Energies renouvelables et rentabilité économique
La suppression des primes aux panneaux photovoltaïques en Wallonie et à Bruxelles a fait couler beaucoup d’encre au cours des derniers jours. Pour avoir suivi le conclave en cours à l’Elysette, il me semblait acquis, vu l’état budgétaire de la Région wallonne, que ces cadeaux fiscaux risquaient de passer à la trappe, au même titre que les écobonus offerts à l’achat d’un véhicule moins polluant. Admettons-le : pour un ministre du Budget, ces mesures ne sont pas rentables à court terme.
Si l’on enfile maintenant le costume du chroniqueur économique, reconnaissons que les subventions aux énergies dites “renouvelables” se sont avérées jusqu’ici plus dispendieuses qu’utiles. Cela ne veut pas dire qu’elles n’ont servi à rien. Test-Achats estime que chaque bénéficiaire de primes au photovoltaïque a pu obtenir une réduction moyenne de 4.300 euros des pouvoirs publics. Le montant investi fera “tourner le compteur à l’envers”, selon le principe des certificats verts. Cela devrait permettre d’amortir l’investissement dans un laps de temps compris entre 5 et 10 ans. Bien.
Mais au risque de décevoir les plus verts d’entre vous, ni l’éolien ni le photovoltaïque n’ont encore prouvé leur véritable utilité sur le long terme. Les champs d’éoliennes qui fleurissent dans notre belle région ne produisent suffisamment d’énergie que dans 15% des cas en moyenne. Pour faire tourner un hôpital ou une entreprise nécessitant un apport continu en électricité, c’est très peu. A tel point que le monde politique est très partagé aujourd’hui en Allemagne. Une étude toute récente indique que le subventionnement massif des secteurs éolien et solaire a pour conséquence d’augmenter les importations de gaz (productrices de CO2)… Lorsque les éoliennes ne tournent pas, il faut réactiver les centrales à l’énergie fossile pour garantir la fourniture en énergie. Et l’électricité, je vous le rappelle, ne se stocke pas.
“En théorie, la planète dispose de suffisamment de vent pour assurer la totalité de la production d’électricité“, estime l’économiste Geert Noels (dans son ouvrage Econochoc, que je vous recommande au passage).
En théorie. Mais la réalité est différente : la technologie actuelle n’est pas optimale (au sens économique). Le secteur éolien est promis à de beaux développements, mais il serviront probablement à combler des besoins personnels et individualisés. Il en va de même pour les panneaux solaires. Là encore, les scientifiques n’ont pas encore mis au point la formule magique qui ouvrira la porte à un monde entièrement vert. Les écologistes le savent. On peut faire confiance aux entrepreneurs pour nous fournir, d’ici quelques années, des produits efficaces et performants. D’ailleurs, l’avenir de l’Europe se trouve peut-être dans le Sahara : l’ensoleillement du désert pourrait fournir assez d’énergie pour l’ensemble du Vieux Continent.
Nous y arriverons sans doute dans quelques décennies. A condition que la rentabilité économique de ces secteurs porteurs d’avenir advienne de façon naturelle. Pour prendre un exemple, le secteur cimentier n’a pas attendu la crise climatique pour diminuer drastiquement, dès les années 1960, sa consommation d’énergie. Ces processus d’optimisation interviennent simplement, parce que chaque entreprise est amenée, un jour ou l’autre, pour survivre, à réduire ses coûts de fonctionnement.
La fin prématurée des subsides au photovoltaïque, conjuguée au maintien des primes à l’isolation, démontre en réalité une bien belle vérité économique : la rentabilité s’acquiert essentiellement sur les paris que nous lançons sur l’avenir. Pas sur le court terme.
Même si elle est dictée par des impératifs budgétaires, la décision politique d’abandonner les primes aux énergies prometteuses n’est peut-être pas si contre-productive qu’on pourrait le croire…


L’éolien et le photovoltaïque sont parfaits pour des activités/systèmes intermittents, p.ex. pur alimenter un surgélateur qui a une inertie de 24-36 h et qui peut donc se passer d’électricité la nuit ou en cas de ‘calme plat’
Les systèmes consistant à offrir des primes à l’installation et à racheter le courant ainsi produit à un tarif (nettement) au tarif ‘grand public’ font que le citoyen-consommateur passe deux fois à la caisse : il paie les primes avec ses impôts et paie son électricité plus chère parce que le producteur doit inclure dans ses coûts le rachat de l’électricité (verte’ individuelle.
De plus, l’injection de puissance prodite de manière décentralisée pose de très gros problèmes au niveau des réseaux de distribution, traditionnellement conçus ‘top-down’ ou des centrales vers les consommateurs ; la nouvelle donne exige qu’ils deviennent bidirectionnels. Les techniques existent mais sont assez coûteuses et doivent être largement installées.
LA solution réside dans une réduction de la demande par une meilleure isolation des habitations, une meilleure efficacité des équipements électriques et électroniques, une meilleure gestion de sa consommation, …
La meilleure énergie est celle qui n’est pas produite/consommée.