decryptage
Lundi de Pâques cette année tombe le 5 avril. Les vacances scolaires s’étendent du 5 au 16. Jean Luc Dehaene vous le savez est chargé d’une mission d’une négociation communautaire autour de l’arrondissement Bruxelles- Hal- Vilvorde. Pour ceux qui ont raté un épisode, souffrent d’une mémoire défaillante, ou rentrent d’un voyage prolongé : la procédure fut mise en place par Wilfried Maertens lorsque Herman Van Rompuy a quitté le 16 rue de la loi, dans l’idée de permettre  à Yves Leterme de retrouver le fauteuil de premier ministre sans s’occuper de BHV. En annonçant cette mission de Jean Luc Dehaene on avait annoncé qu’il fallait attendre un accord avant Pâques. Si j’avais un goût prononcé des jeux de mots, je vous dirais qu’on attendait donc que Jean-Luc pour le lundi de Pâques sorte un lapin de son chapeau, mais qu’hier il  a préféré sonné la cloche.
Le tour de magie est donc reporté.  Jean-Luc nous éclaire le calendrier, et pour ça il a publié un communiqué de presse. Pâques cette année ce n’est pas du tout le 5 avril, par  Pâques il faut entendre vacances incluses. Le médiateur nous annonce donc qu’il doit atteindre cet objectif avant la fin des congés scolaires. Pourquoi pas, me direz-vous ? Comme cela fait des dizaines d’années que l’arrondissement Bruxelles Hal Vilvorde empoisonne la politique belge on n’est plus à une semaine près. En plus pendant les vacances les négociateurs ne seront pas pris par le parlement, le kern, les enfants à la sortie de l’école : ils auront plus de temps pour négocier.
Mine de rien Jean Luc Dehaene a quand même débuté sa mission le 24 novembre. Cela fait donc déjà 4 mois qu’il travaille. Il a vu à plusieurs reprises tous les présidents de parti de la majorité pour tâter le terrain. Il n’a, en revanche,  pas encore soumis de document écrit aux négociateurs histoire d’éviter les fuites. « Je vous informerai lorsque ce sera bouclé » a fait savoir Dehaene à ses petits mais du CD&V le partis social chrétien flamand.
A ce stade personne ne peut dire si Jean Luc a vraiment une piste susceptible d’aboutir à un accord. Personne ne peut dire s’il travaille sur un accord provisoire, ou sur une solution définitive.
CE qu’on sait c’est que le dossier est toujours explosif. Hier par exemple le FDF a annoncé qu’il voulait qu’on lie le problème des écoles de la périphérie à la discussion sur BHV. En cause une circulaire qui demandait à ces écoles francophones des renseignements sur la sécurité des bâtiments et leur programme pédagogique. E
« Contraire aux libertés fondamentales » a clamé le FDF. « Ce n’est pas le moment d’en rajouter laissons Jean-Luc travailler » a répliqué le CDH. Bref c’est nerveux.
10 jours de décalage est-ce  important ? Et bien oui. Pour comprendre BHV il faut se rappeler que ce dossier est gelé par une procédure en conflit d’intérêt. Celle-ci s’achève début mai. Ce qui veut dire que début mai le projet de loi revient devant la chambre, on pourrait donc se retrouver à nouveau avec un vote des députés flamands contre les députés francophones. Un scénario qui est celui de la dissuasion nucléaire : si les flamands appuient sur le bouton c’est le gouvernement Leterme qui saute, mais on déjà vu que la dissuasion a ses limites. En décalant de 10 jours Jean-Luc Dehaene fait de la stratégie. S’il ya un accord ce sera donc à la mi- avril. Si vous voulez le faire voter à la chambre il faudra le faire tout de suite : sinon la proposition de loi des partis flamands risque de vous prendre de vitesse. Le texte de Jean-Luc sera donc à prendre ou à laisser. Ses adversaires n’auront donc pas le temps de s’y opposer ou de mener campagne dans l’opinion publique.
Si vous êtes un homme ou une femme politique, si vous vous intéressez de près ou de loin au dossier Bruxelles Hal Vilvorde, un conseil : à Pâques : annulez vos vacances.
C’est un interview en une, 3 colonnes, grande photo. Difficile de passer Ă cĂ´tĂ©. Et Ă l’intĂ©rieur du journal une double page avec trois gros chapitres : carrefour, le budget et l’après l ’après crise. Les journalistes  du Soir avancent eux-mĂŞme une mise en perspective : Didier Reynders veut tourner la page. Fortis et les turbulences internes du mouvement rĂ©formateur c’est du passĂ©, le prĂ©sident du MR se positionne sur des dossiers concrets et il veut mettre en application l’appel rĂ©formateur, le nouveau manifeste de son parti.
 Alors effectivement, ce qu’on retiendra de cet entretien est cette petite phrase Ă propos de Carrefour. Est-ce qu’une entreprise bĂ©nĂ©ficiaire pour se restructurer ? Ma rĂ©ponse est simple oui, mais elle en supporte les consĂ©quences. Et Didier Reynders d’ĂŞtre encore un peu plus explicite deux questions plus loin « il faut dire :  Carrefour avant d’investir dans un nouveau dĂ©cor, une nouvelle campagne de publicitĂ© vous allez payer votre passif  social. Envisage-t-on  vraiment de payer les prĂ©pensions de Carrefour ? Ou  va-ton oser dire Ă Carrefour c’est vous qui allez payer ça puisque vous ĂŞtes bĂ©nĂ©ficiaire (…) Gardons les deniers publics pour les entreprises qui sont vraiment en difficultĂ©. »
 Vous avez bien lu :  Didier Reynders propose  de ne pas payer les prĂ©pensions dans le cas de Carrefour. Puisque ce groupe gagne de l’argent, c’est Ă lui de payer. En apparence c’est un discours très Ă gauche, qu’on pourrait interprĂ©ter comme un signe de la nouvelle communication plus « centriste » des libĂ©raux.  Un vice premier libĂ©ral qui s’en prend publiquement Ă un grand groupe c’est effectivement très spectaculaire.
