Dette et déficit : la Belgique limite la casse

Par Ludovic Delory dans Décryptage, Socio-éco , le 12 janvier 2010 16h01

watheletEn l’absence remarquée du ministre du Budget, le bilan chiffré de l’année 2009 a été présenté ce matin rue de la Loi. La crise n’a semble-t-il pas érodé les sourires de circonstance des ministres présents. Avec un déficit de 20 milliards d’euros (5,9% du PIB, contre 1,2% en 2008), la Belgique se classe dans la moyenne européenne (-6% pour les 27).

On le savait : c’est essentiellement à la diminution des recettes fiscales (-8,6%) qu’il faut imputer cette détérioration budgétaire. En 2009, les impôts ont rapporté près de 86 milliards d’euros à l’Etat (contre plus de 93 milliards en 2008). En contrepartie, comme il l’avait promis, le gouvernement s’est (un peu) serré la ceinture : les dépenses primaires (qui comprennent essentiellement les salaires de la fonction publique) ont baissé de 0,2% par rapport à 2008.

La sécurité sociale a souffert de la crise. Sans surprise là aussi, les recettes (cotisations et financements alternatifs) ont été inférieures aux attentes. La sécu termine 2009 sur un déficit de 2,74 milliards d’euros (0,8% du PIB), ce qui est quand même un peu moins que les plus récentes estimations. Deux bémols : crise oblige, le nombre de chômeurs a augmenté, entraînant un surplus de 900 millions d’euros pour les allocations ; et les sources de financement alternatif sont en progression constante, preuve que les cotisations ne suffisent plus à répondre aux besoins.

La dette, elle, repart vers les sommets. Avec un taux d’endettement égal à 97,9% du PIB (on devrait franchir la barre des 100% cette année, alors que nous étions à 84% en 2007), la Belgique devra se méfier de l’effet boule de neige, même si une fois encore elle a mieux résisté que ses partenaires européens. Les agences de notation tiennent notre pays à l’oeil et l’on sait à quel point elles sont attentives au moindre signe de faiblesse ces derniers jours. Au sein de l’eurozone, la Belgique figure sur la troisième marche des pays les plus endettés (en pourcentage du PIB) derrière l’Italie et la Grèce.

Une nouvelle, enfin, qui a de quoi réjouir le gouvernement (et le contribuable) : le sauvetage des banques se révèle être une bonne opération pour les finances publiques. Grâce aux intérêts sur les prêts, grâce aux dividendes et aux primes diverses, les recettes sont supérieures aux dépenses. Didier Reynders l’a annoncé ce matin : les actionnaires de BNP Paribas Fortis qui ont perdu (un peu, beaucoup,…) ne seront pas oubliés. Reste à voir quand et dans quelle mesure.

3 réactions à “Dette et déficit : la Belgique limite la casse”

  1. Si BNP Paribas a fait, comme certains le disent une bonne affaire, l’Etat en récupérera une bonne partie car il n’a pas cédé contre cash mais contre des actions BNP Paribas et est devenu l’actionnaire principal de BNP Paribas et bénéficiaire de dividendes

  2. @Peper : très bien, pour l’état “actionnaire principal” des actions bnp, mais cela ne va pas durer : ne pas oublier l’affaire des centrales nucléaires, dont la France attend toujours une “petite indemnité” de “quelques milliards” seulement, lol, sans compter que les banques ont été “sauvées” pour rien, au vu de ce qui s’en vient : la sacro-sainte “europe” va imploser, et les américains rigolent bien, et vont encore le faire longtemps : le “petit départ de crise” que l’on vient de vivre, et bien, ce n’est rien du tout, comparé à ce qui nous attend : en fait, ceci n’est qu’un petit “avant goût” : des “effets de champ” bien plus dévastateurs sont à venir très très prochainement : le dollar ne vaudra plus rien, car les E-U sont en train de fomenter un joli coup : leur unification avec d’autres va leur permettre de donner naîssance à leur nouvelle monnaie : l’améro (en tant qu’économiste, vous devriez être au courant), mais cela, personne n’en tient compte, à part la Chine, qui s’y intéresse déjà, et à ce moment-là, la seule chose qui puisse encore sauver nos pays, ce sera de faire marche arrière, et de revenir à nos bons vieux francs, ainsi qu’au rétablissement des frontières, question de pouvoir à nouveau faire “tourner la planche à billets”, mais même autrement : la belgique n’a fait que mettre un pansement sur une jambe de bois, avec cette histoire bnp-paribas, la France et le reste de l’europe étant dans le même état, ces “actions” vont bientôt chuter de valeur, et les banques ne sont en fait qu’en “sursis” à court terme, cela grâce à une “reprise” annonçée qui, en fait, n’arrivera jamais à temps, ou du moins, si elle arrive, ce sera encore une fois à court terme, et virtuellement, en bourse uniquement, juste le temps d’une info mensongère de spécialiste, pour “piéger” les investisseurs, ce qui laissera juste le temps aux actionnaires de profiter de cette petite montée pour vendre en vitesse, question de retirer leurs dernières billes. En d’autres termes que “fiscaux”, ou “économiques”, la soi-disant “Europe” vient de montrer ses limites et ne pourra pas venir au secours de la grêce, de l’espagne, ou même de quelqu’autre pays, car “la masse” en a assez, et elle atteint ses limites en ce qui concerne les “restrictions” AINSI QUE SA CAPACITE A SOUTENIR DES IMPOTS TOUJOURS PLUS NOMBREUX, sans rien en retour, à part l’utilisation bien occultée de ces fonds qui finissent ailleurs que pour une utilisation publique.

  1. [...]  Update 2 : mon confrère Ludovic Delory détaille les chiffres ici : http://blogs.rtlinfo.be/econoblog/dette-et-deficit-la-belgique-limite-la-casse/ [...]

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