flandre

Les leçons communautaires du flop de bozar

Par Fabrice Grosfilley dans communautaire, flandre, fédéral , le 4 mars 2010 12h03 | Ajouter un commentaire

En commission de l’intĂ©rieur, les dĂ©putĂ©s ont interpellĂ©s hier Annemie Turtelboom sur la fameuse cĂ©rĂ©monie du palais des  beaux-arts. Annemie Turtelboom est ministre de l’intĂ©rieur c’est donc elle qui a la tutelle sur le service du protocole, qui Ă©tait Ă  la base de l’organisation de cette matinĂ©e. Une cĂ©rĂ©monie d’hommage ratĂ©, on s’en souvient. Au « bozar » les deux-tiers de la salle Ă©tait vides. Hier après midi la ministre a donc donnĂ© des explications. Elle a reconnu  qu’il y avait moyen de mieux faire. Elle a aussi dĂ©fendu le service du protocole en indiquant qu’il avait du travailler dans un dĂ©lai très court.

 

Il ne faut pas tourner autour du pot : cette cĂ©rĂ©monie Ă©tait  bel et bien un Ă©chec. Ce ne sont pas les discours ou les morceaux de musique qui sont en cause, mais plutĂ´t la sĂ©lection du public et son absence. Invitations envoyĂ©es par la poste, pas moyen de savoir qui viendrait qui ne viendrait pas. Les organisateurs pensaient que les victimes de l’accident, les personnes qui Ă©taient dans les trains et leurs proches, se dĂ©placeraient en grand nombre, ils avaient envoyĂ© 680 invitations. Il n’y a eu que 90 personnes. Les parlementaires n’Ă©taient pas non plus très nombreux. Et du coup pour les cheminots il n’y avait plus que 25 places prĂ©vues.

 

En choisissant Bruxelles le gouvernement n’a sans doute pas rĂ©alisĂ© qu’il optait pour un lieu finalement assez Ă©loignĂ© du domicile des victimes. Et que le palais des beaux-arts pouvait ĂŞtre plus impressionnant qu’une cathĂ©drale.

Annemie Turtelboom a annoncĂ© qu’un groupe de travail serait mis en place pour prĂ©parer de telles cĂ©rĂ©monies Ă  l’avenir.

 

S’il y a  donc des raisons d’ĂŞtre mĂ©contents, interrogeons-nous quand mĂŞme sur ceux qui portent la polĂ©mique. Les premiers Ă  rĂ©agir, dès la sortie de la cĂ©rĂ©monie ont Ă©tĂ© les parlementaires de la NVA, le parti rĂ©gionaliste flamand de Bart De Wever. “Ce fut une occasion manquĂ©e. Il ne s’agissait pas d’un hommage aux victimes, Ă  leurs proches ou aux services de secours, mais un hommage aux dignitaires”, a dĂ©plorĂ© le parti dans un communiquĂ©. Et un de ses dĂ©putĂ©s Ben Weyts a regrettĂ© que la cĂ©rĂ©monie n’ait pu se tenir Ă  Hal, en Flandre.

 

Quand les nationalistes flamands montent au crĂ©neau il y a presque  toujours un effet symĂ©trique : le FDF rĂ©agit Ă  son tour. C’est ce qui s’est passĂ©. Ce lundi le parti d’Olivier Maingain a demandĂ© au premier ministre Yves Leterme de prĂ©senter des excuses aux familles des victimes : « le premier ministre et la ministre de l’intĂ©rieur n’ont pas pris toute la mesure de ce que devait ĂŞtre l’organisation d’une telle cĂ©rĂ©monie. »

 

Hier la dĂ©putĂ©e MR Jacqueline Galand a suggĂ©rĂ©e qu’Yves Leterme dise un petit mot Ă  ce sujet cet après midi lors de la sĂ©ance plĂ©nière, histoire de clore le dĂ©bat. On verra cet après midi si il le fera, on n’est pas sĂ»r que le premier ait vraiment envie de revenir sur la question, et prendre ainsi le risque de relancer la polĂ©mique .

 

Car vous l’ avez compris : derrière le  dĂ©bat sur le flop de la cĂ©rĂ©monie se cache d’autres  symboles. Le gouvernement a voulu une cĂ©rĂ©monie nationale, qui rendrait hommage aux victimes flamandes et francophones, il a ainsi pris Ă  rebrousse poil les plus rĂ©gionalistes. Certains de ses membres plaidaient pour un lieu laĂŻc. Avec le flop de samedi dernier on a la dĂ©monstration que :  1. ce qui est national reste difficile Ă  organiser. 2. les bâtiments publics qui permettent le recueillement sont difficile Ă  trouver .3 l’Ă©tat fĂ©dĂ©ral n’a pas le savoir faire pour organiser ce genre de manifestions.