 Il faut ajouter que  Didier Reynders pointe du doigt un vrai phĂ©nomène de grande ampleur. Le recours aux prĂ©pensions est effectivement quasi systĂ©matique dans tous les grands drames sociaux.  Les grandes entreprises y ont très souvent recours, et c’est effectivement le contribuable qui paye. La question des prĂ©pensions est donc un mal belge, et  il est positif de le mettre sur la table.
 Apportons quand mĂŞme quelques nuances : si Didier Reynders propose de geler les prĂ©pensions dans ce cas prĂ©cis, il en revanche hostile Ă l’idĂ©e qu’on fasse rembourser des aides perçues dans le passé par des entreprises « cela n’a aucun sens » dit-il. Ce dĂ©bat lĂ est pourtant aussi sur la table, et tant quĂ chatouiller les grands groupes il serait cohĂ©rent d’explorer cette voie lĂ Â aussi. Ensuite peser sur les prĂ©pensions, c’est prendre le risque que Carrefour licencie purement et simplement, ce personnel de plus de 50 ou 55 ans se retrouverait alors au chĂ´mage. C’est quand mĂŞme l’Ă©tat qui devrait payer. La perspective de voir l’Ă©tat fĂ©dĂ©ral entamer rĂ©ellement un bras de fer avec la direction de carrefour dans les circonstances actuelles est assez peu crĂ©dible. C’est donc un positionnement “de gauche” plus que relatif. Disons plutĂ´t une formule choc qui rapporte beaucoup sans coĂ»ter grand chose.
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Enfin il y a un dernier dĂ©tail qui ne doit pas vous Ă©chapper. Le recours aux prĂ©pensions c’est l’un des points que doivent dĂ©sormais nĂ©gocier la direction du groupe  Carrefour, les syndicats de l’entreprise et la ministre de l’emploi.  Qui est la ministre de l’emploi ? Joelle Milquet,  et vous vous souvenez, puisque vous lisez ce blog rĂ©gulièrement,  que c’est une grande amie de Didier Reynders. Le prĂ©sident du MR indique d’ailleurs, avec l’ironie qu’on lui connaĂ®t,  qu’il n’a pas pu discuter de son idĂ©e avec elle puisqu’elle est en dĂ©placement Ă l’Ă©tranger (au Congo en l’occurrence).
Didier Reynders vient de rĂ©ussir un coup double : tenir un discours en apparence très critique contre les grandes entreprises, bon pour son image,   et mettre en difficultĂ© une de ses collègues prĂ©sidente d’une formation concurrente.
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UPDATE Ă 18H45 : l’interview de Didier Reynders n’est pas restĂ© sans rĂ©action. Le SETCA (syndicat socialiste des employĂ©s et cadres) le qualifie de “cynique et indĂ©cent”. “Didier Reynders se trompe de cible, il met la pression sur les travailleurs”. “Si on peut compter sur un nouvel adepte de la responsabilisation des entreprises tant mieux” ironise de son cĂ´tĂ© JoĂ«lle Milquet “mais il ne faut pas changer les rĂ©gles du jeu pour le cas prĂ©cis de Carrefour”. MĂŞme le syndicat libĂ©ral CGSLB se montre critique : “nous ne comprenons pas la logique de la rĂ©action de Didier Reynders”.Â
Cela a plutĂ´t mal commencĂ©. Herman Van Rompuy avait eu l’idĂ©e de ce sommet extraordinaire pour sortir de la crise Ă©conomique.  On aurait du y parler politique de relance, investissement,  recherche, dĂ©ficits publics. Patatras, la Grèce est au bord du gouffre. La rĂ©union d’aujourd’hui va donc d’abord servir Ă sauver les finances grecques et Ă essayer de stabiliser l’Euro. Herman a donc Ă©tĂ© pris Ă contre pied.
Deuxième difficultĂ©, le poids du couple franco-allemand. Nicolas Sarkozy et Angela Merkel sont de nouveaux en première ligne. Le premier ministre grec Ă©tait Ă paris hier, il a dĂ©jeunĂ© avec Nicolas, il a eu Angela au tĂ©lĂ©phone dans la foulĂ©e. Herman Van Rompuy n’est pas sur la touche, on l’a aussi beaucoup appelĂ© au tĂ©lĂ©phone hier, mais le danger pour lui c’est d’apparaĂ®tre comme un facilitateur ou une espère de un notaire. En Europe comme ailleurs c’est ceux qui ont l’argent qui ont le pouvoir. Le prĂ©sident du conseil n’a pas la possibilitĂ© de dĂ©bloquer des fonds.
