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C’est un Ă©trange dossier arrivĂ© dans une sĂ©rie de rĂ©daction hier. Avec une question essentielle : qui est l’expĂ©diteur anonyme ? A l’Ă©vidence quelqu’un qui connaĂ®t le droit, il cite plusieurs articles du code pĂ©nal. A l’Ă©vidence aussi, quelqu’un qui connaĂ®t bien la sociĂ©tĂ© DC&Co, l’ancien cabinet de rĂ©viseur de Michel et FrĂ©dĂ©ric Daerden. A l’Ă©vidence aussi quelqu’un qui n’est pas un fan de Michel.
 La conclusion de l’expĂ©diteur est sans appel : il dĂ©crit ce qu’il appelle « l’organisation Daerden » comme « une machine puissante, performante et extrĂŞmement sophistiquĂ©e dont l’opacitĂ© semble ĂŞtre un instrument, et la rĂ©sistance, une technique procĂ©durale permettant de faire remonter des dividendes subsĂ©quents. »
 Le dĂ©nonciateur anonyme affirme que les dividendes s’Ă©lèveraient Ă 700 000 euros par an et que ce sont bien les Daerden père et fils qui en profiteraient.
 Dès hier soir Michel Daerden a réagi bien sûr, sous forme de communiqué :
« J’apprends avec surprise qu’un dossier anonyme me concernant a Ă©tĂ© diffusĂ©. Une compilation arbitraire de documents anciens qui n’a visiblement qu’un objectif : salir mon image, mon travail et mon honorabilitĂ©. Cette technique de “corbeau” est tout bonnement scandaleuse et indigne de notre dĂ©mocratie. J’ai dĂ©cidĂ© de porter plainte contre X pour diffamation et calomnie. »
 Ce matin, il faut rester prudent. Ce n’est pas parce ce qu’un dĂ©nonciateur anonyme l’affirme que Michel Daerden est forcĂ©ment coupable. Ce n’est pas parce que le dossier est Ă©pais et semble bien ficelĂ© qu’il dit forcĂ©ment la vĂ©ritĂ©. Concernant ces activitĂ©s de rĂ©viseurs, la justice a ouvert une information, elle n’a pour l’instant inculpĂ© personne, et l’affaire n’est d’ailleurs pas encore mise Ă l’instruction.
 C’est surement d’ailleurs ce qui a incitĂ© le dĂ©nonciateur Ă faire marcher sa photocopieuse. Ces 300 pages avaient dĂ©jĂ Ă©tĂ© transmises Ă la justice. Les faire parvenir Ă des journalistes, cela a Ă©videmment pour but de faire pression. Pression sur le parti socialiste et sur son comitĂ© de dĂ©ontologie, qui s’est saisi du dossier et dont on attend les conclusions. Pression peut ĂŞtre aussi, et c’est plus grave, sur la justice qui se retrouve ce matin un peu prise de vitesse. Quelque soit la qualitĂ© de l’accusateur, la Belgique est un Ă©tat de droit et une instruction se fait Ă charge et Ă dĂ©charge.
 VoilĂ Â pour l’aspect « enquĂŞte ». Il y a un deuxième niveau de lecture, c’est un niveau politique.
 Avez-vous entendu Michel Daerden parler des pensions ? Non. Et pourtant c’est bien sur ce dossier lĂ qu’on attendait le ministre Daerden. Ces dernières semaines, ses services ont remis au groupe de travail de la confĂ©rence nationale sur les pensions un projet de livre blanc, sur un sujet crucial : comment financer nos retraites sans mettre la sĂ©curitĂ© sociale en pĂ©ril ? 365 pages, soit  une par jour de l’annĂ©e. Lorsque Marie Arena, qui a aussi Ă©tĂ© ministre des pensions, avait lancĂ© une table ronde sur les pensions, avec les syndicats, les patrons, les reprĂ©sentants de la sĂ©cu et ceux des pensionnĂ©s, il y avait eu une foule de camĂ©ras. C’est un sujet qui interpelle tout le monde. Avec Michel Daerden : rien.