Peeters, la Flandre, les victimes

Par Fabrice Grosfilley dans communautaire, flandre , le 16 février 2010 09h02 | 2 commentaires

BELGIUM HALLE TRAINS ACCIDENT DISASTERLe Ministre-PrĂ©sident Flamand n’a visiblement pas choisi les mots qu’il fallait hier. Milieu de matinĂ©e, lorsque l’on commence Ă  prendre conscience de l’ampleur de la catastrophe, Kris Peeters est aux Etats-Unis, il indique aux journalistes qui l’accompagnent que ses pensĂ©es vont aux victimes et Ă  leur famille, il remercie les services de secours et il indique « c’est un nouveau jour noir pour la Flandre ». StupĂ©faction gĂ©nĂ©rale, le web s’emballe. Kris Peeters a beau ĂŞtre Ministre-PrĂ©sident Flamand, la catastrophe a beau avoir lieu Ă  Hal, en territoire flamand ce qui est indiscutable, les deux trains transportent des passagers qui viennent des deux communautĂ©s. « C’est un accident qui  touche la Flandre et la Wallonie, c’est un drame pour tout le pays » prĂ©cise rapidement Rudy Demotte en forme d’Ă©cho. Yves Leterme fait part de son effroi, « il y a eu Liège, maintenant ceci » glisse le premier, visiblement prĂ©occupĂ©, aux journalistes qui l’accompagnent au Kosovo. Un peu plus tard, Ă  midi, Rudy Demotte et Jean Marc Nollet  pour le gouvernement wallon se rendent sur place. Le gouverneur du brabant flamand Lode De Witte coordonne le centre de crise. Yves Leterme qui dĂ©marrait une visite de 3 jours dans les Balkans vient de faire demi-tour et de reprendre l’avion prĂ©cipitamment. Le roi Albert II en vacances Ă  Grasse dans le sud de la France a Ă©galement dĂ©cidĂ© de rentrer.

Kris Peeters,  qui visite la sillicon valley en Californie, ne fera pas demi tour. Depuis les Etats-Unis il souligne qu’il est en  en contact avec les autoritĂ©s locales, le bourgmestre, le gouverneur qui assure la coordination des secours.     “J’ai aussi pris les contacts nĂ©cessaires avec le premier ministre Yves Leterme, Hilde Crevits ( la ministre flamande de la MobilitĂ©) et Rudy Demotte. Actuellement, je n’interromps pas notre mission“.

Alors bien sĂ»r, la prĂ©sence du roi ou des hommes politiques cela ne change rien Ă  l’accident. C’est juste un symbole. L’indication que l’on partage une Ă©motion collective, l’expression d’une solidaritĂ© avec les victimes et leur entourage. C’est ce que feront hier aussi JosĂ© Manuel Barroso, le prĂ©sident de la commission europĂ©enne et Nicolas Sarkozy le prĂ©sident Français qui vont publier des communiquĂ©s de soutien ou de condolĂ©ances.

 Il est 17 heures 20  le roi Albert II arrive Ă  Hal. Devant les ministres le roi glisse  a un petit mot de la part de Kris Peeters,  quelque chose comme : « il vous prie de l’excuser, ses propos n’Ă©taient pas appropriĂ©s » (propos non confirmĂ©s, il n’y a pas de source directe). C’est un moment de receuillement. Les mines sont graves, on Ă©coute les explications, on essaye de comprendre.  Le souverain est entourĂ© d’Yves Leterme, Didier Reynders, Annemie Turtelboom  et Inge Vervotte pour le gouvernement fĂ©dĂ©ral. Le bourgmestre, le gouverneur sont lĂ . Rudy Demotte et Jean-Marc Nollet pour le gouvernement wallon. Les patrons de la sncb et d’infrabel sont Ă©galement prĂ©sents. Ce matin, j’ai bien regardĂ© les photos, et j’avoue que j’espère me tromper .  Si c’est le cas je serai très content de  corriger la phrase suivante au plus vite. Mais Ă   Hal hier après midi, autour du souverain, si je ne me suis pas trompĂ©,  je n’ai pas vu de reprĂ©sentant du gouvernement flamand.