Troisième handicap pour Herman Van Rompuy sa personnalitĂ© : le prĂ©sident n’aime pas (trop) communiquer. Beaucoup d’observateurs europĂ©ens ont Ă©tĂ© surpris par sa discrĂ©tion depuis qu’il a Ă©tĂ© nommĂ©. Etre discret c’est une qualitĂ© en Belgique, cela peut interloquer dans d’autres Ă©tats membres. L’eurodĂ©putĂ© français AndrĂ© Lamassoure s’en Ă©tonne. Cette discrĂ©tion est cependant un avantage : elle Ă©vite au prĂ©sident de se trouver en contradiction ou en concurrence avec les chefs de gouvernement.
MalgrĂ© tout cela Herman Van Rompuy pourrait bien rĂ©ussir Ă imposer sa mĂ©thode aujourd’hui. D’abord parce que c’est lui qui a convoquĂ© la rĂ©union : cela sera donc portĂ© Ă son crĂ©dit. Ensuite parce qu’il a d’ores et dĂ©jĂ changĂ© les règles du jeu. Tout Ă l’heure les chefs d’Ă©tat et de gouvernement vont se retrouver Ă la bibliothèque Solvay et non pas dans le bâtiment habituel près du rond point Schuman. Cette salle prestigieuse avait dĂ©jĂ Ă©tĂ© utilisĂ© par Guy Verhofstadt pour un dĂ®ner des chefs d’Ă©tat lors de la prĂ©cĂ©dente prĂ©sidence belge, mais lĂ il s’agit d’une rĂ©union complète.  Il n’y a que quelques centaines de mètres de distance avec le bâtiment du « juste lipse » qui se trouve rue de la loi,  mais cela va changer beaucoup de choses. Les chefs d’Ă©tat vont y arriver en voiture et que la presse n’y aura pas accès. Pas question donc de faire des dĂ©clarations Ă l’entrĂ©e. Vous avez tous vu ces images Ă l’entĂ©e du conseil avec des dizaines de micros et de camĂ©ras, et ces dĂ©clarations qui servent Ă faire pression sur les nĂ©gociations. Quand on dit quelque chose devant une camĂ©ra cela a forcĂ©ment un impact sur ce qui se passe dans la salle, on sait alors que le ministre qui a fait cette dĂ©claration ne pourra plus faire marche arrière. Herman Van Rompuy a donc dĂ©cidĂ© de mettre un terme aux musculations mĂ©diatiques.
Deuxième innovation les dĂ©lĂ©gations seront limitĂ©es. Habituellement dans la salle du conseil, il y a 3 personnes par pays, chef d’Ă©tat et de gouvernement, ministre des affaires Ă©trangères, secrĂ©taire d’Ă©tat. Dans une salle voisine, qui est reliĂ© par haut parleur un diplomate qui prend des notes et qui assure la liaison, on l’appelle l’antici (du nom d’un diplomate italien qui incarna cette fonction), et puis les  salles de dĂ©lĂ©gations avec tous les diplomates. Cela reprĂ©sente des dizaines de personnes par pays. Quand la dĂ©lĂ©gation française arrive cela ressemble Ă une caravane, il faut des autocars pour transporter tout le monde. Pendant un conseil ces dĂ©lĂ©gations font passer des dizaines de notes Ă leur ministre par l’intermĂ©diaire des antici. A la bibliothèque Solvay, rien de tout cela, les seuls qui auront accès Ă la salle seront les chefs  gouvernement ou chef cher d’Ă©tat. Il y aura un diplomate dans une salle voisine. Les  ministres des affaires Ă©trangères et les dĂ©lĂ©gations resteront dans le bâtiment habituel. Cela veut dire que l On verra dans quelques heures si cette nouvelle mĂ©thode crĂ©e ou pas un nouvel esprit. Et si Herman Van Rompuy en repensant l’organisation des sommets a eu ou pas une bonne idĂ©e.
C’est la question centrale posĂ©e par la dernière livraison du  sondage « intentions de vote » rĂ©alisĂ© par l’institut Dedicated Research pour le journal le Soir auprès de 1400 personnes. En Wallonie cette Ă©tude d’opinion conforte les grands Ă©quilibres des Ă©lections rĂ©gionales de juin dernier : socialistes et Ă©cologistes sont stables, MR et CDH en très lĂ©ger recul, mais ce sont des mouvements sur quelques dixièmes de pourcent qui ne sont donc pas rĂ©ellement significatifs. A Bruxelles, lĂ le sondage est plus  surprenant. Si l’on en croit cette Ă©tude et si on avait votĂ© dimanche dernier, le PS redeviendrait le premier parti de la capitale avec 24, 1%, donc en progrès par rapport aux dernières Ă©lections. Le MR avec 22,9% serait en net recul par rapport aux dernières Ă©lections, une perte de 3 points et demi. Le PS numĂ©ro 1 Ă Bruxelles on n’a connu cela qu’une seule fois, c’Ă©tait lors des Ă©lections rĂ©gionales de 2004.
Derrière et Ecolo est en léger progrès alors que le CDH se tasse.
L’explication on la trouve peut ĂŞtre un peu plus bas dans ce sondage : c’est la percĂ©e du parti de Michael Modrikamen et Rudy Aernoudt, le parti populaire.  Ce parti est crĂ©ditĂ© de 3,1% des intentions de vote Ă Bruxelles, contre seulement 0,6% en Wallonie.