 La première rĂ©union annoncĂ©e pour le 19 fĂ©vrier a Ă©tĂ© annulĂ©e faute de combattants. La seconde s’est tenue la semaine dernière Ă l’Ă©cart de la presse. Comme si Michel Daerden Ă©tait tellement engluĂ© dans les affaires qu’il n’arrivait plus Ă rebondir. J’avais Ă©crit il y a quelques semaines que l’image (j’avais employĂ© le terme de « marque ») de Michel Daerden lui Ă©chappait dĂ©sormais. Mais gouverner ce n’est pas que de l’image : il faut aussi conserver une capacitĂ© d’action. Elu atypique, sympathique par certains cĂ´tĂ©s, Michel Daerden reste un recordman des voix de prĂ©fĂ©rence. Cela ne suffit pas, et l’atmosphère polĂ©mique qui l’entoure ne lui permet plus, ces jours ci, d’ĂŞtre un ministre efficace.
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 UPDATE Ă 16H50 : Cet après-midi, la commission des affaires sociales interrogeait le ministre des pensions. Devant par la presse Michel Daerden a rĂ©pĂ©tĂ© tout le mal qu’il pensait de ce courrier. Il n’a pas rĂ©pondu aux questions sur le fond du dossier. En cours de sĂ©ance Ecolo et Groen ont quittĂ© la salle : les partis Ă©cologistes demandent une “clarification”. Ce matin le premier minsitre Yves Leterme a indiquĂ© que le dossier, qu’il a Ă©galement reçu, Ă©tait consistant - ce sont ses termes- et qu’il l’avait transmis Ă la justice. Mais le premier a Ă©galement ajoutĂ© qu’aucun changement n’interviendrait au gouvernement fĂ©dĂ©ral sur base d’un document anonyme.
C’est une manifestation qui pourrait ĂŞtre importante, les syndicats attendent, malgrĂ© le froid, malgrĂ© la neige entre 20 et 30 000 personnes ce vendredi Ă Bruxelles. Mot d’ordre gĂ©nĂ©ral : une manifestation pour l’emploi et le respect. Qu’on en vienne Ă manifester sur des valeurs indique bien l’Ă©xaspĂ©ration d’une partie du monde du travail. Les trois syndicats qui agissent en front commun, dĂ©noncent bien sĂ»r la fermeture d’Opel Anvers, on s’attend Ă ce que la dĂ©lĂ©gation d’Opel soit très importante, mais ils soulignent la dĂ©gradation de ‘l’emploi d’une manière gĂ©nĂ©rale depuis le dĂ©but de l’annĂ©e.
Quelles sont les revendications prĂ©cises des manifestants ? Il y en a 6. Il y a certaines qui sont très floues « relancer ou crĂ©er l’emploi » ou encore « mettre un terme au dupming Ă l’Ă©gard des travailleurs ». On est lĂ plutĂ´t dans le registre du slogan. Il y a qui sont un peu plus prĂ©cises. Les trois syndicats vont par exemple demander un moratoire du système actuel de contrĂ´le de disponibilitĂ© des chĂ´meurs. Ce qu’on a parfois appelĂ© la chasse aux chĂ´meurs. Ca les hommes politiques n’y sont pas tout Ă fait insensibles. Quand l’Onem procède Ă l’Ă©xclusion d’un chĂ´meur la plupart du temps le chĂ´meur en question se retrouve au CPAS. On estime que ce glissement de l’aide coĂ»t environ 20 millions au CPAS et donc aux communes.
Autre revendication prĂ©cise, la liaison des aides publiques au maintien et Ă la crĂ©ation d’emploi. En clair cela veut dire qu’une entreprise qui touche des aides comme par exemple des exonĂ©rations de cotisation dans le cadre de l’aide Ă l’embauche des jeunes non qualifiĂ©, le « plan Milquet », cette entreprise devrait rembourser si elle annonce quelques mois plus tard des licenciements. Les syndicats mettent en avant Inbev qui a pu Ă©conomiser 70 millions grâce au système des intĂ©rĂŞts notionnels, ou Arcelor-Mittal, qui a touchĂ© plus d’un milliard d’aide avant de licencier 1500 personnes.