Définir le fédéralisme de coopération

Par Fabrice Grosfilley dans communautaire, flandre, fédéral , le 10 février 2010 12h02 | 2 commentaires

Le fĂ©dĂ©ralisme de coopĂ©ration c’est l’expression martelĂ©e par Yves Leterme depuis le dĂ©but de l’annĂ©e pour dĂ©finir l’esprit dans lequel le fĂ©dĂ©ral et les rĂ©gions devraient travailler. Cette expression  n’est pas tout Ă  fait neuve. Yves Leterme lui mĂŞme dit l’avoir utilisĂ©e en 2005. La rĂ©alitĂ© c’est que cette expression  est un peu devenue un slogan. En recevant tout Ă  l’heure  Charles PicquĂ© et Rudy Demotte il va falloir lui donner du contenu.

Qu’est ce que le fĂ©dĂ©ralisme ? C’est la dĂ©finition d’un système politique ou les niveaux de pouvoirs sont sĂ©parĂ©s. L’Ă©tat fĂ©dĂ©ral d’un cĂ´tĂ©, les rĂ©gions et les communautĂ©s de l’autre. L’un n’intervient pas dans les affaires de l’autre, et il n’y a pas de hiĂ©rarchie des normes, cela veut dire qu’un dĂ©cret de la rĂ©gion flamande ou de la rĂ©gion wallonne a autant de valeur qu’une loi du fĂ©dĂ©ral. Si vous allez en justice il n’y en pas une qui s’imposerait Ă  l’autre.

Dans la thĂ©orie du fĂ©dĂ©ralisme le niveau fĂ©dĂ©ral et le niveau rĂ©gional sont dont complètement indĂ©pendants, et ils devraient s’occuper de matières distinctes. C’est comme ça que le modèle belge a Ă©tĂ© imaginĂ©. Dans la pratique on voit bien que le système a ses limites : sur la sĂ©curitĂ© Ă  Bruxelles par exemple mais aussi sur l’Ă©conomie, sur l’emploi l’actualitĂ© rĂ©cente regorge d’exemples oĂą l’on voit bien que l’Ă©tat fĂ©dĂ©ral et les rĂ©gions sont doivent se concerter si on veut aboutir Ă  des rĂ©sultats rĂ©els.

En employant l’expression « fĂ©dĂ©ralisme de coopĂ©ration » Yves Leterme s’inscrit donc dans cette logique : « il faut travailler ensemble ».

Ce qui nous Ă©clairera le mieux dans la dĂ©finition du  fĂ©dĂ©ralisme de coopĂ©ration, c’est son contraire : le fĂ©dĂ©ralisme de combat. Celui-ci exprime une autre vision : celle ou les entitĂ©s fĂ©dĂ©rĂ©es gagnent peu Ă  peu du pouvoir au dĂ©triment du fĂ©dĂ©ral.

Bart de Wever par exemple trouve que l’expression « fĂ©dĂ©ralisme de coopĂ©ration » est arrogante et que cela n’est qu’un Ă©cran de fumĂ©e qui  cache l’Ă©chec du gouvernement d’Yves Leterme. Le nationaliste flamand traduit donc le concept par un stop dans les rĂ©formes institutionnelles. Le fĂ©dĂ©ralisme de coopĂ©ration ne serait donc pas inscrit dans cette  dynamique de « l’Ă©vaporation » de l’Ă©tat fĂ©dĂ©ral.

Lees rĂ©gions ou le fĂ©dĂ©ral qui doit peser le plus lourd ? Rudy Demotte interrogĂ© par le Soir ce matin refuse de se prononcer « pour tout dire je m’en fiche » dit-il, ce n’est pas la rĂ©forme qui compte, c’est la relance ». RĂ©ponse facile. Relancer l’Ă©conomie cela veut bien dire  toucher aux incitants fiscaux, toucher aux politiques de formations, revoir le contrĂ´le du chĂ´mage et pour cela le fĂ©dĂ©ral et les coopĂ©rations vont bien devoir coopĂ©rer.

