « Herman Van Rompuy ne parviendra pas à régler la problématique de Bruxelles-Hal-Vilvorde avant le début de la présidence belge de l’Union européenne (…)on  risque le ridicule devant toute l’Europe si une nouvelle crise surgit à ce moment-là “.(Bart de Wever, particulièrement visionnaire puisqu’il tenait ces propos un mois avant qu’Herman ne devienne président du conseil de l’union…

 

« Van Rompuy est quand même l’auteur de la proposition de scission de Bruxelles-Hal-Vilvorde. Il est celui qui a contribué à déstabiliser gravement les équilibres institutionnels patiemment construits au cours de l’histoire de ce pays. Si les parlements ont dû à tour de rôle voter une procédure de conflit d’intérêts, c’est parce que lui-même avait allumé une mèche dont il n’a pas mesuré tous les effet »s. Olivier Maingain, visionnaire également,  dans un entretien auVvif également un peu avant la nomination d’Herman

  

Malgré tous ces propos Herman Van Rompuy est donc désigné « belge de l’année », et semble prendre un plaisir évident à être président du conseil de l’union européenne , à voler de capitale en capitale, à tutoyer Angela, Nicolas, Gordon et les autres. Il y a moins de 10 ans on disait que sa carrière était morte. Qu’il faisait un très bon prof d’université. Aujourd’hui 4000 personnes interrogées le place devant Franck de Winne, qui plane donc moins haut que lui un score qui est le double de celui de Michel Daerden ou Didier Reynders, 3 fois le score de Kim Clijsters. La politique et la popularité, ne l’oublions pas,  c’est une affaire de perception. En un an on peut passer de « pestiféré » à « béatifié »… planer ou s’écraser.

Le plan Marshall 2.vert : est-ce que ça marche ?

Par Fabrice Grosfilley dans communication, mode d'emploi, wallonie , le 4 décembre 2009 09h12 | 3 commentaires

16972880Tout est dans le titre. Le plan Marshall, version numéro 2, teinté de vert. Un nom en 3 temps qui signifie qu’on bien dans la ligne de ce programme ambitieux de relance de l’économie wallonne lancé  en 2005, il y a donc déjà 4 ans. Version numéro 2 parce qu’il s’agit bien n’un nouvel épisode, avec de nouveaux investissements. Le point renvoie au 2.0 du web, histoire de montrer qu’on est modernes et orientés nouvelles technologie et enfin le vert souligne  l’entrée des écolos dans la majorité wallonne et annonce que les politiques environnementales font désormais parti de la préoccupation wallonne. Hier en conférence de presse il y avait d’ailleurs 2 ministres écolos (Jean-Marc Nollet et Philippe Hnery) pour 1 PS (Rudy Demotte)  et 1 cdh (André Antoine).  Ce nom n’est pas né du hasard, il a été négocié lors de la formation du gouvernement, et passe pour un joli cadeau d’entrée offert aux écolos. Ca c’est pour la com. Vous savez qu’en politique, surtout quand il s’agit de mobiliser les acteurs  économiques, la communication c’est essentiel. Ce n’est pas par la communication que vous créer de l’emploi, certes,  mais c’est bien  par cette communication que vous donnez envie aux investisseurs d’investir, que vous aidez les chefs d’entreprise à se mobiliser, il y a même des communications réussies qui permettent aux ménages d’avoir confiance et donc envie de consommer.

 

Alors au delà de la communication qui y a -t-il dans ce plan 2 point vert ? D’abord de l’argent frais. La première version du plan Marshall c’était un milliard et demi. La version numéro 2 : 2 milliard 7 sur 5 ans. 1 milliard 6 pris sur le budget de la région, le reste est emprunté, c’est donc du développement à crédit.

A quoi sert cet argent ? à financer de la formation professionnelle, y compris l’apprentissage du néerlandais,   à assainir des sites pollués, à doper la recherche notamment. L’une des mesures les plus spectaculaires du plan Marshall ce sont les pôles de compétitivité, c’est à dire  la mise en réseau les entreprises et des chercheurs qui travaillent dans le même secteur. On va en créer un 6ième  sur les technologies environnementales.

 

 Est-ce que ça marche ? D’après les économistes de la région wallonne la première version du plan Marshall aurait profitée à 10 000 entreprises et permis la création de 27 000 emplois. Ce plan numéro 2 va notamment mettre l’accent sur l’isolation des maisons, cela devrait permettre de créer 15 000 emplois supplémentaires rien que dans le bâtiment, chiffre confirmé par la confédération de la construction.

 

Est-ce que cela fait réellement reculer le chômage ? La réponse est non, en tout cas pas de manière spectaculaire. Il faut reconnaître que la crise est passée par là, sans elle les résultats auraient peut être été meilleurs. Et si la Wallonie se mobilise et investit, les autres régions voisine le font aussi, c’est le cas de la région nord pas de calais ou de la Flandre par exemple, on serait donc tenté de dire que la région fait donc son boulot et qu’il ne faut pas tomber dans un optimisme démesuré. Les patrons  wallons disent d’ailleurs souvent qu’ils sont satisfaits du plan Marshall, que cela va dans le bon sens mais qu’il faudra encore des années avant d’en tirer un vrai bilan, et voir si ces actions permettent de réellement réorienter l’économie wallonne et rattraper le retard sur les régions voisines.

 

Revenons à la communication, pour mobiliser tout le monde il faut donner de l’éclat à ce qu’on annonce. Hier la conférence de presse annonçant le plan Marshall 2 point vert a eu lieu au château de la Hulpe, cadre prestigieux. Le texte du plan est d’ores et déjà disponible sur internet. Départ en fanfare. Mais un couac, l’absence de Jean Claude Marcourt qui n’était pas en conférence de presse. Annoncer qu’on muscle l’économie wallonne quand le ministre de l’économie n’est pas là… cela fait désordre..