Sur ces dossiers les syndicats ne sont pas seuls. Parmi les manifestants ce midi on retrouvera probablement des parlementaires. Ecolo a annoncĂ© qu’il participerait Ă la manif et le groupe socialiste Ă la chambre a dĂ©posĂ© en une semaine deux propositions de loi qui supprimeraient les avantages fiscaux des entreprises qui licencient. Une première proposition gĂ©nĂ©rale il y a une semaine, avec la dĂ©putĂ©e Camille Dieu. Une autre proposition plus prĂ©cise dĂ©posĂ©e hier par Marie Arena et Alain Mathot rapporte le journal l’Echo. Celle-ci prĂ©voit de retirer les dĂ©ductions pour l’investissement Ă risque, c’est ce qu’on appelle les intĂ©rĂŞts notionnels, si une entreprise licencie sans ĂŞtre en difficultĂ©. Le texte envisage cependant que si l’entreprise revient sur sa dĂ©cision de licencier, elle retrouve alors son avantage fiscal.
Le fait que les syndicats mobilisent aujourd’hui, et le fait que certains partis relayent donc  leur prĂ©occupation au parlement, indique d’abord qu’il y a une inquiĂ©tude, vis Ă vis de la situation sociale. L’an dernier il ya eu 29 000 chĂ´meurs de plus. Ce n’est peut ĂŞtre pas fini. Le journal la Libre Belgique par exemple a fait le dĂ©compte : dans les grandes entreprises 6600 emplois supprimĂ©s rien qu’au mois de janvier. Le fait que les syndicats et une partie de la majoritĂ© avancent au mĂŞme moment sur les mĂŞmes thèmes indique aussi que le grand dĂ©bat droite-gauche va probablement reprendre dans les prochains jours soit au parlement, soit au sein du gouvernement. Elio di Rupo avait d’ailleurs donnĂ© le ton lors de ses voeux Ă la presse ces derniers jours : insister sur l’impact social de la crise et souligner les diffĂ©rences entre libĂ©raux et socialistes sur cette thĂ©matique. Le grand clivage est donc de retour.
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Update Ă 18 heures : 30 000 personnes Ă©taient dans les rues de Bruxelles (27 000 selon la police, 35 000 d’après les syndicats). Quand Ă la proposition de demander le remboursement des aides en cas de licenciement Catherine Fonck a indiquĂ© que le CDH”serait ravi qu’on puisse enfin en discuter”. Le MR, par la voix de Daniel Bacquelaine, indique qu’il ne signera pas la proposition socialiste. ” C’est une proposition de loi de circonstances et il est toujours mauvais d’adopter de tels textes” a-t-il indiquĂ© Ă l’agence Belga.
Pour ĂŞtre honnĂŞte l’annonce de ce dĂ©mĂ©nagement hier n’est pas tout Ă fait une surprise. Cela fait plusieurs mois que l’on sait que Rudy Demotte envisage de s’installer Ă Tournai. La presse locale avait signalĂ© qu’il y avait visitĂ© des maisons Ă vendre, et lui mĂŞme reconnaissait publiquement que la question pouvait se poser. En rĂ©alitĂ© cela fait  mĂŞme des annĂ©es que la question se pose.
Rudy Demotte Ă©tait  jusqu’Ă prĂ©sent Ă©tait bourgmestre empĂŞchĂ© de Flobecq, la commune oĂą il rĂ©side, Ă 30 kilomètres de tournai, le long de la frontière linguistique. Rudy Demotte y est devenu conseiller communal  94, mais sa carrière politique ne s’est pas faite Ă Flobecq. Rudy Demotte a en effet Ă©tĂ© prĂ©sident des jeunesses socialistes, sa rampe de lancement dès le milieu des annĂ©es 80, un mandat national donc, il Ă©tait  à l’Ă©poque un collaborateur de Philippe Busquin. Lorsqu’il est devenu bourgmestre empĂŞchĂ© il Ă©tait dĂ©jĂ ministre.