Peeters impuissant face Ă  Opel

Par Fabrice Grosfilley dans flandre , le 22 janvier 2010 12h01 | 2 commentaires

BELGIUM FLEMISH PARLIAMENT PLENARY SESSIONPoser la question c’est dĂ©jĂ  y rĂ©pondre : que pèsent les politiques face Ă  un grand groupe industriel ? Dans une Ă©conomie mondialisĂ©e, avec des centres de dĂ©cisions qui, comme dans le cas de  GĂ©nĂ©ral Motors, se situent sur un autre continent, les pouvoirs publics ont finalement peu de moyen de pression. « Peu » cela ne veut pas dire rien. En Flandre c’est donc depuis hier matin la mobilisation gĂ©nĂ©rale. 2 600 emplois directs, 10 000 si on compte les sous traitants et les emplois induits, la première mission des politiques dans un cas pareil c’est d’abord de trouver les mots pour le dire. D’accompagner la  catastrophe, de monter leur soutien aux travailleurs.  Marianne Thyssen la prĂ©sidente du CD&V a parlĂ© d’une “journĂ©e noire” pour la Flandre, la gouverneure de province Cathy Berckx ose le terme ”tsunami”, du cĂ´tĂ© du gouvernement flamand convoncation immĂ©diate d’ une rĂ©union de crise. Kris Peeters, le ministre prĂ©sident flamand y a indiquĂ© qu’il n’acceptait pas la dĂ©cision de GM et qu’il allait faire bloc avec les syndicats pour refuser la fermeture pure et simple. Kris Peeters qui a modifiĂ© son agenda et rencontrera aujourd’hui de nouveau les syndicats, mais aussi les autoritĂ©s locales Ă  Anvers et surtout le prĂ©sident de  la commission europĂ©enne JosĂ© Manuel Baroso. Mine de rien vouloir tout de suite un contact au niveau europĂ©en, cela indique bien que ce n’est pas au niveau belge que la partie se joue. Le constat d’impuissance est très clair. Il ya quelques jours une enquĂŞte affirmait que les travailleurs du royaume avait l’une des meilleures productivitĂ©s au monde. La productivitĂ© c’est bien, mais si dans d’autres pays europĂ©ens les charges sociales sont moins Ă©levĂ©es, les usines mieux desservies, la recherche davantage encouragĂ© et surtout les marchĂ©s Ă  conquĂ©rir plus important, la productivitĂ© ne suffit donc pas.

Que peuvent faire concrètement les autoritĂ©s ? D’abord anticiper : la fermeture de l’usine d’Anvers est envisagĂ©e depuis près d’un an maintenant. Le constructeur automobile Opel bĂ©nĂ©ficie d’un plan de sauvetage avec l’aide du gouvernement allemand depuis le mois de mars. Le gouvernement flamand a eu de multiplies contacts avec Opel, avec GĂ©nĂ©ral Motors, il a eu le temps de se prĂ©parer Ă  la crise et le temps de chercher des solutions alternatives. On verra dans les prochains jours quelles sont ces alternatives envisagĂ©es. Ensuite sur le plus long terme, tout le monde sait que l’assemblage automobile, qui a Ă©tĂ© l’un des grands secteurs industriels de la Belgique est aujourd’hui fragilisĂ©. CitroĂ«n, Renault, VW aujourd’hui Opel : c’est une tendance lourde, et donc tout sauf une surprise. Au delĂ  de l’accompagnement de crise la prioritĂ©  c’est donc d’ investir dans la recherche et encourager les secteurs technologiques qui crĂ©eront l’emploi de demain. On dĂ©couvre aujourd’hui que, contrairement aux idĂ©es reçues, la Flandre n’est pas finalement pas mieux armĂ©e que la Wallonie sur ce terrain lĂ .

Enfin dernier levier possible : les aides publiques. Ces dix dernières annĂ©es Opel Anvers a perçu  des sommes colossales (on parle de 23 millions d’aides diverses des autoritĂ©s publiques, avec notamment des baisses de charges sociales pour le travail en Ă©quipe). Hier au parlement certaines dĂ©putĂ©s (c’est le cas du groupe socialiste)  se demandaient s’il ne fallait pas obliger les grandes entreprises comme Opel ou Inbev a rembourser les aides publiques en cas de licenciements. Dans le bras de fer qui se joue aujourd’hui Ă  Anvers c’est un argument qui pourrait avoir du poids. Le type de levier qui permettrait Ă  un ministre de s’asseoir face au PDG d’un grand groupe sans se sentir complètement dĂ©muni.

Daerden et Leterme en équilibre

Par Fabrice Grosfilley dans anecdote, flandre , le 11 janvier 2010 08h01 | Un commentaire>

C’Ă©tait la polĂ©mique du weekend. Les faits remontent Ă  jeudi dernier. Nous sommes au sĂ©nat, c’est la sĂ©ance des questions d’actualitĂ©. Michael Daerden, qui est ministre des pensions rĂ©pond Ă  une question d’un sĂ©nateur flamand Geert Lambert. Michel Daerden rĂ©pond dans la langue de son interlocuteur. Et vous allez voir il s’applique.