A ce stade on pourrait  tirer plusieurs conclusions : d’abord le parti populaire semble s’implanter Ă Bruxelles, il faut rappeler que l’avocat Modrikamen est un bruxellois, son cabinet d’avocat est installĂ© Ă Watermael-Boisfort, ensuite il semble faire en revanche un flop en Wallonie. Attention :  dans le dernier baromètre RTL-La Libre Belgique, le parti populaire avait quand mĂŞme obtenu 3,1 % en Wallonie, vous voyez donc que d’un sondage Ă l’autre les conclusions changent, il faut rester prudent.
Les deux sondages, celui du Soir, et celui de RTL et la Libre s’accordent en revanche pour dire qu’Ă Bruxelles le PP franchi la barre des 3 et dans ces deux sondages aussi le MR est en perte de vitesse. Conclusion logique : le parti populaire prendrait des voix aux libĂ©raux. ET le nouveau positionnement du MR, plus au centre, pourrait accentuer la tendance.  En politique il faut parfois se mĂ©fier de la logique. D’abord parce que les transferts de voix sont toujours très difficiles Ă analyser. Ensuite parce qu’on parle ici d’un sondage dont la marge d’erreur est quand mĂŞme de 4,9%, ce n’est donc pas la bible. Enfin dernier Ă©lĂ©ment, parce qu’il existe en Belgique un seuil de 5% pour dĂ©crocher des Ă©lus. C’est une dĂ©cision qui avait Ă©tĂ© prise après les Ă©lections de 1999 lorsqu’on avait constatĂ© l’Ă©miettement du paysage politique avec l’apparition de nombreuses petites formations, notamment en Flandre.  Ce seuil est applicable pour les Ă©lections fĂ©dĂ©rales mais aussi pour les Ă©lections rĂ©gionales depuis 2004. Tant qu’un parti n’a pas franchi la barre des 5% il n’a droit Ă aucun Ă©lu. Pour l’instant le Parti Populaire peut donc faire peur au Mouvement RĂ©formateur. La peur est un sentiment irrationnel.  Mais tant que le parti populaire n’atteint pas les 5% le danger n’est pas rĂ©el.
Les stratèges  rĂ©formateurs doivent donc, Ă ce stade, s’inquiĂ©ter plus de la progression socialiste que de l’apparition du PP.
Le plus prompt Ă rĂ©agir fut  le parti socialiste. Avant mĂŞme la nomination officielle du nouveau primat de Belgique Laurette Onkelinx avait fait part des ses inquiĂ©tudes. Hier après midi le communiquĂ© officiel du parti indique qu’il « espère qu’Ă l’avenir le successeur du cardinal Danneels fera preuve d’une attitude plus ouverte et plus tolĂ©rante, soit respectueuse des droits fondamentaux de chacun ». Une allusion aux positions de Mgr Leonard sur l’homosexualitĂ©. Le communiquĂ© indique que le parti « insiste pour que Mgr LĂ©onard respecte les dĂ©cisions dĂ©mocratiques prises par les institutions du pays ». Petite phrase Ă©crite Ă l’encre rouge vif, car on imagine mal un archevĂŞque ne pas respecter les dĂ©cisions dĂ©mocratiques.
A Ecolo et au CDH la critique est plu subtile mais elle est quand mĂŞme rĂ©elle. Ecolo par exemple commence par rendre hommage Ă Godfried Danneels pour ses qualitĂ©s d’ouverture et de dialogue, une manière polie de dire qu’on attend la mĂŞme chose de son successeur. Le paragraphe suivant est plus explicite encore : « certaines prises de positions plus ou moins rĂ©centes de Mgr LĂ©onard dans le domaine Ă©thique suscitent de nombreuses questions, chez des croyants et des non croyants, quant au positionnement futur de la plus haute autoritĂ© de l’Eglise catholique de Belgique dans le dĂ©bat dĂ©mocratique ».
Au CDH, autrefois parti catholique, la tonalitĂ© est la mĂŞme : Le CDH souhaite Ă Monseigneur LĂ©onard de “pouvoir exercer ses missions dans la continuitĂ© de l’action et de l’esprit de Monseigneur Danneels qu’il remercie pour l’ensemble de son action”.
Enfin au MR il n’y a pas eu de communiquĂ© officiel, sur les matières morales ou Ă©thique les libĂ©raux laissent d’habitude la libertĂ© Ă leur membre, mais un dĂ©putĂ©, Xavier Baeselen, indique qu’il voit “dans la nomination de Mgr Leonard une opportunitĂ© pour relancer le dĂ©bat sur la neutralitĂ© de l’Ă©tat et la fameuse liste protocolaire.”
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Pour rĂ©sumer on pourrait donc dire que socialsites et libĂ©raux font ouvertement part de leur mĂ©fiance, et que pour Ecolo et le CDH on en est au stade de la prudence. Tous les communiquĂ©s indiquent que les formations politiques prennent acte de la nomination. “Prendre acte”, c’es dire qu’on ne  cautionne guère. Et personne ne s’est risquĂ© Ă fĂ©liciter le nouveau primat de Belgique. Un constat quand mĂŞme :  les plus en pointes sur la question de la sĂ©paration de l’Eglise et de l’Etat sont aussi  les plus critiques. Un peu comme s’ils souhaitaient que l’Eglise ne s’exprime plus sur les questions de sociĂ©tĂ©, cela relève du dĂ©bat politique, mais que  les politiques estimaient avoir, eux, le droit de s’exprimer sur un choix qui devrait thĂ©oriquement rester interne Ă l’Eglise.  On aurait pu imaginer que les partis se dĂ©sintĂ©ressent de la question. On mesure bien ce matin que le choix posĂ© par Benoit XVI est finalement une excellente occasion de relancer la polĂ©mique ancestrale entre croyants et laĂŻcs. Mais pour polĂ©miquer, c’est comme pour communier :  il faut ĂŞtre deux.
