Opel Anvers : chronique d’un désastre social

Par Ludovic Delory dans Globalization, Socio-éco , le 21 janvier 2010 21h01

BELGIUM GENERAL MOTORS OPEL ANTWERPL’annonce de la fermeture prochaine d’Opel Anvers n’aura finalement pas surpris grand monde. Hélas ! Cela fait longtemps que le site était en sursis, suspendu au bon vouloir d’une maison-mère allemande et d’une chancelière bien décidée à préserver l’industrie nationale. A force de proclamer — au conditionnel — la fermeture de l’usine anversoise, les médias (et le personnel, n’en doutons pas) s’étaient sans doute fait une raison. Etait-ce inéluctable ?

Même si Opel Anvers était présentée comme une usine modèle, divers facteurs ont mené à la situation actuelle. J’en épinglerai deux principaux :

Le protectionnisme. General Motors est un géant de l’industrie américaine. La crise aidant, le réflexe protectionniste a pris le dessus. Malgré les mises en garde des institutions internationales, malgré les promesses émises au forum de Davos en janvier 2009. Barack Obama n’a pas ménagé ses efforts pour sauver le géant de Detroit, qui de son côté n’a jamais vraiment adapté ses produits aux réalités du marché. Lorsque Toyota est devenu le leader mondial des productions de véhicules, en 2007, GM a continué à vendre des pick ups consommant près de 20 litres de carburant aux 100 km (les célèbres Hummer), des voitures spacieuses et gourmandes, pendant que son concurrent japonais axait sa recherche/développement sur l’hybride et les matériaux légers. Toyota, comme d’autres, avait senti le vent tourner.

L’Allemagne aussi. L’usine de Bochum n’était pas spécialement la plus performante du groupe Opel, mais elle disposait de l’avantage indéniable d’être située outre-Rhin. Protégés par le gouvernement de la première économie européenne, les 4.800 salariés allemands n’avaient, à bien y réfléchir, pas beaucoup de souci à se faire. Le président CDU de la région de Rhénanie du Nord-Westphalie, issu du même parti que la chancelière Merkel, a dû peser de tout son poids auprès de la maison-mère.

Une question vient automatiquement : la Belgique est-elle vouée à voir disparaître tous les fleurons de son industrie ? Cela nous amène au second facteur, tout aussi déterminant sans doute, qui a précipité la décision de General Motors : le coût du travail.

Car l’ouvrier belge a beau figurer dans le peloton de tête des travailleurs les plus productifs, il est aussi l’un de ceux qui coûtent le plus cher. Et pour une multinationale comme GM, c’est évidemment d’une importance capitale. Pour Geert Noels, la Belgique a perdu la bataille dans la première moitié des années 2000, à l’époque où le coût par unité de production est devenu plus avantageux en Allemagne qu’en Belgique. Produire, chez nous, coûte très cher. On peut incriminer des tas de facteurs, au premier rang desquels la couverture sociale exclusive dont se targuent tant le monde politique et les syndicats, la réalité des chiffres s’est imposée.

Malinvestissements, conjoncture, protectionnisme, sauvetages de fortune,… Dans une économie de plus en plus dirigiste, à l’heure où les gouvernements des grandes puissances n’ont à la bouche que la riposte du “Too Big to Fail” pour éviter la catastrophe du chômage, fallait-il espérer un miracle pour Anvers ? Seuls les éternels optimistes répondront par l’affirmative. Reste à espérer que la casse sociale (quelle horrible expression !) soit limitée.

16 réactions à “Opel Anvers : chronique d’un désastre social”

  1. 1Alexis Chevalier le 21 janvier 2010 à 22:23

    Geert Noels a aussi brillamment expliqué comment notre modèle de concertation sociale a fait rater à la Belgique, l’évolution vers une économie de services…et ce problème là est bien antérieur au XXIème siècle…

  2. Opel ne veut plus de nos travailleurs, réagissons, montrons-leurs que nous ne voulons plus de leurs voitures.

  3. Le fait de ne plus acheter d’opel ne va pas modifier le cours des choses. Hormis l’astra, tous les autres modèles de la marque sont fabriqué hors belgique. A l’époque, Nous avions dit la même chose pour renault. A t’on cessé d’acheté des renault ? NON alors ….!

  4. Deux manières de réagir:
    1. Demander à l’Etat qu’il aide, qu’il investisse de l’argent, qu’il subventionne les industries.

    On a vu ce que cela a eu comme conséquences en Wallonie avec la sidérurgie.

    2. Se reconvertir. Améliorer la formation, améliorer l’esprit d’entreprendre, offrir une qualité supérieure à ce que les autres pays peuvent offrir. Se rendre plus indispensables.