Pour bien comprendre il faut comparer les deux communes. Flobecq c’est 4000 habitants, Tournai 67 000. 12 fois plus. Tournai est une mĂ©tropole, accessoirement en terme de superficie la plus grande commune de Belgique.
Le dĂ©mĂ©nagement d’hier est donc bien un dĂ©mĂ©nagement politique et non pas un dĂ©mĂ©nagement privĂ©. Pour en ĂŞtre sur il suffit de regarder la manière dont ce dĂ©mĂ©nagement a Ă©tĂ© annoncĂ©. Une confĂ©rence de presse très officielle avec Christian Massy, le bourgmestre de Tournai,  d’un cĂ´tĂ© et Paul Olivier Delanois qui est le prĂ©sident de l’union socialiste locale de l’autre. Rudy Demotte a donc clairement annoncĂ© la couleur, Paul Olivier Delanois va devenir premier Ă©chevin, et c’est lui Rudy qui prendra la prĂ©sidence de l’union socialiste. Le message est donc sans ambigĂĽité : Rudy Demotte s’installe Ă Tournai pour devenir le patron des socialistes locaux. En toute logique il sera donc tĂŞte de liste lors de prochaines Ă©lections communales de 2012 avec de bonnes chances de devenir bourgmestre.
Pourquoi ce poste de bourgmestre est-il si important ? D’abord parce que cela offre une base de repli. On a beau ĂŞtre ministre-prĂ©sident, un homme politique ne sait pas de quoi demain sera fait. Etre bourgmestre d’une grande ville c’est la garantie qu’on ne quittera pas la politique du jour au lendemain. Ensuite parce que bourgmestre d’une grande ville cela vous donne du poids politique. La popularitĂ© locale d’un bourgmestre lui permet presque Ă tout les coups de devenir dĂ©putĂ©. Pour la petite histoire Rudy Demotte a dĂ©jĂ engrangĂ© plus de 8000 voix lors des dernières lĂ©gislatives Ă Tournai, on ne pourra donc pas rĂ©ellement parler d’un parachutage. Fort d’un bon ancrage local Rudy Demotte peut espère peser plus Ă©lectoralement lors des prochaines Ă©lections rĂ©gionales ou fĂ©dĂ©rales en s’installant Ă Tournai qu’en restant Ă Flobecq c’est tout simplement mathĂ©matique.
Ce n’est pas une nouveauté : la Belgique est un pays de municipalistes. La plupart des grandes carrières se bâtissent sur un socle local Ă tel point que certaines figures sont indissociables de la commune qui la a vu politiquement grandir. Elio Di Rupo Mons, Jean Claude Van Cauwenberghe Charleroi, Serge Kubla Waterloo, Louis Michel Jodoigne, dans l’image du grand public l’Ă©lu et sa commune ne font plus qu’un, le phĂ©nomène est d’ailleurs encore plus marquĂ© en Wallonie qu’Ă Bruxelles. On ajoutera un dernier Ă©lĂ©ment, qui est interne au parti socialiste. Dans l’hypothèse ou Elio Di Rupo quitterait la prĂ©sidence du parti socialiste 2 noms de successeurs potentiels circulent. Ceux de Paul Magnette et de Rudy Demotte. Paul Magnette s’implante lentement mais surement Ă Charleroi. S’il veut jouer dans la course Rudy Demotte avait besoin d’un fief qui fasse contrepoids.
