Globalization
L’annonce de la fermeture prochaine d’Opel Anvers n’aura finalement pas surpris grand monde. HĂ©las ! Cela fait longtemps que le site Ă©tait en sursis, suspendu au bon vouloir d’une maison-mère allemande et d’une chancelière bien dĂ©cidĂ©e Ă prĂ©server l’industrie nationale. A force de proclamer — au conditionnel — la fermeture de l’usine anversoise, les mĂ©dias (et le personnel, n’en doutons pas) s’Ă©taient sans doute fait une raison. Etait-ce inĂ©luctable ?
MĂŞme si Opel Anvers Ă©tait prĂ©sentĂ©e comme une usine modèle, divers facteurs ont menĂ© Ă la situation actuelle. J’en Ă©pinglerai deux principaux :
Le protectionnisme. General Motors est un gĂ©ant de l’industrie amĂ©ricaine. La crise aidant, le rĂ©flexe protectionniste a pris le dessus. MalgrĂ© les mises en garde des institutions internationales, malgrĂ© les promesses Ă©mises au forum de Davos en janvier 2009. Barack Obama n’a pas mĂ©nagĂ© ses efforts pour sauver le gĂ©ant de Detroit, qui de son cĂ´tĂ© n’a jamais vraiment adaptĂ© ses produits aux rĂ©alitĂ©s du marchĂ©. Lorsque Toyota est devenu le leader mondial des productions de vĂ©hicules, en 2007, GM a continuĂ© Ă vendre des pick ups consommant près de 20 litres de carburant aux 100 km (les cĂ©lèbres Hummer), des voitures spacieuses et gourmandes, pendant que son concurrent japonais axait sa recherche/dĂ©veloppement sur l’hybride et les matĂ©riaux lĂ©gers. Toyota, comme d’autres, avait senti le vent tourner. Lire la suite
Réduire les émissions de CO2 : énorme et ambitieux défi, pour les participants à la conférence de Copenhague. Voilà des années que les spécialistes du climat pointent du doigt ce gaz invisible et inodore, responsable selon eux du réchauffement des températures à la surface du globe.
C’est tout rĂ©cemment aussi que le dioxyde de carbone est devenu l’enjeu de querelles financières dĂ©passant l’entendement. On en parle peu, mais le marchĂ© du CO2 s’est dĂ©veloppĂ© Ă une vitesse faramineuse en l’espace de quelques annĂ©es. Le principe ? C’est celui du pollueur-payeur. Les Etats ou les entreprises qui polluent au-delĂ d’un certain quota (fixĂ© gĂ©nĂ©ralement par les pouvoirs publics) achètent des “droits Ă polluer” sur le marchĂ© du carbone. Les entreprises les plus propres, en revanche, peuvent revendre leurs excĂ©dents.
En Europe, le système du marchĂ© d’Ă©missions de CO2 existe depuis 2005. Un an plus tard, un premier krach fait chuter le prix de la tonne de dioxyde de carbone, qui venait pourtant d’atteindre des sommets. Bon nombre d’entreprises avaient en fait anticipĂ© le mouvement, et investi dans des infrastructures moins polluantes. L’industrie cimentière, par exemple, n’a pas attendu les quotas pour rĂ©duire drastiquement sa consommation d’Ă©nergie par unitĂ© de clinker produit.
En outre, tout marchĂ© gĂ©nère une spĂ©culation. Très vite, on a donc assistĂ© Ă des unions assez improbables entre des multinationales financières et des petites entreprises gĂ©nĂ©ratrices de crĂ©dits carbones. La banque amĂ©ricaine GoldmanSachs a ainsi investi dans Blue Source, une sociĂ©tĂ© spĂ©cialisĂ©e dans la capture du CO2. Pour de nombreuses PME, l’apport de fonds non nĂ©gligeables a permis de financer des projets Ă©cologiques dans les pays en voie de dĂ©veloppement. Bionersis, petite sociĂ©tĂ© française spĂ©cialisĂ©e dans le traitement des dĂ©chets en AmĂ©rique latine, collabore dĂ©sormais avec EDF Trading. C’est du win-win : le pollueur achète ses crĂ©dits-carbone au “bon Ă©lève”, qui investit l’argent dans des projets verts.
Mais la bourse carbone gĂ©nère aussi d’innombrables effets pervers. Lire la suite
Le chĂ´mage a franchi la barre des 10% aux Etats-Unis, pulvĂ©risant les prĂ©visions les plus pessimistes de l’administration Obama. Regardez le graphique ci-contre: Washington avait prĂ©dit, au pire, un taux lĂ©gèrement infĂ©rieur Ă 9% dans le cas oĂą aucun plan de relance n’aurait Ă©tĂ© activĂ©. RĂ©sultat: malgrĂ© les 787 milliards de dollars injectĂ©s dans l’Ă©conomie, un AmĂ©ricain actif sur 10 est aujourd’hui sans emploi.