    Le problème, c’est que les politiques préfèrent des personnes reconnaissantes. Et la reconnaissance est bien plus forte lorsque l’on est dépendant. Donc, pourquoi rendre la population indépendante?

  5. 5droitalaparesse le 23 janvier 2010 à 17:07

    La voiture ca pue et ca pollue : revoyons nos modeles de locomotion !!!

  6. Quelle différence entre 10.000 demandeurs d’emplois en raison de la fermeture d’Opel et 10.000 demandeurs d’emplois du à une régularisation de demandeurs d’asile ?

  7. Chez Opel on perd en plus la valeur ajoutée future moins les interventions de préavis. Pour les régularisés, on doit leur assurer le logement et les frais de leurs familles allocations familiales, études, frais de santé. De plus on devra assurer un emploi à leurs souvent nombreux enfants et aux conjoints qu’ils iront souvent choisir dans leur pays d’origine. Des fonds peuvent aussi être envoyés à l’étranger hors UE et de ce fait non réinvestis dans l’économie UE. Les calculs ne sont pas simples

  8. déja que nos enfants n’ont plus que des emplois precaire, que va t il devenir de nos petits enfants, cela fait depuis 1973 que l’ont nous dis que c’est la crise, y en a marre on ne cesse de perdre nos aquis sociaux qui seme la misere, recolte la colère .

  9. Il est clair que perdre son travail est une epreuve difficile mais moi meme ayant ete confronte a ce probleme je ne peux qu’affirmer que nos chers syndicats se trompent de combat!Les syndicatss doivent faire pression sur nos elus afin de diminuer les charges patronnales et ainsi permettre a ces entreprises de pouvoir respirer mais aussi a ces collaborateurs de pouvoir mieux vivre et ainsi depenser…et ainsi faire tourner l’economie!Pressions doit être mise sur le president du MR didier reynders quand on sait qu’il y’a plus de 10Millards de fraudes fiscales dans ce pays…Ministre est un job a temps plein et y’a du boulot..On va DroitDansLeMur et j’ai la nette impression que nous ne sommes qu’une poignée a la remarqué meme les journalistes ne s’en rendent pas compte!!!

  10. jai une personne qui dissait notre savoir faire oui ses vrai ont a un savoir faire mes entre le savoir faire et l’argent voila le probleme tout part dans les pays de l’est regarde dans les année 70 citroen partie 80 michelin 90 renault maintenant 2010 opel volvo et ford ils vont suivre et j’oublie encore volkswagen forest 2008 et audi il reste pour le momment bientot fermera ses portes aussi et tout sa a cause de nos ministres jamais assée pour eux alors

  11. Il est clair que la fermeture d’un site de production pareil est désastreux pour toute une région, voire pour tout un pays, car aux salariés directs doivent s’ajouter tous les emplois indirects.Cela fait finalement beaucoup de monde.
    Nous pourrions faire remarquer aux politiciens radicaux flamands qu’ils risquent très fort de connaître les mêmes difficultés que celles que connaissent les wallons depuis plusieurs années maintenant.Ce n’est pas le but de ce message, mais cela devrait tout de même provoquer chez eux une grosse réflexion.Ces difficultés auront peut-être comme conséquence un peu de compréhension des autres et permettrons peut-être de supprimer ces tensions ridicules entre citoyens d’un même pays (entretenues uniquement par des politiciens peu brillants).
    Mais au delàs de cela, ne serait-ce pas la chance pour notre pays de prendre avant la plupart des autres un virage que tout le monde devra prendre?C’est le moment de réunir toutes les forces de notre pays pour prendre une longueur d’avance sur les autres en devenant les précurseurs dans l’industrie du moyen de locomotion de demain.
    C’est de cette manière que notre pays peut encore continuer à rester dans le coup.

  12. La Flandre au lieu de se figer sur leur BHV et leur Flandre indépendante devra comprendre qu’il n’y a pas que la Wallonnie qui coûte trop cher en main d’oeuvre , il est vrai que cette Flandre a vécu des jours de gloire et bien gonflé le moral de ses habitants mais bon !! le sommet est atteint et heureusement pour la Flandre qu’il y a le port d’Anvers et Zeebruges car elle perd de nombreux emplois et les chiffres ne sont pas bons , la Wallonnie a connu le temps des grands bastions qui s’écroulaient et la Flandre n’a rien fait ,car la Flandre commençait elle à oublier sa misère d’avant guerre ou elle était bien contente de trouver du travail en Wallonnie , maintenant je crois qu’il doivent au nord bien refaire leurs calculs car la vapeur pourrait s’inverser avec du temps

  13. 9DroitDansLeMur… la diminution des charges , ne fera qu’augmenter leurs bébéfices et rien d’autre….la preuve ,cette usine va ouvrir dans un autre pays …..là en plus c’est sur la main d’oeuvre qu’ils gagneront…