Y a t il un manque de transparence au parlement wallon ? C’est un parlementaire de lla majoritĂ© qui se pose la question. Claude Eerdekens, dĂ©putĂ©e rĂ©gional socialiste, vient en effet de m’envoyer un courrier ou il s’Ă©tonne. Il a voulu savoir quelle serait la dotation que le parlement wallon verserait en 2009 Ă chaque parti politique. Et bien il n’a toujours pas la rĂ©ponse. Pire m’explique-t-il Ă 2 reprises le greffier puis le bureau du parlement l’ont renvoyĂ© vers sa chef de groupe pour connaĂ®tre les chiffres qui le concernent. Curieuse procĂ©dure qui ramène cette question Ă la popote interne de chaque formation. Claude Eerdekens peut donc demander Ă l’intĂ©rieur de son parti ce que touche le PS, il n’a pas le droit mĂŞme en tant que parlementaire de savoir ce que touche les autres formations. Pour rappel ces chiffres finiront par ĂŞtre publiĂ©, il s’agit de documents publics , il seront annexĂ©s au travaux de la commission de contrĂ´le des dĂ©penses Ă©lectorales. Ce que voulait faire le dĂ©putĂ© c’Ă©tait prendre un peu d’avance et avoir dĂ©jĂ les chiffres 2009, ratĂ©. La transparence existe, mais avec un dĂ©calage.  Claude Eerdekens d’en profieter pour dĂ©cocher une flĂŞche en direction d’Ecolo : Emily Hoyos Ă la tĂŞte du parlement, a encore du boulot.
Ne parlez pas de dĂ©mission. Si Patrick Avril fait un pas de cĂ´tĂ© c’est pour raison de santĂ©. Le bourgmestre de Saint Nicolas l’a annoncĂ© lui mĂŞme hier soir aux alentours de 19 heures. « affectĂ© par la dĂ©cision du tribunal je ne suis pas en mesure d’exercer mon mandat dans l’immĂ©diat » prĂ©cise son communiquĂ©. « Je dĂ©signerai tout prochaine un Ă©chevin faisant fonction de bourgmestre » C’est donc pour des raisons mĂ©dicales que le bourgmestre s’efface. Il est couvert par un certificat prĂ©cise mĂŞme l’agence. Alors bien sĂ»r on peut imaginer que se faire condamner Ă un an de prison avec sursis et Ă 5 ans d’innĂ©gibilitĂ©  cela peut toucher votre moral et qu’il vous faille un peu de temps pour vous remettre. Dur dur, d’autant plus que Patrick Avril conteste la validitĂ© de l’enquĂŞte menĂ©e contre lui, sans juge d’instruction, et Ă©voque un « égorgement politique ». Hier matin lorsqu’il a appris la nouvelle Patrick Avril ne parlait pourtant pas d’une dĂ©mission. Au contraire il annonçait aux journalistes prĂ©sents Ă l’audience qu’il allait se battre et faire appel. Hier midi encore le prĂ©sident de la fĂ©dĂ©ration liĂ©geoise du PS Willy Demeyer restait très prudent annonçant simplement qu’il allait « étudier de manière approfondie le jugement » et rencontrer Patrick Avril sans les prochains jours. Rester bourgmestre alors qu’on est condamnĂ©, cela Ă©videmment allait finir par faire jaser. Au PS certains Ă©lus Ă Charleroi ou Ă Huy  ont Ă©tĂ© dĂ©mis de leurs fonctions alors qu’ils n’Ă©taient mĂŞme pas inculpĂ©s, Patrick Avril, condamnĂ© allait il pouvoir se maintenir ?  Question d’autant plus sensible que le PS vient encore de renforcer ses règles internes pour sanctionner les Ă©lus qui dĂ©rivent, c’Ă©tait lors d’un congrès le 11 octobre, il y a juste 3 semaines. Hier la plupart des rĂ©dactions ont tentĂ© de joindre le prĂ©sident du PS Elio Di Rupo pour recueillir ses commentaires… n’y avait§il pas un certain dĂ©calage entre le discours et la pratique ? Pas de rĂ©action puisque le prĂ©sident du PS Ă©tait Ă l’Ă©tranger. La rĂ©alitĂ© c’est que la position de Patrick Avril Ă©tait intenable. Le certificat mĂ©dical permet donc une sortie dans l’honneur.
update du 5 novembre : contrairement à ce que j’ai indiquĂ© dans une première version du texte Patrick Avril n’est plus élu au parlement wallon, il ne s’Ă©tait pas prĂ©sentĂ© en juin dernier.