Pour ĂŞtre honnĂŞte l’annonce de ce dĂ©mĂ©nagement hier n’est pas tout Ă fait une surprise. Cela fait plusieurs mois que l’on sait que Rudy Demotte envisage de s’installer Ă Tournai. La presse locale avait signalĂ© qu’il y avait visitĂ© des maisons Ă vendre, et lui mĂŞme reconnaissait publiquement que la question pouvait se poser. En rĂ©alitĂ© cela fait  mĂŞme des annĂ©es que la question se pose.
Rudy Demotte Ă©tait  jusqu’Ă prĂ©sent Ă©tait bourgmestre empĂŞchĂ© de Flobecq, la commune oĂą il rĂ©side, Ă 30 kilomètres de tournai, le long de la frontière linguistique. Rudy Demotte y est devenu conseiller communal  94, mais sa carrière politique ne s’est pas faite Ă Flobecq. Rudy Demotte a en effet Ă©tĂ© prĂ©sident des jeunesses socialistes, sa rampe de lancement dès le milieu des annĂ©es 80, un mandat national donc, il Ă©tait  à l’Ă©poque un collaborateur de Philippe Busquin. Lorsqu’il est devenu bourgmestre empĂŞchĂ© il Ă©tait dĂ©jĂ ministre.
Pour bien comprendre il faut comparer les deux communes. Flobecq c’est 4000 habitants, Tournai 67 000. 12 fois plus. Tournai est une mĂ©tropole, accessoirement en terme de superficie la plus grande commune de Belgique.
Le dĂ©mĂ©nagement d’hier est donc bien un dĂ©mĂ©nagement politique et non pas un dĂ©mĂ©nagement privĂ©. Pour en ĂŞtre sur il suffit de regarder la manière dont ce dĂ©mĂ©nagement a Ă©tĂ© annoncĂ©. Une confĂ©rence de presse très officielle avec Christian Massy, le bourgmestre de Tournai,  d’un cĂ´tĂ© et Paul Olivier Delanois qui est le prĂ©sident de l’union socialiste locale de l’autre. Rudy Demotte a donc clairement annoncĂ© la couleur, Paul Olivier Delanois va devenir premier Ă©chevin, et c’est lui Rudy qui prendra la prĂ©sidence de l’union socialiste. Le message est donc sans ambigĂĽité : Rudy Demotte s’installe Ă Tournai pour devenir le patron des socialistes locaux. En toute logique il sera donc tĂŞte de liste lors de prochaines Ă©lections communales de 2012 avec de bonnes chances de devenir bourgmestre.
Pourquoi ce poste de bourgmestre est-il si important ? D’abord parce que cela offre une base de repli. On a beau ĂŞtre ministre-prĂ©sident, un homme politique ne sait pas de quoi demain sera fait. Etre bourgmestre d’une grande ville c’est la garantie qu’on ne quittera pas la politique du jour au lendemain. Ensuite parce que bourgmestre d’une grande ville cela vous donne du poids politique. La popularitĂ© locale d’un bourgmestre lui permet presque Ă tout les coups de devenir dĂ©putĂ©. Pour la petite histoire Rudy Demotte a dĂ©jĂ engrangĂ© plus de 8000 voix lors des dernières lĂ©gislatives Ă Tournai, on ne pourra donc pas rĂ©ellement parler d’un parachutage. Fort d’un bon ancrage local Rudy Demotte peut espère peser plus Ă©lectoralement lors des prochaines Ă©lections rĂ©gionales ou fĂ©dĂ©rales en s’installant Ă Tournai qu’en restant Ă Flobecq c’est tout simplement mathĂ©matique.
Ce n’est pas une nouveauté : la Belgique est un pays de municipalistes. La plupart des grandes carrières se bâtissent sur un socle local Ă tel point que certaines figures sont indissociables de la commune qui la a vu politiquement grandir. Elio Di Rupo Mons, Jean Claude Van Cauwenberghe Charleroi, Serge Kubla Waterloo, Louis Michel Jodoigne, dans l’image du grand public l’Ă©lu et sa commune ne font plus qu’un, le phĂ©nomène est d’ailleurs encore plus marquĂ© en Wallonie qu’Ă Bruxelles. On ajoutera un dernier Ă©lĂ©ment, qui est interne au parti socialiste. Dans l’hypothèse ou Elio Di Rupo quitterait la prĂ©sidence du parti socialiste 2 noms de successeurs potentiels circulent. Ceux de Paul Magnette et de Rudy Demotte. Paul Magnette s’implante lentement mais surement Ă Charleroi. S’il veut jouer dans la course Rudy Demotte avait besoin d’un fief qui fasse contrepoids.
Officiellement Herman Van Rompuy est prĂ©sident de l’union europĂ©enne depuis le 1er janvier, mais c’est rĂ©ellement ce matin qu’il va faire sa première apparition publique, avec l’ouverte de l’annĂ©e boursière 2010. Ce sera Ă la bourse de Bruxelles dans un peu plus d’une heure, et ce sera sans doute l’occasion pour lui de prononcer quelques mots Ă destination de la presse europĂ©enne.
