Fusion des zones de police : une fausse bonne idée ?
C’est l’une des questions posĂ©es après la fusillade qui a blessĂ© un policier ce weekend : faut-il fusionner les zones de police bruxelloises ? Question posĂ©e par les partis flamands, les francophones eux sont plus frileux. Ce n’est pas la première fois que les flamands demandent qu’on revoie l’organisation politique de la rĂ©gion bruxelloise et qu’on retirer des compĂ©tences aux communes pour les transfĂ©rer vers la rĂ©gion. Pascal Smet, ancien ministre bruxellois par exemple dĂ©fendait cette idĂ©e. Les partis les plus flamands comme la NVA ou la liste Dedecker la reprennent aujourd’hui : ce serait plus efficace pour la sĂ©curitĂ© affirment-ils. A Bruxelles il y a aujourd’hui 6 zones. Depuis la grande rĂ©forme des polices chaque zone regroupe 2 ou 3 communes. Faut-il aller plus loin ? Pour certains partis flamands la rĂ©ponse est oui : cela permettrait d’avoir une seule et mĂŞme politique pour toute la rĂ©gion bruxelloise, et on concentrerait les forces disponibles sur les quartiers sensibles. Pour la plupart des francophones la rĂ©ponse est non. Les problèmes de sĂ©curitĂ© ne sont pas les mĂŞmes Ă Uccle, commune plutĂ´t favorisĂ©e du sud de Bruxelles, qu’Ă Anderlecht, commune plus difficile du nord de la rĂ©gion bruxelloise. Le centre de Bruxelles avec, ses touristes, ses ambassades Ă protĂ©ger, sa zone neutre et ses sommets europĂ©ens ce n’est pas la mĂŞme chose que Saint Gilles et la gare du midi. Les policiers ne travaillent pas de la mĂŞme manière Ă Â Saint Josse, oĂą il y a d’importantes communautĂ©s d’origine Ă©trangère qu’Ă Woluwe-Saint-Lambert oĂą les espaces verts sont plus nombreux.
Bien sĂ»r il y a derrière ce dĂ©bat une question de pouvoir. Historiquement la police dĂ©pend du bourgmestre. Ce pouvoir s’est dĂ©jĂ diluĂ© au travers des zones de police, le faire remonter Ă la rĂ©gion c’est diminuer le rĂ´le des bourgmestres. Pourquoi pas, mais on peut se demander pourquoi ce dĂ©bat serait valable pour Bruxelles mais pas pour la Flandre et la Wallonie. La rĂ©alitĂ© c’est que la fusion des zones de police cache deux autres questions : celle du financement et celle du recrutement de la police locale. Aujourd’hui le financement est assurĂ© au Âľ par les communes, et pour un quart par l’Ă©tat fĂ©dĂ©ral. Dans des communes bruxelloise pauvres, c’est une proportion qu’il faut peut ĂŞtre revoir. Surtout Ă Bruxelles il manque, suivant les sources entre 500 et 800 policiers. Ca c’est sans doute plus important que fusionner ou pas les zones de police.
Bruxelles est elle réellement dangereuse ?
Toutes les grandes agglomĂ©rations comme Paris ou Londres, mais aussi des villes de taille plus comparable comme Lille, Milan ou Rotterdam sont exposĂ©s Ă des phĂ©nomènes de violence. Ce n’est Ă©videmment pas une raison pour ne rien faire. Quand la grande criminalitĂ© et la petite dĂ©linquance se fixent sur des quartiers prĂ©cis, leurs habitants ont  l’impression que les pouvoirs publics n’osent plus  intervenir.
L’Ă©ventuelle fusion des zones de police n’est qu’une partie de la rĂ©ponse possible. Pour ĂŞtre efficace il faudrait ajouter la longueur des procĂ©dures judiciaire, la relative impunitĂ© des mineurs (Charles PicquĂ© propose ce matin qu’on abaisse la majoritĂ© pĂ©nale Ă 16 ans), les moyens en hommes et en matĂ©riel des forces de police, l’organisation des transports en commun et des logements pour Ă©viter les quartiers ghettos et mĂŞme la lutte contre le chĂ´mage, puisque dans certains quartiers de Bruxelles un jeune sur 2 est sans emploi. La vĂ©ritĂ© c’est qu’il n’y a pas une rĂ©ponse simple face Ă un problème compliquĂ©. Fusionner les zones de police est une mesure en apparence efficace. Mais elle rĂ©pond plus Ă une vision de ce que doit ĂŞtre l’organisation politique de Bruxelles qu’Ă un besoin constatĂ© par le travail de terrain des policiers.  Elle ne rĂ©pond donc pas vraiment Ă la question posĂ©e.


Ces messieurs les grands dĂ©cideurs, parlants et agissants toujours Ă chaud et dans la prĂ©cipitation, sont en train de recrĂ©er la Gendarmerie. Avant que les politiques ne parviennent Ă dĂ©manteler ce corps d’élite qui leur faisait de l’ombre, il suffisait d’appuyer sur un bouton, et dans les 10 minutes un ou deux escadrons quittaient la LĂ©gion Mobile pour rĂ©gler les incidents. Quoique critiquĂ©e (nul n’est parfait) dans divers Ă©vĂ©nements, la Gendarmerie avait une autre mentalitĂ©, une discipline collective, qu’il est vain de vouloir rechercher dans le melting-pot policier qui a vu le jour il y a 10 ans et dont on chercher en vain les avantages, pour in fine ne dĂ©couvrir que des inconvĂ©nients ! –
Pourquoi laisser ce “pouvoir” de dĂ©cider Ă des personnes qui ne connaissent vraiment RIEN au travail de la police. Je sis commissaire de police dans une zone bruxelloise, je serais plutĂ´t d’accord pour une police d’intervention “unique”, mais qui doit rendre compte aux responsables des communes sur laquelle elle intervient; ou bien qu’on en revienne Ă la Gendarmerie et aux diverses polices communales. On intervient pas Ă Bruxlles comme on intervient Ă Uccle. De plus je connais trop bien la boulimie de Bruxelles comme on les appelle les “IKKE JE”. Pour exemple la police d’Ixelles prĂ©fèrerait ĂŞtre fusionnĂ©e Ă Uccle plutĂ´t qu’Ă Bruxelles - question affinitĂ© - Je me suis laissĂ© dire qu’Auderghem prĂ©fère la mentalitĂ© d’Etterbeek ou WoluwĂ©!!Ou bien faudrait-il avoir un prĂ©fet de police pour l’arrondissement de Bruxelles comme l’ancien chef de Corps d’Uccle, Monsieur le Commissaire Lepage m’en avait fait part. Pourquoi ne pas lui poser la question. Son pointde vue me semblait très rĂ©aliste Ă l’Ă©poque. Il faut comme chef de la police des hommes de terrain et non pas des bureaucrates qui ignorent mĂŞme ce qu’est un sifflet de police. Il y a quelques personnes capables d’apporter une, voire plusieurs solutions au problème, mais que diable que les politiques ne s’en mèlent pas; ils n’y connaissent vraiment rien; il faut dĂ©politiser la police, il faut secouer la magistrature assise et debout, sorte de caste qui ne vit pas Ă la mĂŞme Ă©poque que nos policiers. Fini les robes, les toges etc, soyons tout simplement rĂ©alistes et Ă l’Ă©coute des hommes de terrain. Il faut avoir arpentĂ© le bitume pour savoir de quoi la rue est faite. A mĂ©diter…