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Dimanche, pendant que la plupart des ministres sociaux-chrĂ©tiens seront Ă Rome pour la messe de canonisation du Père Damien, les socialistes francophones seront eux Ă Charleroi Ă Carrolywood pour un congrès en deux temps. Premier temps, la rĂ©forme des statuts, ce sera Ă huis clos, suivi d’un deuxième temps :  les discours politiques,  la presse y  sera alors admise et le PS  en profitera probablement pour dĂ©livrer l’un ou l’autre message Ă quelques heures de la conclusion des dĂ©bats budgĂ©taires. Pour la partie statut, on parlera essentiellement de dĂ©ontologie. Le PS va en effet crĂ©er  un conseil de dĂ©ontologie, fort de 7 membres. Les socialistes avaient dĂ©jĂ un comitĂ© d’audit, quelle est la diffĂ©rence, allez-vous me demander ? le comitĂ© d’audit jusqu’Ă prĂ©sent s’occupait surtout de savoir si les mandataires respectaient les statuts du PS, en parlant de “dĂ©ontologie” la nouvelle instance peut donc viser plus large. Autre nouveautĂ©, le bureau du PS pourra lui aussi Ă©dicter des règles et prendre des sanctions en cas d’urgence, ce n’est plus le comitĂ© d’audit qui le fera. Le bureau au PS c’est Elio Di Rupo et 3 vices-prĂ©sidents (Philippe Moureaux, AndrĂ© Flahaut et Christie MorrĂ©ale). En clair les nouveaux statuts renforcent le pouvoir central, plus question que les fĂ©dĂ©rations fassent de la rĂ©sistance. Les commissions de vigilance, qui dĂ©pendent des fĂ©dĂ©rations, feront de la figuration ou tomberont en dĂ©suĂ©tude.
Elio Di Rupo, qui surfe sur sa victoire de juin,  serre  donc la vis en interne. Les fĂ©dĂ©rations, qui ont reçu la proposition de modification de statut avaient jusqu’Ă la semaine dernière pour faire part de leurs remarques.
 UPDATE du 10/10: comme le souligne “EG” dans les commentaires, j’ai Ă©crit une (petite) bĂŞtise : le bureau du PS est une assemblĂ©e large (une 50aine de membres), c’est le collège qui ne compte que 4 membres (prĂ©sident + vice-prĂ©sidents), Ă ne pas confondre avec les “G9, G10, G12, etc…” nom donnĂ© aux rĂ©unions informelles oĂą le prĂ©sident du PS est entourĂ© des dirigeants et  ministres “qui comptent” pour prĂ©parer les grandes dĂ©cisions. Si le G9 n’est pas mentionnĂ© dans les statuts du PS c’est lĂ que l’essentiel se joue : une proposition qui passe le cap du G9 est habituellement avalisĂ©e par le bureau.
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On a beaucoup parlé la semaine dernière des économies à faire dans l’enseignement. Je vous avais rapporté ici que Rudy Demotte , socialiste, avait dans un communiqué pris ses distances avec la ministre de l’enseignement, cdh. Le ministre président donnait même l’impression de donner raison aux syndicats d’enseignants. Chez les humanistes ont pas du tout apprécié. Un communiqué a donc été publié au nom du parti ce samedi. On y souligne la nécessité d’avoir un débat que ce sont de pistes de réflexion et pas de décision , que la ministre est dans son rôle et surtout qu’il  ne s’agissait pas  je cite « d’une idée de Marie Dominique Simonet mais bien d’une des pistes dégagées par l’ensemble des partenaires de l’Olivier » dans le cadre des négociations gouvernementale. En clair Marie-Dominique Simonet s’est sentie un peu lâchée face aux syndicats d’enseignants, et elle n’a pas appréciée. Son parti appelle donc implicitement le PS à faire preuve d’un peu plus de solidarité gouvernementale. Si Marie Do et Rudy devaient s’offrir des fleurs ces jours-ci ce serait des roses, avec beaucoup d’épines.