Le premier dĂ©fi pour lui c’est de se faire une place. Notre ancien premier ministre est en effet le premier prĂ©sident permanent de l’union, mais cette fonction n’est pas très claire, la dĂ©finition dans le traitĂ© de Lisbonne  prĂ©cise juste qu’il prĂ©pare et anime les travaux du conseil europĂ©en, , qu’il prĂ©sente un rapport au parlement europĂ©en après chaque rĂ©union et qu’il assure la reprĂ©sentation extĂ©rieure du conseil. C’est flou et surtout cela entre en concurrence avec les prĂ©sidences tournantes, ces prĂ©sidences de 6 mois qui sont assurĂ©s par les Ă©tats membres. En ce moment c’est l’Espagne qui assure la prĂ©sidence. Vous savez comment sont les Ă©tats membres : prĂ©sider l’Europe c’est une opportunitĂ© politique, on peut essayer de faire passer certaines grandes orientations, c’est aussi une formidable vitrine mĂ©diatique. Imaginez 6 mois avant la prĂ©sidence belge on vous en parle dĂ©jĂ . C’est dans tous les Ă©tats membres pareil : aucun chef de gouvernement n’a envie de laisser passer cette chance, c’est normal. La grande difficultĂ© c’est de savoir partager les honneurs sans pour autant rentrer en concurrence. Que le nouveau poste de prĂ©sident soit un plus pour l’Europe et non pas une cacophonie supplĂ©mentaire. Pour cela il faut surement de la diplomatie, Herman en a, il faudra sans doute aussi un peu d’autoritĂ©. Le nouveau prĂ©sident doit marquer son territoire et montrer qu’il est le patron. Travailler avec 27 gouvernements diffĂ©rents, et donc faire des compromis, mais en mĂŞme temps suivre sa propre route pour qu’on sente sa patte.
Dans les faits Herman Van Rompuy a donc rencontrĂ© JosĂ© Zapatero, le premier ministre espagnol. Les deux hommes se sont mis d’accord sur la manière dont ils allaient coexister pendant la prĂ©sidence espagnole. Pour les rĂ©unions de chefs d’Ă©tat et de gouvernement, pas de problème ça se passe Ă Bruxelles, c’est Herman qui aura la main. En ce qui concerne les grandes rĂ©unions internationales avec les Etats Unis par exemple, ou avec les pays d’AmĂ©rique latine, ce sera en Espagne, histoire que le prestige de ces rĂ©unions rejaillisse un peu sur le premier ministre espagnol. L’accueil des chefs d’Ă©tat, cette faumeuse poignĂ©e de main qui passe sur les tĂ©lĂ©s du monde entier ce sera Herman, mais Zapatero sera Ă cĂ´tĂ©. Ca c’est pour la forme. La vraie question c’est aussi de savoir qui va lancer les dossiers sur le fond. En pleine crise le premier dĂ©fi c’est l’Ă©conomie. Herman Van Rompuy a convoquĂ© un sommet sur la relance de la croissance et le maintien du modèle social europĂ©en, ce sera probablement le 11 fĂ©vrier Ă Bruxelles. En programmant sa première sortie ce matin Ă la bourse Euronext le nouveau prĂ©sident envoie donc un signal. Il est lĂ . Il est au travail et l’Ă©conomie europĂ©enne est bien sa première prioritĂ©. Cette image sera dans tous les journaux tĂ©lĂ©visĂ©s d’Europe ce soir. Ca c’est la “patte” Herman Van Rompuy, dont on notera que son conseiller communication, Dirk De Backer, le suit Ă l’Europe. On le prĂ©sente souvent comme discret, modeste effacĂ©. En rĂ©alitĂ©, il est très organisĂ©, et il maĂ®trise parfaitement son image.
Dis tonton pourquoi tu tousses ?L’histoire de ce dĂ©bat c’est un petit peu l’histoire de la navette parlementaire. Le texte votĂ© Ă la chambre, par les dĂ©putĂ©s,  est ensuite Ă©voquĂ© au sĂ©nat. Si les sĂ©nateurs modifient le projet de loi, il faut ensuite le renvoyer vers la chambre et que les amendements des sĂ©nateurs soient Ă leur tour ratifiĂ©s par les dĂ©putĂ©s.
Exemple pratique sur ce dossier du tabac. A la chambre les dĂ©putĂ©s, au mois de juillet, ont adoptĂ© une proposition de loi qui prĂ©voit l’interdiction de fumer  dès le premier janvier dans tous les restaurants et cafĂ©s : Ă une exception, et c’est une exception importante : les cafĂ©s qui n’exercent aucune activitĂ© de restauration ne sont pas concernĂ©s. En clair si vous vendez un plat du jour ou mĂŞme des sandwichs, interdiction de fumer. Mais si vous ne vendez rien Ă manger, vous pouvez toujours accueillir des fumeurs.  Aux cafetiers de choisir : ce sera l’omelette ou la cigarette. Le texte est un compromis, le CDH voulait  dĂ©jĂ aller plus loin. C’Ă©tait donc le premier acte.