 

Michel Daerden dans son style inimitable, dans la langue de Vondel cela n’a pas fait rire tout le monde. ImmĂ©diatement la Flandre se pose la question le ministre Ă©tait-il saoul ou pas Ă  la tribune du SĂ©nat ?  Il faut noter qu’entre Francophones et Flamands il y a de nouveau un fameux un dĂ©calage. Wallons et Bruxellois nous avons dĂ©jĂ  connu la daerdemania et nous savons que Michel Daerden Ă©volue dans une zone trouble, ou se mĂ©lange une lenteur d’Ă©locution naturelle, Ă  la limite du problème de santĂ©, une certaine nonchalance, pour ne pas dire une certaine dĂ©sinvolture,  un accent liĂ©geois particulièrement trainant, revendiquĂ© et cultivĂ©, et un goĂ»t prononcĂ© pour la fĂŞte. Vous ne me ferez pas dire que Michel Daerden ne boit que de l’eau, personne n’est dupe. Mais personne non plus n’a jamais pu dĂ©montrer qu’il Ă©tait en Ă©tat d’ivresse dans l’exercice de ses fonctions. Si les francophones ont fini par s’habituer, ce jeudi ce fut donc un choc pour certains parlementaires flamands.

Lorsque les gazettes se sont emparĂ©es du dĂ©bat samedi matin le premier ministre lui mĂŞme a donc senti le danger. Yves Leterme a donc fait publier un communiquĂ© samedi juste avant 13 heures. En plein weekend, sur un thème qui peut paraĂ®tre secondaire, c’est inhabituel. Cela souligne a quel point Yves Leterme, contrairement Ă  ce qu’il dit parfois, suit attentivement ce qui se passe dans la presse et est  attentif Ă  l’image que dĂ©gage son gouvernement. Dans la mĂŞme situation on imagine mal Herman Van Rompuy  intervenir dans le dĂ©bat. Yves Leterme, premier hypercatif, a dĂ©cidĂ© de le faire et ses  porte-paroles ont mĂŞme pris la peine d’alerter les rĂ©dactions pour ĂŞtre sur que le texte de leur patron allait bien ĂŞtre repris…  Ce communiquĂ© tient en trois phrases.

1 Yves Leterme indique qu’il a pris la peine d’appeler Michel Daerden, ce qui indique qu’il prend la polĂ©mique au sĂ©rieux.

2. Au cours de cette conversation Michel Daerden a confirmĂ© au premier qu’il n’Ă©tait pas sous l’influence de l’alcool contrairement Ă  ce que d’aucuns prĂ©tendent. Ce serait donc, si on peut se permettre l’expression une tempĂŞte dans un verre d’eau.

3. Yves Leterme indique, je cite, que  ”tous les ministres ont le devoir de remplir les fonctions qui leur sont confiĂ©es avec dignitĂ© et d’avoir en toutes criconstances un comportement respectueux notamment envers les institutions et les membres des assemblĂ©es parlementaires“.   En clair, ce n’Ă©tait pas le comportement qu’on peut attendre d’un ministre, et il vaudrait mieux que cela ne se reproduise pas.

Mine de rien, ce petit communiquĂ© est un modèle de communiquĂ©.  Une phrase pour les wallons, qui donne raison Ă  Michel Daerden, il n’Ă©tait pas saoul. Une phrase pour les flamands, oui les ministres doivent adopter un comportement digne, vous avez raison de vous offusquez. Thèse, antithèse, le  texte pourrait ĂŞtre Ă©tudiĂ© dans les Ă©coles de communication. Exercice pĂ©rilleux : un texte, Ă  force d’ĂŞtre Ă©quilibrĂ©, peut s’avĂ©rer vide de sens. Si Michel Daerden a un peu perdu l’Ă©quilibre jeudi au sĂ©nat, c’est un autre Ă©quilibriste,  Yves Leterme,  qui a tentĂ© de le rattraper. On espère pour les deux hommes qu’il n’y aura pas de deuxième tournĂ©e.

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Le texte officiel du communiqué est le suivant :

Communiqué

  

Après avoir pris connaissance du comportement de Michel Daerden, Ministre des Pensions, lors de la séance des questions et réponses au Sénat le jeudi 7 janvier, j’ai contacté ce dernier.