Pendant ce temps, d’autres nouvelles affluent d’outre-Atlantique, bonnes et mauvaises. Parmi les bonnes : Ford renoue avec les bĂ©nĂ©fices et affiche ses meilleurs rĂ©sultats depuis 4 ans. Parmi les mauvaises : on a dĂ©passĂ©, depuis le dĂ©but de l’annĂ©e, le nombre de 120 faillites au sein du secteur bancaire US.
Ford est le seul gĂ©ant automobile Ă n’avoir pas bĂ©nĂ©ficiĂ© de l’aide de l’Etat. Tout au plus a-t-il pu s’appuyer sur les primes Ă la casse fournies par le gouvernement pour vendre des modèles -enfin- adaptĂ©s Ă la rĂ©alitĂ© Ă©conomique. Ratonaliser la production et rĂ©duire les coĂ»ts, cela peut ĂŞtre perçu par certains comme des moyens barbares, cela n’en reste pas moins très efficace pour garder la tĂŞte hord de l’eau et pour rebondir au plus vite.
Demandez-vous, Ă l’opposĂ©, s’il est bien Ă©thique de profiter de l’aide massive des contribuables pour ensuite faire volte-face et trahir ses engagements. En agissant ainsi avec Magna, General Motors a semé la consternation chez le personnel europĂ©en d’Opel. Ironie du sort : ce sont les aides promises par l’Etat allemand qui auraient prĂ©cipitĂ© le revirement de GM. Les 10.000 emplois, eux, risquent bien d’ĂŞtre perdus au bout du compte. Lire la suite
Le Fraser Institute vient de publier son tout dernier rapport sur la libertĂ© Ă©conomique dans le monde. Chaque annĂ©e, il Ă©value dans 141 pays la façon dont les institutions permettent un exercice optimal de l’activitĂ© Ă©conomique.
Globalement, les nouvelles sont plutĂ´t rassurantes : sur une Ă©chelle de 0 Ă 10 (de “pas libre” Ă “totalement libre”), la moyenne mondiale se place Ă 6,7 (Ă titre indicatif, nous Ă©tions Ă 5,55 en 1980). Le classement est dominĂ© par les pays les plus dĂ©veloppĂ©s Ă©conomiquement. Dans l’ordre : Hong Kong (avec 8,97 sur 10), Singapour, la Nouvelle-ZĂ©lande, la Suisse, le Chili, les Etats-Unis, l’Irlande, le Canada et l’Australie.
Depuis 1980, les progressions les plus fortes se constatent essentiellement dans les pays africains et latino-amĂ©ricains : le Ghana, l’Ouganda, IsraĂ«l, la JamaĂŻque et le PĂ©rou font partie des Etats oĂą la libertĂ© Ă©conomique s’est fortement dĂ©veloppĂ©e en une trentaine d’annĂ©es. A l’inverse, on ne sera pas Ă©tonnĂ© de voir le Zimbabwe, le VĂ©nĂ©zuela et le Myanmar (Birmanie) figurer dans le top 3 des pays oĂą la libertĂ© s’est le plus Ă©rodĂ©e durant cette mĂŞme pĂ©riode.
Et la Belgique, me direz-vous ? Elle stagne Ă la 47e place de ce classement, avec un taux de libertĂ© Ă©conomique calculĂ© Ă 7,18. Notre pays est coincĂ© entre le Portugal et l’ArmĂ©nie, loin derrière nos voisins proches comme le Luxembourg (14e), les Pays-Bas (20e) ou mĂŞme la France (33e). Plus inquiĂ©tante est la tendance sur le long terme : les tableaux comparatifs nous indiquent que l’Ă©conomie belge Ă©tait plus ouverte en 1970 qu’aujourd’hui. Lire la suite
De par sa position, le patron de la Banque FĂ©dĂ©rale amĂ©ricaine ne peut se permettre de dire n’importe quoi. On peut donc imaginer sans peine que sa sortie de mardi est savamment prĂ©parĂ©e. En annonçant que “la rĂ©cession est très probablement terminĂ©e Ă ce stade”, Ben Bernanke a voulu marquer les esprits, mais il a aussi pris de sĂ©rieux risques.
Un an après la faillite de Lehman Brothers, sommes-nous vraiment sortis de la rĂ©cession ? Ben Bernanke, encore lui, proclamait il y a deux semaines que “l’Ă©conomie restait encore vulnĂ©rable aux chocs” (2 septembre). A tout prendre, je prĂ©fère le commentaire bien plus lucide du prix Nobel Edmund Phelps qui soulignait le risque important d’inflation que faisait courir le dĂ©versement aveugle de liquiditĂ©s par la Fed (11 septembre). Lire la suite