  14. Et bien, je vais vous dire : la Belgique a sombré dans l’erreur, et continue, ce, depuis les années soixante, et la “socialisation” : la FN ne construisait-elle pas des autos et des motos ? Saroléa n’était-elle pas une assez bonne marque de motocyclettes ? (la preuve, on en trouve encore qui roulent, chez des collectionneurs !!!) POURQUOI AVOIR ABANDONNE CES SECTEURS, ET POURQUOI NE PAS INVESTIR LA-DEDANS, quitte à fabriquer des marques de luxe telles rolls royce, ou à moderniser les principes ? Pourquoi ne pas continuer à faire fabriquer des belles “vertigo”, et autres magnifiques machines qui sortent de mains de passionnés chevronnés, et d’ateliers de particuliers ? Pourquoi ne pas investir, et promouvoir la recherche personnelle, et l’artisanat en la matière ? Les grandes découvertes du siècle passé, n’ont-elles pas été faites à l’ombre d’ateliers particuliers, ou d’artisans (qui n’avaient pourtant pas le “pompeux” titre d’ “ingénieur”, mais qui avaient un cerveau mieux “formé”, au lieu d’une tête “bien pleine” de principes imposés : ils étaient plus inventifs, audacieux, originaux, astucieux, et acharnés de leur passion), et cela, que ces ateliers soient scientifiques, physiques ou techniques ? pourquoi ne pas promouvoir cela ?

    Par exemple, j’ai des plans et brevets à essayer concernant l’énergie libre, propre, autonome, gratuite, et à volonté pour tous : On pourrait voir, tester, faire des prototypes, et ensuite, fabriquer un modèle par maison, building, atelier, et même propulser des véhicules avec ces appareils (moteurs électriques auto-alimentés, par exemple), donc, cela créerait un maximum d’emploi (tout cela avec des aimants permanents, des fils de cuivre, un peu d’électronique et d’électricité de puissance, et le tour est joué), mais est-ce politiquement “correct”?

    Ca, je ne le crois pas : certains aux Etats-Unis en ont fait les frais : assassinés, ridiculisés en public par la “profession” et ruinés, “références incontournables” dans le domaine à l’appui dans les médias, pour mieux les décourager, ou les ridiculiser, certains même enfermés à l’asile de fous à vie, ou bien, leurs brevets ont étés rachetés et mis sous silence par les grosses sociétés pétrolières et de production d’énergie, ou tout simplement par l’état.

    Donc, si je m’aventurais à faire cela seul, et à en promouvoir l’usage tout d’abord “clandestin”, ou via mon privé, j’aurais vite la compagnie d’électricité sur le dos : d’abord en voyant que je n’use plus leur compteur, et ensuite, il y aurait sûrement des représailles directes, si je venais “par malheur” à tomber sur un de leurs délégués syndicaux, qui comprendrait alors qu’il n’ont plus qu’à aller pointer au chômage si cela venait à s’ébruiter !!!

    Et croyez-moi, cela en ferait, du dégât !!! : plus personne ne controllerait les grosses intercommunales productrices d’électricité (des politiques, en général), et de gaz, et facilement un holocauste d’emplois en plus, et un beau, cette fois-çi (qui serait peut-être une peu mérité, au vu du comportement douteux de certains agents qui se croient un peu trop permis d’entrer chez des pauvres gens par deux (comme s’ils étaient investis d’un “pouvoir spécial”, protégés par l’”intercommunale” dirigée par un quelconque politique), et “par la force”, parfois (surtout lorsqu’il s’agit de retraîtés : c’est plus facile), en menaçant de tout couper ou de venir mettre un “compteur à budget” dont le coùt moyen est d’environ 1000 euros : sympa, pour quelqu’un qui n’a pas forçément de quoi payer la facture, ou la clôture annuelle dans son entièreté, et ça, cela risque d’arriver à de plus en plus de personnes)…

  15. Alors, que fait-on ? On bouge ensemble, ou on reste cloîtré chez soi en s’extasiant devant les conneries de la télé, ou devant un site inutile de “bonjour, tu…vas…bien” “et toi, tu vas bien” toutes les 10 minutes ? Peu à peu, cela va vous transformer en zombies “comme tout le monde”, si personne ne bouge, et reste bien dans sa “béâtitude” voulue et programmée qui ne produit rien que rupture avec la réalité, passivité, solitude, disputes, chômage, séparations, et j’en passe ?

  1. Mauvaise nouvelle: la Belgique 3eme pour la productivité…

    J’avais déjà réagi à propos d’une nouvelle similaire parue sur un site censé promouvoir la Wallonie… Aujourd’hui, nouvel article de l’Echo sur cette fausse bonne nouvelle. Je dirais même mauvaise nouvelle.

    En effet, avant de détaille…

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