C’est l’affaire du jour avec un grand A et pourtant c’est une polĂ©mique beaucoup plus passionnelle que rationnelle. Autant le dire tout de suite : JosĂ© Happart n’a rien fait de rĂ©prĂ©hensible, et mĂŞme pire il n’a rien fait du tout. Le mode de calcul de son indemnitĂ© de sortie est inscrit dans les règles en vigueur, rien d’autres. JosĂ© Happart a Ă©tĂ© Ă©lu dĂ©putĂ© rĂ©gional en 99. Il a siĂ©gĂ© comme prĂ©sident du parlement wallon de 2004 Ă 2009. Il est donc logique qu’il touche une indemnitĂ©, c’est un principe sain en dĂ©mocratie de permettre aux Ă©lus de pouvoir se « retourner » lorsque leur mandat prend fin. Sans ce type d’indemnitĂ©s, seuls les fonctionnaires feraient de la politique, les autres ne prendraient pas le risque d’interrompre leur carrière.  On peut bien sĂ»r  discuter des montants, mais en rappelant toutefois que dans le secteur privĂ© les sommes pour un tel niveau de responsabilitĂ© seraient comparables. Le principe de l’indemnitĂ© en revanche semble plutĂ´t inattaquable. Depuis hier, il plane donc sur cette polĂ©mique un parfum d’antipolitisme qui met un peu mal Ă l’aise l’auteur de ce blog.
Derrière cette nouvelle affaire Happart on peut noter deux choses. La première c’est que l’ancien prĂ©sident du parlement wallon est devenu un symbole et qu’il est probablement pris Ă parti pour cette raison lĂ . Le symbole de ces mandataires qui profitent de leur mandat pour avoir la belle vie et qui ne veulent rien changer au système. Après avoir incarnĂ© le combat francophone Ă Fourons le hĂ©risson incarne plutĂ´t dĂ©sormais une classe politique archaĂŻque et sclĂ©rosĂ©e, pour faire court la politique des « parvenus ». L’olivier a promis de tourner cette page, et les Ă©colos, Emily Hoyos, nouvelle prĂ©sidente du parlement wallon en tĂŞte, jouent leur rĂ´le d’aiguillon.  JosĂ© Happart, on le sait,  n’a plus le soutien d’Elio Di Rupo depuis longtemps. On verra dans les heures ou dans les jours qui viennent si l’ensemble du parti socialiste pense la mĂŞme chose.
Deuxième Ă©lĂ©ment Ă retenir. L’incroyable sens de la provocation de JosĂ© Happart. InterrogĂ© hier soir l’ancien prĂ©sident parle devant les camĂ©ras « d’acquis social ». Quand on Ă©voque une somme de 530 000 euros, mĂŞme rĂ©partis sur 4 ans, c’est bien sur inconvenant. On ne peut se revendiquer des luttes sociales pour dĂ©fendre ce qui ressemble davantage Ă un privilège qu’Ă un droit Ă la dignitĂ©.  Avec une dĂ©claration aussi dĂ©placĂ©e JosĂ© Happart donne  raison Ă ceux qui l’attaquent. L’ancien prĂ©sident du parlement, que l’on sait grand chasseur s’est tirĂ© une balle dans le pied.
