La fronde des patrons
La photo était inhabituelle, hier, au siège de la FEB. Quatorze responsables des fédérations patronales placés côte à côte pour lancer un message fort aux Belges : “laissez-nous entreprendre !“. Une pétition en ligne qui, à l’instant où j’écris ces lignes, a récolté 15.200 signatures, rappelle que les entrepreneurs sont les moteurs de la croissance et de la prospérité.
Face à la crise, les patrons ont aussi leurs pistes. Pour eux, la lutte pour la compétitivité passe inévitablement par une baisse des charges sur le travail et une simplification des démarches administratives. Le droit de licencier doit être le même pour tous, d’où la préconisation d’un statut unique ouvrier/employé. Enfin, les patrons demandent aux pouvoirs publics de stimuler l’innovation en faveur de l’économie “verte” et de se pencher en urgence sur la question des pensions.
“Laissez-nous entreprendre !”, c’est donc un cri du coeur, un appel à la raison à l’heure des revendications sociales et de la fronde contre le patronat. Le moment n’a jamais été aussi bien choisi. Les licenciements chez Opel Anvers et chez InBev rappellent que la Belgique n’a plus son mot à dire dans le concert de la mondialisation. Et vendredi, la manifestation “pour l’emploi, le respect des travailleurs et la justice sociale” ameutera des milliers de travailleurs sur le pavé bruxellois.La riposte syndicale n’a pas traîné. Dès hier, la FGTB a radicalement critiqué les mesures proposées par les employeurs, rejetant l’idée d’un statut unique et contestant les attaques qui portent sur la liaison automatique des salaires à l’index. Ce midi, la CSC a elle aussi fait part de ses remarques. Le syndicat chrétien force sans doute le trait en parlant de “violence médiatique de la part des employeurs envers les travailleurs d’Opel et les chômeurs“. Pour le reste, il appelle à un débat “ouvert et honnête” avec le patronat.
Pour tenter d’équilibrer le débat, il convient de rappeler quelques réalités :
- la haute productivité peut aussi être un handicap, et la Belgique l’apprend souvent à ses dépens ;
- certaines mesures d’urgence prises “au nom du social” en raison de la crise peuvent se révéler désastreuses pour les finances des PME ; la prime de crise des ouvriers, par exemple, durement combattue par les patrons ;
- fustiger les employeurs en les accusant d’avoir joué un rôle dans les dérapages du secteur financier, c’est taper à côté de la cible ; leur demander d’investir dans l’innovation sans défendre une baisse des charges, c’est faire preuve d’angélisme économique.
- appeler sans cesse le gouvernement à l’aide pour préserver l’emploi, c’est aussi priver l’économie d’une dynamique indispensable à la survie à long terme des entreprises. Les ouvriers de GM à Detroit n’ont pas fini de ruminer cette règle essentielle.
Vendredi, le pavé va chauffer. Chaque manifestant aura en tête les perspectives dramatiques qui s’annoncent, cette année, pour l’emploi. Espérons que, de part et d’autre, la sérénité l’emporte sur la passion.
(Photo : Isopix)


La clé d’une relance passe non seulement par une baisse des charges sociales mais par une détaxation du citoyen, c’est bien beau de baisser le coût de production, encore faut-il que le consommateur puisse acheter. Je pense que patrons et salariés sont sur le même banc: celui des plumés. Fustiger le secteur financier d’être le seul responsable de la situation actuelle est un raccourci facile, cette crise financière n’aura été qu’un déclencheur illustrant la paupérisation croissante due à la diarrhée de taxes en tous genres alimentant des projets grotesques et autres pompes à subsides. L’état imbécile préfère reporter le problème en empruntant encore davantage, toujours plus, pour des projets toujours plus idiots, alors certains peuvent rêver d’une détaxation visant à une relance, l’espoir est bien la seule chose qui ne coûte rien.
Une relance massive appelle à une détaxation qui l’est tout autant. Il ne faut pas être futé pour comprendre qu’une population désargentée ne pourra être le moteur d’aucune relance de la consommation car pour consommer il faut de l’argent: celui-là même qui est ponctionné par notre Etat de la manière que nous ne connaissons que trop.
Or, et nous le savons, il n’y aura de détaxation massive que dans les débats électoraux, et cela s’arrêtera là . Alors il faut bien comprendre qu’il n’y aura pas la relance souhaitée, c’est (malheureusement) aussi simple que cela.
Tant que le citoyen se verra amputé de ses moyens financiers aux fins des financements grotesques dont nous sommes les témoins, cela ne fera qu’aller de mal en pis. Certes la réduction du coût du travail permettrait une baisse du prix mais cette mesure ne serait qu’une solution très partielle.
Une chose me vient à l’esprit à la lecture de cet article; “Who is John Galt?”
je pense qu’une partie importante des perspectives dramatiques est causée par la présence de nombreux prêts immobiliers à taux variables et de longues durées.
La longue durée est dangereuse car elle limite les possibilités de revoir la mensualité en se basant sur la durée.
La hausse du taux variable pose un problème car le nouveau taux ne sera pas toujours adapté aux possibilités du moment. Si on prend un prêt de 150.000 euros en 25 ans les mensualités seront approximativement de 635.75 Eur à 2%, 876,75 à 5%,1108.49 à 7.5%,1363.05 à 10%, 1635.53 à 12.5% et 1921,95 à 15%La mensualité initiale de 635.78 permettrait juste un emprunt de 107.500 à 5%, 85.000 à 7.5%
69.100 Ã 10%, 57.600 Ã 12.5% et 49.000 Ã 15%
Il ne faut pas oublier que le taux de l’argent dépend de l’Europe et l’indexation des revenus dépend de la Belgique et probablement à terme des régions
Et l’Europe ne parait pas pressà e de réagir
Liberté d’entreprendre ou liberté d’exploiter….je penche hélas pour la seconde hypothèse.
1.-Réajuster les charges sociales de sociétés et des PME (dans un programme de crise que nous vivons ) permet d’engager plus de personnes, donc réduit FORTEMENT le chomage ( les chomeurs coûtent chers et dépenses très peu) et relance l’économie.
2.- Par la même occasion les sociétés Belges seront plus compétitive à l’exportation d’ou
autre relance économique etc…
3.- Le salaire n’est pas une question d’âge, mais en rapport de la qualité et de la motivation individuelle.