Deuxième acte au sĂ©nat. DĂ©but novembre la commission santĂ© dĂ©cide de durcir le texte adoptĂ© Ă la chambre. Ce sera interdiction pour tout le monde, mais Ă partir de 2012, histoire que les cafetiers se prĂ©parent, c’est Ă dire y compris les petits cafĂ©s oĂą on ne sert rien Ă manger. L’amendement (dĂ©posĂ© par le parti du premier minsitre)  passe grâce Ă ce qu’on appelle une majoritĂ© alternative, ce n’est donc pas la majoritĂ© qui soutient le gouvernement. En faveur de l’amendement ont retrouvent 3 partis de la majoritĂ©, le CDH ,le CD&V et le PS et deux partis d’opposition, Ecolo et les socialistes flamands. Les sĂ©nateurs, qui sont vous le savez souvent plus âgĂ©s et donc un peu plus sages que les dĂ©putĂ©s, supportent moins bien la fumĂ©e, ils font souvent preuves de plus d’indĂ©pendance.
Dans notre système bicamĂ©ral pour qu’un projet de loi soit adoptĂ© il faut donc que la chambre et le sĂ©nat votent le mĂŞme texte. On en est donc lĂ Â :  c’est le 3ième acte, retour Ă la chambre. Hier les dĂ©putĂ©s ont Ă©tĂ© pris d’une quinte de toux. Il y a ceux qui au nom de la santĂ©, seraient prĂŞt Ă voter l’amendement du sĂ©nat. Et puis ceux qui craignent l’impact de la mesure sur le secteur horeca et qui prĂ©fèrent temporiser. Bref la santĂ© des consommateurs contre la santĂ© des cafetiers, c’est un vrai clivage. Depuis 2/3 jours la majoritĂ© essaye d’Ă©teindre une cigarette dont la fumĂ©e devient très acre. Le prĂ©sident du parti socialiste par exemple, Elio Di Rupo a dĂ©savouĂ© les sĂ©nateurs de son parti, en indiquant que lui ne voulait pas de l’interdiction totale, et qu’il fallait revenir à la première version, celle votĂ©e par les dĂ©putĂ©s. Dans le contexte de crise actuelle on ne doit pas pĂ©naliser les cafetiers explique-t-il. Les libĂ©raux sont sur la mĂŞme ligne : revenir au texte votĂ© Ă la chambre.  CDH et CD&V voudraient au contraire qu’on adopte les amendements du sĂ©nat, pas question pour ces partis de donner l’impression qu’ils font marche arrière.  Tout le monde y gagne : en fonction de votre Ă©lectorat vous ĂŞtes plus ou moins sensibles aux arguments Ă©conomiques, plus ou moins concernĂ© par les questions de santĂ© publique. Ajoutons que les sociaux chrĂ©tiens n’ont sans doute pas envie de paraitre moins volontaires que les Ă©colos pour lutter contre les ravages du tabac. Faites les comptes : sans le PS et sans les libĂ©raux le texte adoptĂ© au sĂ©nat, n’aura pas la majoritĂ© Ă la chambre.  On en reviendrait donc au texte initial mais avec le risque de voir les partis de la majoritĂ© se diviser au moment des votes.  Socialiste et libĂ©raux qui voteraient dans un sens, sociaux chrĂ©tiens qui voteraient dans l’autre et l’opposition qui se retrouverait en position d’arbitre. MĂŞme si cela s’est dĂ©jĂ vu dans les dossiers Ă©thiques,  ça fait mauvais genre, surtout une semaine après l’entrĂ©e en scène d’un nouveau premier ministre.  Hier les dĂ©putĂ©s ont prĂ©fĂ©rĂ©s suspendre les dĂ©bats et reporter le vote d’une semaine. Yves Leterme ne fume pas. Il tousse quand mĂŞme.
La votation c’est un terme qui dĂ©signe l’action de voter. En Belgique ou en France le mot votation a Ă©tĂ© remplacĂ© par le  mot vote. Il reste utilisĂ© donc seulement en Suisse dĂ©signe les rĂ©fĂ©rendums et textes initiatives populaires sur lesquels les suisses sont invitĂ©s Ă se prononcer 3 ou 4 fois par an. Par votation que les suisses ont approuvĂ©  des accords qui permettent la lire circulation entre l’union europĂ©enne et la confĂ©dĂ©ration suisse. Ce weekend les suisses devaient se prononcer sur 3 sujets : l’interdiction d’exporter des armes, l’utilisation d’une taxe sur le carburant pour le secteur de l’aviation et donc, ce qui retient l’attention du monde entier, l’interdiction de construire des minarets. Les suisses ont donc approuvĂ©s ce texte, au dĂ©part prĂ©sentĂ© par un petit parti chrĂ©tien l’UDF et surtout par l’UDC, le grand parti populiste qu’on compare parfois au front national de Jean Marie Le Pen ou chez nous au Vlaams Belang. En Suisse il y a aujourd’hui 4 mosquĂ©es avec des minarets qui ne sont pas concernĂ©es, mais le nouveau texte, qui sera quand mĂŞme insĂ©rĂ© dans la constitution, prĂ©voit que les mosquĂ©es du futur ne pourront pas avoir de minarets.
Quelles leçons en tirer ? Ce texte avait d’abord Ă©tĂ© prĂ©sentĂ© et  rejeté  au conseil national, l’Ă©quivalent du parlement 132 voix contre 51 pour. Vote nĂ©gatif Ă©galement au conseil des Ă©tats, l’Ă©quivalent du sĂ©nat.