Je ne connaissais pas Ernest Glinne. Il appartenait Ă une gĂ©nĂ©ration d’hommes politiques que je n’ai pas cĂ´toyĂ©s.  Je vous renvoie donc vers d’autres pour obtenir des tĂ©moignages plus humains et lĂ©gitimes que le mien sur sa personnalitĂ© (sur Facebook Jacky Morael Ă©crit par exemple ceci : Nous nous sommes beaucoup vus dans les annĂ©es nonante, le plus souvent avec son ami Jean Guy, lui aussi disparu rĂ©cemment.Je garde de ces rencontres le souvenir de discussions passionnantes et bien souvent enflammĂ©es. “)
 Avec Glinne et Jean Guy, c’est un page de l’histoire de la gauche wallonne qui se tourne. Hier soir ce sont les Ă©colos qui ont publiĂ©s les premiers un communiquĂ© oĂą ils saluaient  « la mĂ©moire d’un progressiste convaincu, qui s’est toujours engagĂ© auprès des plus fragiles, n’hĂ©sitant pas Ă renoncer Ă de hautes responsabilitĂ©s politiques pour poursuivre son combat politique sur le terrain ». Une heure plus tard le PS rappelait dans un autre communiquĂ© qu’Ernest Glinne avait longtemps prĂ©sidĂ© le groupe PS du parlement europĂ©en et que ce progressiste « consacra toute sa carrière au service des citoyens, en particulier les plus dĂ©munis. » En fin de soirĂ©e, enfin le Rassemblement Wallonie France notait : « Ernest Glinne a toujours rĂ©ussi Ă se tenir Ă l’Ă©cart de toute compromission avec les dĂ©rives et les corruptions du rĂ©gime des partis » et qu’il « mĂ©rite de figurer au panthĂ©on des grands wallons ».
Trois communiquĂ©s en quelques heures et tous aussi lĂ©gitimes les uns que les autres. C’est qu’en quelques annĂ©es Glinne Ă©tait passĂ© du rouge au vert, puis du vert au bleu blanc rouge. Militant wallon, il quite le MPW pour le PS. DĂ©putĂ© dès 1961, bourgmestre de Courcelles  puis ministre de l’emploi dans le gouvernement Leburton, il rejoint ecolo en 2000 pour siĂ©ger comme simple conseiller communal. En juin dernier il Ă©tait candidat Ă la première supplĂ©ance de la liste europĂ©enne du RWF. Le soir de ce matin rapporte une jolie formule : « il vaut mieux rester soi-mĂŞme en changeant d’Ă©tiquette que se changer en gardant la mĂŞme Ă©tiquette » : Glinne ne peut pas ĂŞtre accusĂ© de trahison ou de compromission avec ses idĂ©aux. Voici donc un homme de gauche, qui a quittĂ© son navire amiral (le PS) pour des questions de valeurs et qui changeait de boutique pour des questions d’idĂ©es et pas pour sa carrière… C’est rĂ©confortant, non ?
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Il n’y a pas de hasards en politique. L’annonce d’un contact entre le nouveau cabinet de Michel Daerden et Didier Donfut ne doit donc rien Ă la distraction. L’idĂ©e de Michel, relayĂ©e par le journal La Province, dont vous n’ignorez pas qu’il s’agit de l’Ă©dition du groupe Sud Presse de la rĂ©gion montoise,  serait de donner Ă Didier une mission de consultance. On attend des prĂ©cisions : Donfut est un expert de l’énergie alors que le cabinet Daerden s’occupe de pensions et d’intĂ©gration sociale.  Surtout, le passĂ© rĂ©cent de Didider Donfut n’a pas pu Ă©chapper au ministre Daerden. A ce stade rien n’est  encore fait. Michel Daerden en vacances Ă l’étranger ne peut pas donner de dĂ©tails, et son porte parole indique bien qu’il n’ya pas encore de contrat signĂ©. On va donc attendre.
Mais on peut oser une interprétation :  Michel Daerden, se sentant écarté au fédéral a trouvé là un moyen de manifester sa mauvaise humeur. Après avoir accompagné Elio dans ses difficultés carolo et affiché en maintes circonstances son soutien, après avoir fait le plein des voix et estimant ainsi avoir apporté son concours au score plus qu’honorable du PS lors des élections régionales, Daerden ne décolère pas :  pour lui, gérer les pensions ressemble à la prépension. En indiquant qu’il pourrait travailler avec Didier Donfut Papa envoie donc un signal très clair : il pourrait quitter le « camp des rénovateurs », et entrer en résistance. Comme de l’autre côté on prête à  Elio Di Rupo  la tentation de pousser son avantage en poursuivant la rénovation, le bras de fer pourrait devenir inévitable…et Didier Donfut être un premier avertissement.