Lors de cette conversation Michel Daerden a insisté ne pas avoir été sous l’influence d’alcool, contrairement à ce que d’aucuns ont affirmé.

J’ai rappelé que tous les Ministres ont le devoir de remplir les fonctions qui leur sont confiées avec dignité et d’avoir en toutes circonstances un comportement respectueux notamment envers les institutions et les membres des assemblées parlementaires.  

 

 

Na kennis genomen te hebben van de houding van Michel Daerden, Minister van Pensioenen, tijdens het beantwoorden van mondelinge vragen in de Senaat op donderdag 7 januari, heb ik met betrokkene een gesprek gehad.

Tijdens dit gesprek heeft Michel Daerden benadrukt dat hij niet onder de invloed was van alcohol, in tegenstelling tot wat sommigen hebben beweerd.

Ik heb eraan herinnerd dat het de plicht is van alle Ministers om de opdrachten die hen zijn toevertrouwd met waardigheid uit te voeren en om onder alle omstandigheden respectvol gedrag te vertonen in het bijzonder tegenover de instellingen en de parlementsleden.

 

 

Yves Leterme

Eerste Minister

Le VLD tourne la page Verhofstadt

Par Fabrice Grosfilley dans flandre , le 5 novembre 2009 10h11 | Un commentaire>

keulenAprès le bouillonnement interne au mouvement réformateur,  voici l’heure du grand débat  à l’Open VLD,  le parti libéral flamand.  Guy Verhofstadt assurant une présidence intérimaire les militants libéraux flamands voteront le 5 décembre, dans tout juste un mois. Une élection qui intervient dans un contexte de crise. Les libéraux flamands qui faisaient jeu égal avec les sociaux chrétiens il y a quelques années sont désormais largement distancés. Avec 15% d’intentions de vote ils sont derrière le CD&V et le  Vlaams Belang et même sur le point d’être dépassés par la NVA de Bart De Wever. Surtout,  comme leurs cousins francophones du MR,  en juin dernier les libéraux flamands se sont fait éjectés de la majorité flamande, et n’ont plus que le fédéral pour se consoler. Le président Bart Sommers a donc logiquement fait les frais du recul électoral et démissionné, Verhofstadt ne revenant que pour sauver les meubles. Dans cette élection  il y a 3 postes à pourvoir :  un président et deux vice-présidents. Les candidats se présentent donc par équipe de trois. Le premier trio, celui qui est aujourd’hui présenté comme favori et qui figure sur la photo ci-dessus, est emmené par Marino Keulen, l’ancien ministre de l’intérieur, celui qui a refusé de nommer les trois bourgmestre francophones de la périphérie. Deuxième équipe :  celle d’Alexander De Croo,  fils d’Herman de Croo. Il a nottament dans son attelage Vincent Van Quickenborne,  ministre de l’entreprise au gouvernement fédéral et la parlementaire Patricia Ceysens, deux personnalités dont la notoriété est assez conséquente en Flandre.

Troisième équipe celle de Gwendolyn Rutten, une proche de Karel De Gucht qui a le soutien de Dirk Van Mechelen ancien ministre flamand du budget..

Vous le constatez : à l’exception de Marino Keulen les candidats à la présidences sont des petits jeunes, et pas des stars de la politique.. Ceux qui ont une « petite » expérience ministérielle viennent en soutien pour des postes de vice président.  C’est plus que symbolique : l’enjeu pour le VLD  est de changer de génération. Il faut tourner la page de Guy Verhofstadt, Karel de Gucht et Patrick Dewael. Ceux là formait un triumvirat tout puissant, « ils ont étouffé le parti, celui qui les contredisait volait à la porte » a expliqué récemment en substance Marc Verwilghen, ancien ministre de la justice.

 Une campagne Ă©lectorale c’est une campagne Ă©lectorale on n’y fait pas toujours dans la dentelle et on y règle ses comptes, mĂŞme dans une Ă©lection interne. Mais le dĂ©calage est criant : alors que CDH et MR hĂ©sitent Ă  tourner la page des pĂ©riodes Milquet et Reynders, les libĂ©raux flamands, eux, se prĂ©parent au grand saut. Le dĂ©bat a lieu au grand jour et l’ancien patron se garde bien d’intervenir. Une rĂ©elle prise de risque qui peut se traduire par un nouveau recul Ă©lectoral… ou un retour vers un dynamisme que Guy Verhostadt n’incarne plus.