Dans le texte prĂ©sentĂ© aux Ă©lecteurs le Conseil fĂ©dĂ©ral, l’Ă©quivalent du gouvernement prĂ©conisait de rejeter  l’initiative  parce qu’elle “viole des droits fondamentaux et qu’elle ne rĂ©sout aucun problème mais en crĂ©e de nouveaux”. Bref toutes les assemblĂ©es dĂ©mocratiquement Ă©lues Ă©taient contre. Les Ă©lecteurs ont votĂ© pour. C’est toute la limite des rĂ©fĂ©rendums. Face Ă un problème compliquĂ©  on fini par apporter une rĂ©ponse simpliste et passionnelle. Derrière les minarets, les mosquĂ©es, la burqua, le voile,  les partis populistes ont compris depuis longtemps qu’ils pouvaient rebondir sur des ressorts d’une peur de l’Ă©tranger et que cette peur est un argument Ă©lectoral très rentable. VoilĂ comment un problème qui en apparence relève de l’urbanisme, est devenu un enjeu de sociĂ©tĂ©. Personne n’est dupe. En votant contre les minarets, les suisses ont aussi votĂ© contre l’islam.
Ce matin la confĂ©dĂ©ration helvĂ©tique a compris le danger. Elle a pris soin de publier son communiquĂ© de presse officiel, en français et en allemand, en italien en suisse roman et en anglais, comme d’habitude… mais aussi  en  langue arabe.
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Ce weekend, non pas Ă Berne, Genève ou Zurich mais Ă Bruxelles le Vlaams Belang a changĂ© de prĂ©sident. Franck Vanhecke est remplacĂ© par Filip De Man. Les anversois Filip Dewinter et Gerolf Annemans restent plus que jamais les hommes forts du parti. Quel est le rapport ? Vanhecke Ă©tait plus portĂ© sur le dĂ©bat communautaire belge. Filip de Man est lui plus connu sur ses positions radicales contre l’immigration. En Belgique aussi les partis populistes ont compris depuis longtemps qu’ils pouvaient rebondir sur des ressorts d’une peur  de l’Ă©tranger et que cette peur, etc…
C’est un peu la face cachĂ© d’un remaniement ministĂ©riel. Quand la partie visible, le niveau ministĂ©riel, bouge, la face immergĂ© de l’iceberg, Ă Â savoir l’ensemble des collaborateurs qui travaillent pour les ministres, bouge aussi. Comme hier le remaniement ministĂ©riel a Ă©tĂ© restreint, le changement au niveau des collaborateurs est Ă©galement limitĂ©, mais il n’est pas complètement insignifiant. Tout part en fait d’Herman Van Rompuy qui en tant que prĂ©sident du conseil de l’union europĂ©enne pourra compter sur le soutien d’une 20aine de collaborateurs. Parmi eux on devrait trouver au moins deux personnalitĂ©s actives dans les coulisses du gouvernement belge : Herman Van Rompuy emmène en effet dans ses valises europĂ©ennes son porte parole, Dirk De Backer et Frans Van Daele qui Ă©tait chef de cabinet auprès du ministre des affaires Ă©trangères. Ces derniers mois c’est donc lui qui “coachait” Yves Leterme dans son job de chef de la diplomatie. Frans Van Daele qui est un poids lourd de la diplomatie belge, a Ă©tĂ© ambassadeur Ă Washington, reprĂ©sentant de la Belgique auprès de l’union ou encore  auprès de l’OTAN. Du coup il a fallut trouver un remplaçant pour devenir chef de cabinet aux affaires Ă©trangères. De son cĂ´tĂ© Yves Leterme prendra comme chef de cabinet Hans d’Hondt. C’est le chef de cabinet qui travaillait dĂ©jĂ avec lui au moment de l’affaire fortis, Hans d’Hondt  était ensuite restĂ© Ă son poste et qui a continuĂ© Ă travailler avec Herman Van Rompuy. Les « premier » changent le chef cabinet reste, c’est plutĂ´t un gage de stabilitĂ©.
Si on s’intĂ©resse aux chefs de cabinet, c’est parce qu’ils ont, mine de rien, Ă©normĂ©ment de pouvoir. Lorsqu’ un ministre est au parlement pour rĂ©pondre aux dĂ©putĂ©s, en conseil des ministres, en visite sur le terrain, en train d’inaugurer un bâtiment, dans une rĂ©union de quartier ou sur un plateau de tĂ©lĂ©vision, pendant ce temps lĂ le chef de cabinet continue Ă travailler. C’est lui qui coordonne l’action des collaborateurs du ministre. C’est lui qui prĂ©pare les dossiers, qui tranche un certain nombre de question, c’est lui informe le ministre et qui lui prĂ©sente les grandes options sur lesquelles le ministre est appelĂ© Ă trancher. Les dĂ©cisions d’un conseil des ministres sont toujours prĂ©parĂ©s C’est Ă©videmment un travail politique, ou l’on ne compte pas ses heures, pas toujours reconnu Ă la hauteur de ce qu’il impose comme sacrifices et pour lequel on a intĂ©rĂŞt Ă bien s’entendre avec son patron.
 Si le ministre porte la responsabilité politique de ce qui se décide dans son cabinet, le chef de cabinet en sait souvent autant que le ministre.
Un exemple concret : la fameuse fuite sur la dĂ©claration gouvernementale lue hier par Yves Leterme Ă la chambre. On soupçonne que la fuite vienne d’un email envoyĂ© par Yves Leterme parti mardi soir vers minuit. Ce courriel Ă©tait adressĂ© aux 5 vice-premiers ministres, mais aussi Ă leurs 5 chefs de cabinets…